Lise Dion: «C’est dur, ce chiffre-là»

L’une des pion­nières en hu­mour au Qué­bec est main­te­nant dans la soixan­taine. Et cette dé­cé­nie semble lui ap­por­ter quelques in­quié­tudes.

Allô Vedettes - - SOMMAIRE - Ju­lie Loi­selle

L ors de son pas­sage sur les ondes ra­dio­pho­niques de l’émis­sion de Ch­ris­tiane Cha­rette, Lise Dion nous a li­vré ses in­quié­tudes concer­nant le vieillis­se­ment. Celle qui a eu 63 ans le 18 sep­tembre der­nier n’est en ef­fet pas to­ta­le­ment en paix avec cette réa­li­té: «C’est dur, ce chiffre-là. On di­rait que le 60 est proche du 70. J’ai l’im­pres­sion que le monde cal­cule que là j’ai 63 ans, et qu’il ne me reste que 7 ans avant que j’aie 70 ans! Je ne veux pas que le monde cal­cule comme ça. J’ai­me­rais res­ter à 60 pour un bout si ça ne vous dé­range pas ( rires). »

Comme bien des gens, c’est l’ap­pré­hen­sion de la ma­la­die qui hante ses pen­sées: «C’est vrai que ça fait peur parce qu’il y a de plus en plus de jeunes qui sont ma­lades. Le mau­susse de can­cer. Chaque jour je me de­mande comment ça se fait que moi je ne l’ai pas en­core. Je res­sens une ur­gence de vivre, mais dans le calme, sans trop m’en faire. Sans mou­rir à l’avance.»

SE SOR­TIR DE LA MI­SÈRE Il y a dé­jà quelques an­nées que Lise semble craindre la ma­la­die. En 2013, à l’émis­sion Les francs-ti­reurs, elle avait dé­cla­ré: «J’ai peur que ça ar­rête, peur d’avoir un can­cer de­main ma­tin et de ne plus pou­voir exer­cer ce mé­tier-là.» Par contre, la Qué­bé­coise n’a ja­mais ces­sé de cro­quer la vie à pleines dents: «Je suis ren­due dans une pé­riode où j’as­pire au calme, à m’amu­ser. Je me rends compte que la vie est courte. Je suis plus se­reine, j’ai en­vie de ne rien man­quer avant que ça com­mence à mal al­ler.» Il faut dire que Lise Dion a le bon­heur fa­cile. Elle croit même que c’est cette qua­li­té qui lui a per­mis de pas­ser à tra­vers toutes les épreuves de sa vie. Par son au­to­bio­gra­phie, on sait qu’elle a eu une mère adop­tive peu cha­leu­reuse et qu’elle a été abu­sée par un cou­sin. «Quand tu es jeune, que tu es tou­jours dans la marde, tu ne réa­lises pas que la vie peut être plus belle. Mais moi, j’ai tou­jours eu le bon­heur fa­cile. Si d’autres per­sonnes ayant vé­cu le même genre d’en­fance ne s’en sortent pas, c’est peut-être parce qu’ils ont une es­pèce de mé­lan­co­lie…» , a-t-elle dit à Be­noît Du­tri­sac.

«JA­MAIS JE NE VEUX FAIRE VIVRE ÇA À MES EN­FANTS» On sait que Lise Dion vi­vait dans la pré­ca­ri­té avant d’ob­te­nir du suc­cès en hu­mour. Dé­sor­mais mil­lion­naire, l’hu­mo­riste dé­teste éta­ler sa ri­chesse de­vant tout le monde. Lors de son pas­sage à Su­cré Sa­lé cet été, elle a dit: «J’ai eu une voi­ture dé­ca­po­table pen­dant 11 ans et ça m’a pris 2 ans avant de l’as­su­mer. Je sais ce que c’est que de ne pas avoir d’ar­gent et de voir la ri­chesse des autres. Je ne veux pas faire suer per­sonne avec ça.» Elle a l’in­ten­tion de bien gé­rer ses fi­nances pour ne pas de­ve­nir un far­deau pour qui­conque plus tard: «Je vais mettre de l’ar­gent de cô­té pour mes vieux jours, parce que je ne veux pas que mes en­fants gâchent leur vie pour s’oc­cu­per de moi. J’ai eu la peine de ma vie quand j’ai eu à es­suyer ma mère après être al­lée aux toi­lettes, parce que je n’ai pas ai­mé ça… Je me suis sen­tie tel­le­ment cou­pable. Ja­mais je ne veux faire vivre ça à mes en­fants ou à mon amou­reux. Si je peux avoir les ser­vices d’une in­fir­mière, je vais le faire.» Elle es­père même pou­voir dé­ci­der de par­tir, si elle en res­sent le be­soin: «il y a un mo­ment don­né où il te reste une pe­tite au­to­no­mie qui te per­met de dé­ci­der si tu restes ou pas. J’es­père que dans 20 ans on va avoir ce droit.»

PEUR DE FAIRE DES VAGUES On pour­rait croire que celle qui dit avoir en­core le trac avant un spec­tacle est plus confiante et plus as­su­mée qu’à ses dé­buts. Pour­tant, l’hu­mo­riste fait tout pour évi­ter les contro­verses. «Dans le mi­lieu, on m’at­taque de part et d’autre, alors si j’at­tire une grosse contro­verse, c’est sûr que je ne se­rai pas ca­pable de res­ter» , a ex­pli­qué la por­te­pa­role de Sui­cide Ac­tion. C’est pour cette rai­son que Lise ne fait pas d’hu­mour qui dé­range. Même si ce­la lui vaut par­fois quelques re­proches. « Je te di­rais qu’à l’âge où je suis ren­due, me faire trai­ter de 4-5-0 avec mé­pris, ça me passe 10 pieds par-des­sus la tête» , a-t-elle dit à l’émis­sion Les francs-ti­reurs.

Par contre, il y a cer­tains com­men­taires plus mes­quins qui ne passent pas: «Je ne sup­porte pas les com­men­taires né­ga­tifs sur les ré­seaux so­ciaux. ça rentre tel­le­ment vite dans la tête quand il y a 50 per­sonnes qui s’acharnent à dire à quel­qu’un de s’en al­ler. Moi, je m’en irais. Je trouve ça rough, les ré­seaux so­ciaux. Je trouve qu’on la­pide les gens.»

«À l’ âge où je suis ren­due, me faire trai­ter de 4-5-0 avec mé­pris, ça me passe 10 pieds par-des­sus la tête.»

Pour Lise Dion, il est pri­mor­dial que sa fille et son fils n’aient pas à s’oc­cu­per d’elle lors­qu’elle se­ra âgée.

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