Jean-Fran­çois Ba­ril: «J’ai pu dire à mes pa­rents à quel point je les aime»

Allô Vedettes - - SOMMAIRE - Luc De­non­court

Jean-Fran­çois Ba­ril a fait des ren­contres qui ont chan­gé le cours de sa vie, comme celle avec son père adop­tif et aus­si celle avec son amou­reuse, Na­tha­lie. Cette der­nière ren­contre a été le fruit du ha­sard. Dans son livre, In­fluences, il veut mon­trer qu’un événement peut en in­fluen­cer un autre.

L.D.: Comment as-tu eu l’idée d’écrire ce livre? J.-F.B.: «C’est une idée que j’avais de­puis un bout de temps. Il faut réa­li­ser qu’on croise des gens dans la vie qu’on pense ne pas connaître, mais on peut avoir une his­toire en­semble. L’élé­ment dé­clen­cheur de ma ren­contre avec Na­tha­lie a été un homme que j’ai ren­con­tré dans un club de golf il y a plu­sieurs an­nées. Cette per­sonne qui est ve­nu me par­ler était le fils d’un jour­na­liste qui de­vait être à une confé­rence de presse. Comme ce jour­na­liste ne pou­vait se pré­sen­ter, c’est Na­tha­lie, qui était sta­giaire, qui l’a rem­pla­cé. Il ne sait pas à quel point son père a été im­por­tant, puisque sans cette his­toire, je n’au­rais pas ren­con­tré Na­tha­lie, qui est de­ve­nue la femme de ma vie. Au dé­part, je vou­lais faire une sé­rie té­lé avec ce pro­jet, mais à cause de La guerre des clans et de la ra­dio, je n’écri­vais pas beau­coup. Quand je me suis re­mis à écrire, ça ne fonc­tion­nait pas. Lors­qu’on m’a ap­pro­ché pour en faire un livre, j’ai dé­ci­dé de re­plon­ger dans ce pro­jet.» La pre­mière his­toire dans le livre est très per­son­nelle. Tu ra­contes la gros­sesse de ta ma­man lors­qu’elle était très jeune. Quelques an­nées plus tard, son nou­vel amou­reux dé­cide d’adop­ter l’en­fant et de­vient ton père. As-tu hé­si­té avant de ra­con­ter cette his­toire? «J’ai beau­coup hé­si­té et c’est la der­nière que j’ai écrite d’ailleurs. Je l’avais pour­tant en tête de­puis le dé­but. Tout au long du livre, je parle des in­fluences des gens, je me suis dit qu’il fal­lait ab­so­lu­ment dire la vé­ri­té et par­ler de celle-ci. Si ma mère avait dé­ci­dé de ne pas me gar­der… si mon père n’était pas ar­ri­vé dans ma vie, j’au­rais été dif­fé­rent. Il n’y a pas de plus grande in­fluence. Je vou­lais rendre hom­mage aux fa­milles re­cons­ti­tuées. J’ai écrit l’his­toire, je l’ai fait lire à mes pa­rents et je leur ai dit d’y ré­flé­chir, car il y au­rait

«Je n’ai pas de ran­cune en­vers mon père bio­lo­gique.»

