Ge­ne­viève Sch­midt: «Je vais tel­le­ment pleu­rer lors de ma der­nière jour­née»

C’est une an­née bien rem­plie pour la co­mé­dienne Ge­ne­viève Sch­midt, qui fait de la té­lé­vi­sion, du théâtre et du ci­né­ma. Celle-ci joue d’ailleurs ac­tuel­le­ment sa toute pre­mière pièce de Mi­chel Trem­blay.

Allô Vedettes - - SOMMAIRE - Luc De­non­court

«J’ai tour­né 120 jours de suite.»

L.D.: Vous in­ter­pré­tez De­nise dans Bon­jour, là, bon­jour, un clas­sique de Mi­chel Trem­blay. Pou­vez-vous nous dé­crire votre per­son­nage? G.S.: «C’est une his­toire de fa­mille, d’un frère et de ses quatre soeurs. La re­la­tion de De­nise et son frère est tou­jours dans le rire et le non-dit. De­nise parle tou­jours de sexe, de bouffe. C’est un grand rire qui cache une grande peur. Cette pièce a en­core cette ré­so­nance sur l’amour, le­quel peut nous ron­ger. Je suis tel­le­ment éner­vée de jouer du Mi­chel Trem­blay! Ce texte a été très dif­fi­cile à ap­prendre par coeur.» Pour­quoi? «En rai­son du lan­gage. Il y a une ryth­mique et un res­pect au­to­ma­tique du texte qu’il faut main­te­nir. Je pense que j’ai pris mon rythme. J’en ai par­lé à Gilles Re­naud qui dit que c’est la chose la plus fa­cile à ap­prendre. C’est plus fa­cile pour lui que pour moi!» Est-ce un hon­neur de jouer du Trem­blay? «Je me pince tous les jours. J’ai fait une école de théâtre pen­dant quatre ans, et je sou­hai­tais jouer du Tche­kov, du Mo­lière et du Trem­blay. J’avais joué Pier­rette à l’école des Saints-Anges, qui est un ro­man adap­té pour le théâtre. Claude Pois­sant, qui fait la mise en scène, en est aus­si à son pre­mier Trem­blay. Je suis pri­vi­lé­giée. Il a pen­sé à moi pour ce rôle, et je ne veux pas le dé­ce­voir.» Tu es de la nou­velle sé­rie jeu­nesse Les Sa­piens. Comment est-ce de jouer dans cet uni­vers com­plè­te­ment écla­té? «On a pris notre rythme de croi­sière en mi­lieu de sai­son. La co­mé­die, c’est dif­fi­cile à faire. On tourne de 25 à 30 pages par jour, c’est beau­coup de tra­vail. On est tous des tra­vaillants et c’est ce que ça prend dans les émis­sions jeu­nesse. Main­te­nant, je connais le rythme et je sais ce que les jeunes aiment, et les pa­rents aus­si.» Ce se­ra bien­tôt la fin d’Uni­té 9. Est-ce qu’il se­ra dif­fi­cile de dire adieu à ton per­son­nage? «Je vais tel­le­ment pleu­rer lors de ma der­nière jour­née, car j’ai joué un per­son­nage clé et, en plus, c’est grâce à ce­lui-ci si je fais plus de té­lé­vi­sion. Je vais trou­ver ma der­nière jour­née très dure. C’est quelque chose de tour­ner la page sur un per­son­nage qui m’a sui­vie tout le temps. Lorsque mon père était ma­lade, cette sé­rie a été une thé­ra­pie pour moi. Je n’au­rais ja­mais pen­sé être ca­pable de faire pleu­rer les gens et de jouer des scènes aus­si in­tenses. Ça fait par­tie du deuil d’une étape. Je me sou­viens de mes stress, de mes pre­miers ma­tins de tour­nage et de mes fous rires.» Tu cé­lèbres 10 ans de car­rière cette an­née puisque tu as ter­mi­né l’école en 2008. Quel re­gard portes-tu sur ces an­nées? «Le temps passe vite en mau­dit! J’étais vieille quand je suis sor­tie de l’école puisque j’avais 30 ans. Quand on m’offre un rôle, je suis en­core émer­veillée et je veux res­ter comme ça. Si un jour je de­viens bla­sée, je vais chan­ger de mé­tier, car je vais être moins bonne. Mes pa­rents avaient un théâtre d’été et je suis une en­fant de la balle. Je sais à quoi res­semble un ac­teur bla­sé, mais aus­si à quoi res­semble un ac­teur tra­vaillant. Je donne mon 110 % chaque fois.» Tu as tour­né le film My­tho et les sé­ries Les Sa­piens, Les ma­gni­fiques, L’échap­pée et Uni­té 9 au cours des der­niers mois. Est-ce que tous ces tour­nages avaient lieu en même temps? «J’ai tour­né 120 jours de suite, mais tout s’est bien pas­sé. Les tour­nages, c’était de 12 à 16 heures par jour. Ma pré­pa­ra­tion était men­tale. Je tra­vaillais à la mai­son pour ap­prendre mes textes. J’ai vé­cu ma sé­pa­ra­tion, mais je de­vais faire ma vie pro­fes­sion­nelle main­te­nant puisque j’avais des en­ga­ge­ments. Je ne pou­vais pas ar­ri­ver sans être prête. C’était as­sez mê­lé comme ho­raire. Je tour­nais Les Sa­piens le lun­di, L’échap­pée le mar­di, Les ma­gni­fiques le mer­cre­di et My­tho le jeu­di. Je vi­vais tou­jours du chan­ge­ment, c’est ce qui m’a per­mis de pas­ser au tra­vers.»

Jus­qu’au 5 dé­cembre, Ge­ne­viève Sch­midt est de la pièce Bon­jour, là, bon­jour au Théâtre De­ni­sePel­le­tier, aux cô­tés de San­drine Bis­son, Mi­reille Brul­le­mans, Fran­cis Du­charme, An­nette Ga­rant, Diane Laval­lée, My­lène Ma­ckay et Gilles Re­naud. Pour plus d’in­for­ma­tions, vous pou­vez vi­si­ter de­ni­sepel­le­tier.qc.ca

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