Bian­ca Ger­vais: faire face à ses peurs

L’ani­ma­trice et co­mé­dienne dis­cute de la pro­chaine sai­son de L’échap­pée ain­si que de son nou­veau dé­fi à titre de réa­li­sa­trice. Elle nous donne éga­le­ment des nou­velles de sa pe­tite fa­mille.

Allô Vedettes - - SOMMAIRE - Ma­rie-Eve Le­clerc

M.-E.L.: Ton per­son­nage de Ma­rie-Louise re­vient cette sai­son dans L’échap­pée. Qu’est-ce qui l’at­tend? B.G.: «Lors­qu’on l’a lais­sée la sai­son der­nière, elle se bat­tait pour avoir la garde de la pe­tite Léa. Fi­na­le­ment, c’est la mère bio­lo­gique qui a re­pris l’en­fant, et ça s’est ter­mi­né sur cette note. Cette an­née, Ma­rie-Louise es­saie de pas­ser à tra­vers ce deuil, même si elle sent qu'elle est faite pour être mère. Elle ten­te­ra donc de se re­cons­truire comme femme, comme po­li­cière et comme amou­reuse. Elle se ver­ra aus­si of­frir un nou­veau poste d’en­quê­teuse, en rem­pla­ce­ment de Ri­chard, avec le­quel elle s’est re­mise en couple. On se sou­vient que ce­lui-ci l’avait trom­pée avec Bri­gitte, et elle se de­mande s’il l’aime vrai­ment. Aus­si, il y a Da­vid qui étend ses ten­ta­cules…» Est-ce qu’elle te res­semble sur quelques as­pects de ta per­son­na­li­té? «C’est sans doute le per­son­nage que j’ai in­car­né qui me res­semble le moins. Je trouve ça dif­fi­cile de l’in­ter­pré­ter, mais c’est un beau ca­deau qui de­mande beau­coup de tra­vail. Je suis une im­pul­sive, une fille de coeur, plu- tôt émo­tive, tan­dis que Ma­rie-Louise est plus ra­tion­nelle; c’est une fille de tête. On ne peut pas être plus dif­fé­rentes. J’ap­prends beau­coup avec elle. L’as­pect qui nous unit, c’est la ma­ter­ni­té. Elle s’in­ves­tit plei­ne­ment dans son rôle de mère, comme moi.» As-tu l’im­pres­sion que tes rôles ont beau­coup chan­gé ces der­nières an­nées? «On m’offre da­van­tage des rôles de mère main­te­nant. Peut-être est-ce dû à mon ani­ma­tion à For­mat fa­mi­lial? J’aime les mères, je trouve ça le fun de les in­car­ner. Être mère nous trans­forme tel­le­ment. Moi, ça m’a vrai­ment trans­for­mée.» Cette an­née, un nou­veau pro­jet t’at­tend: ce­lui de la réa­li­sa­tion de For­mat fa­mi­lial. Comment en­vi­sages-tu ce dé­fi? «C’est notre cin­quième an­née à la barre de cette émis­sion et Sé­bas­tien et moi sommes im­pli­qués dans le conte­nu de­puis le dé­but. Cette an­née, on vou­lait agran­dir l’équipe de réa­li­sa­tion et on a ren­con­tré des gens. À un mo­ment don­né, Sé­bas­tien m’a dit: “Tu le sais que tu es prête pour ça.” Je ne sa­vais pas si j’étais prête, mais je sa­vais que j’en avais en­vie. Je trouve que c’est le meilleur en­droit pour es­sayer la réa­li­sa­tion, puisque je connais bien l’équipe, qui est ai­mante. Nous avons un mon­teur ta­len­tueux, des dos­siers de re­cherche en bé­ton, et je vais di­ri­ger mon ma­ri, qui est un ani­ma­teur en or, ce qui fa­ci­li­te­ra le mon­tage que je fe­rai par la suite. Même si je suis ter­ro­ri­sée, c’est l’une des choses qui me sti­mulent le plus.» Tu as dé­jà par­lé de ton syn­drome de l’im­pos­teur. Est-il en­core pré­sent pour ce dé­fi? «Il est tel­le­ment dans le ta­pis! En même temps, je trouve ça beau, car j’ai fait plein de choses dans la vie qui m’ont fait peur, comme ani­mer une émis­sion. Au dé­but, mes jambes trem­blaient et je trou­vais ça com­plexe de me­ner une en­tre­vue sans fiche et de sor­tir des