des re­tom­bées. Mes pa­rents ont été sous le charme. Ça me per­met­tait aus­si de leur dire à quel point je les aime, et c’est une belle fa­çon de leur prou­ver ma re­con­nais­sance. Ils m’ont don­né le go. De plus, ça vient dé­dra­ma­ti­ser la chose. Chez nous on ne parle ja­mais de cette his­toire. Quand mes pa­rents se sont ma­riés, j’étais là, j’avais trois ans, mais on fait comme si je n’y étais pas. Je n’ai pas honte de cette his­toire. Je l’aime, ma vie. Je suis chan­ceux d’avoir eu l’en­fance que j’ai eue. Je n’ai pas de ran­cune en­vers mon père bio­lo­gique.» Dans le livre, on com­prend que ton père est un homme de peu de mots. Comment a-t-il ré­agi à la lec­ture du livre? «Il m’a ap­pe­lé et m’a dit: «T’écris bien en mau­dit, c’est beau, je suis d’ac­cord.» Ré­cem­ment, il s’est fait opé­rer à coeur ou­vert et il est par­ti en vi­tesse pour Montréal. Comme ma mère n’a pas pu être là, elle m’a de­man­dé d’al­ler le voir avant son opé­ra­tion. Je le sen­tais un peu ner­veux et je n’avais pas le goût de tom­ber dans le lar­moyant. Main­te­nant qu’il a lu cette his­toire, il sait à quel point je suis re­con­nais­sant.» La jour­née de ta ren­contre avec Na­tha­lie est as­sez par­ti­cu­lière. Comment vois-tu cet événement avec le re­cul? «Le 2 août, j’ai ren­con­tré Na­tha­lie et j’ai fon­dé Les Mecs co­miques. Ma ren­contre avec

Na­tha­lie est un fait du ha­sard. Ça ajoute de la ma­gie à l’his­toire. C’est ma­gique, la ren­contre de deux per­sonnes pro­vo­quée par l’ab­sence d’un jour­na­liste.» Quelle a été la réac­tion de Na­tha­lie à la lec­ture de ton livre? «Elle a étu­dié en com­mu­ni­ca­tion et elle rêve d’écrire. Elle m’a épau­lé dans cha­cune des étapes. Je lui de­man­dais de faire de la re­lec­ture. Elle y est al­lée de conseils. Notre his­toire lui a fait re­vivre des choses. Je pense qu’elle est fière de moi. Je crois qu’elle est plus ex­ci­tée que moi.» Tu lances un jeu de so­cié­té. Comment est née l’idée de ce pro­jet? «J’ai créé le jeu Connexion pour la té­lé­vi­sion. Lorsque j’ai vu que c’était un bon jeu de table, je suis al­lé ren­con­trer les gens de Gla­dius et ils m’ont don­né des de­voirs. J’ai créé une planche de jeu avec ma fille et j’ai écrit des ques­tions. On a or­ga­ni­sé un sou­per entre amis pour le tes­ter. Je suis re­tour­né le pré­sen­ter à Gla­dius et ils ont em­bar­qué. Le but du jeu est de dé­cou­vrir le duo qui se connaît le plus. C’est un jeu pro­pice aux anec­dotes. Je trouve ça fan­tas­tique de sa­voir que des gens vont pas­ser un beau mo­ment au­tour de quelque chose que j’ai créé.» Après la fin de La guerre des clans, tu as re­çu une im­mense vague d’amour. Quelle a été ta réac­tion? «Cette an­née, sans ra­dio et sans té­lé­vi­sion, j’ai trou­vé ça rough, mais les gens ont été bons en­vers moi. Ma confiance était ébran­lée, mais la réac­tion du pu­blic m’a don­né des ailes. Je n’ai ja­mais ga­gné de tro­phée Ar­tis. La vague d’amour que j’ai re­çue après la fin de La guerre des clans, et aus­si la men­tion de mon nom après le dé­part de Guy Mon­grain de La Poule aux oeufs d’or, je n’en re­ve­nais pas. Lors­qu’on a ap­pris que je n’étais pas choi­si pour La Poule, une per­sonne m’a écrit en me pro­po­sant son aide pour les four­ni­tures sco­laires de mes en­fants. J’ai trou­vé ça com­plè­te­ment ca­po­té et je l’ai ras­su­rée; je n’ai pas pris l’ar­gent. Les gens sont tel­le­ment gen­tils, j’en suis ému. Je trouve ex­tra­or­di­naire leur sen­ti­ment d’ap­par­te­nance en­vers moi.»

Son livre nous ouvre des pans de sa vie pri­vée. Il nous parle no­tam­ment de la gros­sesse de sa mère.

Sa conjointe l’a ac­com­pa­gné dans toutes les étapes du pro­jet.

«Cette an­née, sans ra­dio et sans té­lé­vi­sion, j’ai trou­vé ça rough…»

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