Dan Bi­gras: «Je me de­mande ce que je vais avoir lais­sé»

De­puis dé­jà 28 ans, Dan Bi­gras pré­sente chaque an­née Le Show du Re­fuge. Il pense dé­jà à la pro­chaine édi­tion et, cette an­née, il a même com­men­cé à prendre des notes sur son lit d’hô­pi­tal.

Allô Vedettes - - SOMMAIRE - Luc De­non­court

L.D.: À par­tir de quel mo­ment dans l’an­née com­mences-tu à pen­ser au pro­chain Show du Re­fuge? D.B.: «Gé­né­ra­le­ment un peu avant l’an­née que je le pré­sente. J’ai dé­jà com­men­cé le pro­chain. Je note beau­coup d’idées. C’est tou­jours la même chose, je re­garde tout ce que je n’ai pas fait et ce que j’au­rais vou­lu faire, ce­la me sert de base pour l’an­née sui­vante.» Par­mi les in­vi­tés, on re­trouve ton amie Lu­lu Hu­ghes. Est-elle de­ve­nue une in­vi­tée in­con­tour­nable? «Nous sommes des amis de­puis 30 ans. On se parle en­core plus ces temps-ci, puis­qu’on a vé­cu un peu la même chose. On a eu chaud tous les deux et on pro­fite un peu plus de tout ce qu’on fait.» As-tu réus­si à mon­ter le spec­tacle, mal­gré ton diag­nos­tic de can­cer? «Je le mon­tais à l’hô­pi­tal. Je ne pou­vais pas me le­ver, mais je pre­nais des notes. Mon mé­de­cin m’a for­cé à an­nu­ler mon triple lan­ce­ment pour le livre, le disque et le spec­tacle, et il avait rai­son. Je n’au­rais pas pu

me te­nir de­bout. J’ai ex­pli­qué à mon gé­rant que j’al­lais faire Le Show du Re­fuge en gé­rant mon éner­gie. J’ai pas­sé au tra­vers. Je com­mence à ré­cu­pé­rer ma forme de plus en plus. J’ai un sac de boxe chez nous et je me suis re­mis à faire de la frappe, ça me fait du bien.» As-tu re­com­men­cé à faire des spec­tacles? «Je n’ai pas ar­rê­té. Comme la chi­mio me ma­ga­nait le len­de­main et par­fois le sur­len­de­main, je m’ar­ran­geais pour que mes shows et mes trai­te­ments ne soient pas en même temps. Il fal­lait que j’aie deux jours libres. Il y a eu cer­tains spec­tacles dont je suis re­ve­nu brû­lé comme ja­mais, mais avec un gros sou­rire dans la face.» Avais-tu ce be­soin de contact avec le pu­blic? «J’ai re­fu­sé le sta­tut de vic­time quand j’étais pe­tit. Je ne fais pas plus d’un spec­tacle par se­maine. Je per­dais un peu plus la voix, mais elle est dé­jà per­due un peu au dé­part. Je me sen­tais en contrôle de mes soins. Je le fai­sais cal­me­ment et je me re­po­sais. Je dors bien dans la vie, alors j’ai beau­coup dor­mi. On va peut-être me re­voir faire des films comme ac­teur ou réa­li­sa­teur, mais la mu­sique, ça ne part ja­mais.» Tu as ré­cem­ment pré­sen­té une vi­déo où on voit le Re­fuge. Étaitce im­por­tant pour toi de la faire? «Au dé­part, les gens pen­saient que le Re­fuge, c’était un show, mais c’est un en­droit. On a aus­si 19 uni­tés de lo­ge­ment so­cial dans l’est de Mon­tréal pour ceux qui ne sont pas en­core prêts à par­tir en ap­par­te­ment. Je fais plus at­ten­tion à lier le Re­fuge au show. À chaque fin de spec­tacle, je de­mande à France [ co­fon­da­trice] de mon­ter sur scène pour re­ce­voir les ap­plau­dis­se­ments.» Est-ce que tu sou­haites re­prendre la tour­née plus ac­ti­ve­ment? «J’aime bien le beat qu’on s’est don­né. Je pré­fère les tour­nées plus longues. Quand je tour­nais 30 vies, c’était in­tense et ça pre­nait tout mon es­pace. Main­te­nant, à 60 ans, je me de­mande ce que j’au­rai lais­sé quand je vais par­tir. Je veux suivre mon idée et je dois me lais­ser du temps pour écrire.» Est-ce im­por­tant de pen­ser à ce qui va res­ter? «Je m’en fous, mais c’est sur­tout pour mon fils. On dit que les chan­sons sont éter­nelles, mais en fait tu laisses un écho et il ré­sonne un cer­tain temps.» Tu as pour­tant des chan­sons qui ont tra­ver­sé le temps… «Elles ont tra­ver­sé un peu de temps. J’en ai peut-être qui vont tour­ner 20 ou 30 ans après ma mort. Même les grandes pièces ne sont pas éter­nelles. Notre so­cié­té change et on va moins les écou­ter. La vie conti­nue et c’est ce qui est beau.» En ce mo­ment, écris-tu pour la mu­sique ou pour le ci­né­ma? «Je ne peux pas en par­ler. Comme je suis TDAH, quand j’écris, une mouche peut pas­ser, et mon at­ten­tion change. Je vais par­ler d’un pro­jet lorsque je se­rai cer­tain de le sor­tir. Pour le mo­ment, je suis dans le brouillard to­tal. Ça m’amuse d’être perdu dans mes idées.» Comment va la san­té? Es-tu gué­ri? «Gué­rir, ça n’existe pas quand tu as un can­cer, c’est comme l’asthme ou l’al­coo­lisme. On peut le contrô­ler. J’ai 40 % de risque que quelque chose re­com­mence; ça pour­rait ne pas être grave comme ça pour­rait né­ces­si­ter de la chi­mio.» Tu au­ras 60 ans pen­dant les Fêtes. Sou­li­gne­ras-tu ces deux fêtes en même temps? «J’ai un drôle de rap­port avec Noël. J’aime fê­ter à l’avance. Je réunis mon fils, mon frère, mes nièces chez nous dans La­nau­dière au­tour de la mi­dé­cembre pour ne pas être pris dans le rush de Noël. Comme je vis au bord d’une ri­vière, c’est plai­sant toutes les sai­sons.» Le Show du Re­fuge au­ra lieu le 22 no­vembre à la salle Wil­fridPel­le­tier. On pour­ra y voir Ya­ma Laurent, Émile ProulxC­lou­tier, Re­né Si­mard, Ma­rieJo­sée Lord, Guy­laine Tan­guay, Dra­ma­tik, Étienne Cou­si­neau, QW4RTZ et Lu­lu Hu­ghes en com­pa­gnie de Dan Bi­gras. Pour plus d’in­for­ma­tions, con­sul­tez pla­ce­de­sarts.com. Pour ob­te­nir de l’in­for­ma­tion sur le Re­fuge des Jeunes, vi­si­tez re­fu­ge­des­jeunes.org.

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