sen­tiers bat­tus. Fi­na­le­ment, on l’a fait et ça va bien. Être mère me fou­tait aus­si la chienne. Je pour­rais donc dire que je suis proac­tive dans le com­bat avec mes peurs.» Ça fait presque 25 ans que tu es dans le mi­lieu. Pour­quoi avoir en­core cette crainte de t’im­po­ser? «J’ai com­men­cé dans le mé­tier alors que j’avais 8 ans, et j’en ai au­jourd’hui 33. Je pense que le sen­ti­ment de peur fait par­tie de ma per­son­na­li­té. Et ce n’est pas un mé­tier que je veux te­nir pour ac­quis, puis­qu’on est constam­ment sur un siège éjec­table. Ce n’est pas parce que ça fait plus de 20 ans que je fais ça que je peux m’as­seoir sur mes lau­riers en di­sant que je sais bien jouer une scène, par exemple. Avant de com­men­cer un tour­nage, je me fais coa­cher, je tra­vaille en amont et j’ar­rive sur le pla­teau avec des pro­po­si­tions. Comme ani­ma­trice, je pos­sède plu­sieurs ver­sions de mes ques­tions. Je sou­haite tou­jours m’amé­lio­rer et je crois qu’il y a tou­jours moyen de se bo­ni­fier comme ar­tiste.» As-tu aus­si en­vie d’être da­van­tage der­rière la ca­mé­ra? «Oui, même si c’est un ma­gni­fique mé­tier, je trouve que pour les femmes, c’est dif­fi­cile de vieillir. De plus, comme ac­trice, tu at­tends sou­vent que le té­lé­phone sonne. À 30 ans, For­mat fa­mi­lial m’a ap­pris que j’avais des idées plein la tête, que j’avais en­vie de les réa­li­ser et de moins at­tendre après le té­lé­phone. Il y a peut-être l’ego qui di­mi­nue éga­le­ment avec le temps. J’ai moins be­soin de me voir de­vant la ca­mé­ra, j’ai plus en­vie de dire des choses, de ra­con­ter des his­toires, de faire des do­cu­men­taires. C’est une pe­tite graine qui germe en moi.» Par­lons fa­mille. Tu as don­né nais­sance cette an­née à ta deuxième fille. Comment ça se passe à la mai­son? «Ça va bien! Bo­wie est mer­veilleuse, de bonne hu­meur et su­per fa­cile. En ce mo­ment, on est dans la conci­lia­tion tra­vail­fa­mille, puis­qu’on a com­men­cé tous les tour­nages. Mais en ani­mant For­mat fa­mi­lial, j’ai ap­pris une chose: la conci­lia­tion est dif­fi­cile pour toutes les fa­milles du Qué­bec. On tra­vaille là-des­sus, on se trompe et on fait des es­sais. Mais pour l’ins­tant, on est bien heu­reux.» Est-ce que Liv, la grande soeur, vit bien l’ar­ri­vée de la pe­tite soeur? «On a eu peur du sen­ti­ment de ja­lou­sie et de la perte de la pre­mière place pour l’aî­née. On a donc ache­té des di­zaines de livres là-des­sus, qu’on a tous lus. Fi­na­le­ment, ça se passe su­per bien, Liv est en amour avec Bo­wie. Par contre, le mot que je ré­pète le plus sou­vent, c’est “doux”, mais c’est tout plein d’amour.» Sé­bas­tien et toi, vous pu­bliez par­fois des pho­tos de vous deux, seuls, sans en­fants. Est-ce im­por­tant de vous ac­cor­der du temps seule­ment en couple? «On s’est pro­mis, Sé­bas­tien et moi, d'avoir des ren­dez-vous obli­ga­toires afin de re­trou­ver ce qu’on était avant d’être pa­rents. C’est fa­cile d’être juste dans la pa­ren­ta­li­té et de s’ou­blier comme amou­reux. Mais, à la base, nous sommes l’es­sence de cette fa­mille. Il ne faut pas être juste des co­équi­piers qui se passent la ron­delle.»

La co­mé­dienne avoue avoir eu peur de de­ve­nir mère.

Pro­me­nade prin­ta­nière, quelques se­maines après la nais­sance de son deuxième en­fant.

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