Na­ta­sha St-Pier: «Je fais la dif­fé­rence entre ce qui est im­por­tant ou pas»

Na­ta­sha St-Pier était ré­cem­ment de pas­sage au Qué­bec afin de lan­cer son deuxième al­bum consa­cré aux poèmes de sainte Thé­rèse de Li­sieux, une aven­ture qui connaît un grand suc­cès en France. En plus de sa car­rière de chan­teuse, la ma­man de 37 ans en­seigne l

Allô Vedettes - - SOMMAIRE - Luc De­non­court

L.D.: Tu pré­sentes ton deuxième al­bum avec des textes de sainte Thé­rèse de Li­sieux. Comment t’est ve­nue l’idée d’ex­plo­rer cet uni­vers? N.S.-P.: «Le pre­mier al­bum est ar­ri­vé en 2013. C’est un pro­jet qui exis­tait dé­jà, et on m’a de­man­dé si je vou­lais y par­ti­ci­per. J’ai écou­té les chan­sons et j’ai ac­cep­té. Par la suite, on m’a dit que c’était des textes de sainte Thé­rèse de l’En­fantJé­sus. Je n’ai pas dit que je ne sa­vais pas qui c’était; je suis al­lée voir sur In­ter­net, et plus je li­sais sur cette per­sonne, plus elle me pas­sion­nait. J’ai fait l’al­bum et une tour­née. En 2017, on m’a de­man­dé de faire des spec­tacles dans des églises, et j’ai ado­ré l’ex­pé­rience. J’ai donc contac­té les gars de Glo­rious, Tho­mas et Ben­ja­min Pou­zin, avec qui je ve­nais d’en­re­gis­trer Le Can­tique des Can­tiques pour leur al­bum. Je leur ai de­man­dé s’ils vou­laient tra­vailler avec moi pour mettre d’autres poèmes de Thé­rèse en mu­sique, et la mai­son de disques a em­bar­qué.» Est-ce qu’un nou­veau pu­blic te dé­couvre? «C’est très bi­zarre. Il y a des gens qui viennent parce qu’ils sont fans de Na­ta­sha et ils dé­couvrent une autre fa­cette de moi qui les touche. Il y en a d’autres qui sont fans de l’oeuvre de sainte Thé­rèse et qui me ren­contrent pour la pre­mière fois. C’est une très belle ex­pé­rience de vie.» Tu as quit­té Pa­ris il y a quelques an­nées pour fon­der ta fa­mille; est-ce que ça a été dif­fi­cile? «J’avais en­vie d’éle­ver mon en­fant à la cam­pagne au bord de la mer. J’ai gran­di dans une toute pe­tite ville, et mon ma­ri aus­si. On avait en­vie d’of­frir à notre fils un en­vi­ron­ne­ment plus calme. Au dé­part, je croyais que ce se­rait plus com­pli­qué pour le tra­vail, car j’ha­bite à presque deux heures d’avion de Pa­ris. Je fais moins de choses quand je ne suis pas of­fi­ciel­le­ment en pro­mo. Je suis plus concen­trée sur mon tra­vail et sur ma vie de fa­mille. Comme il y a deux heures d’avion, j’ai une belle scis­sion entre les deux.» Est-ce que ce rythme de car­rière a été étour­dis­sant par mo­ments? «Il y a une an­née qui a été très char­gée. J’ai été ju­rée à The Voice, j’ani­mais une émis­sion de té­lé­vi­sion, j’ai lan­cé un al­bum, j’ai fait une tour­née et la co­mé­die mu­si­cale The Wi­zard of Oz. J’étais fa­ti­guée et je de­vais prendre une pause. Je suis donc al­lée en va­cances, et mon amou­reux et moi, on a fait un bé­bé.» Est-ce que tu en­seignes en­core le yo­ga? «Ça doit faire une quin­zaine d’an­nées que je fais du yo­ga et je l’en­seigne de­puis presque trois ans. J’ai vou­lu faire une for­ma­tion de pro­fes­seure pour ap­pro­fon­dir mes connais­sances. Des amis m’ont en­suite de­man­dé de leur en­sei­gner, et je de­vais faire des stages dans le cadre de mon cours. J’ai vu que j’ai­mais trans­mettre mon sa­voir. Ça me per­met de me connec­ter aux gens dif­fé­rem­ment.» Qu’est-ce que la nais­sance de Bixente a chan­gé chez toi? «Mes nuits sont plus courtes. Ça m’a po­sée aus­si. Car avec Bixente, on a vé­cu dans la peur d’un dé­cès; son coeur s’est ar­rê­té de battre pen­dant 45 mi­nutes pen­dant une chi­rur­gie à coeur ou­vert. Il avait de bonnes chances de re­ve­nir, mais aus­si de ne pas re­ve­nir. J’ai lais­sé mon bé­bé de quatre mois entre les mains d’in­con­nus sans sa­voir s’il al­lait re­ve­nir. Par la suite, on réa­lise plus ce qui est im­por­tant et ce qui ne l’est pas. On tra­vaille dans un mi­lieu qui est par­fois su­per­fi­ciel. On se crée des choses im­por­tantes, que ce soit une émis­sion de té­lé­vi­sion, une en­tre­vue ou autres. Ça peut être in­té­res­sant ou un plus pour notre car­rière, mais ce n’est pas im­por­tant. De­puis que Bixente est là, je fais la dif­fé­rence entre ce qui est im­por­tant et ce qui est de l’ex­tra.» Est-ce que tu lui chantes des chan­sons? «Je l’ai fait beau­coup, mais main­te­nant il sou­haite qu’on lui ra­conte des his­toires. De plus, avant de quit­ter Bixente, je dois lui dire quel tra­vail je m’en vais faire. Car, lorsque je vais au yo­ga, je re­viens le soir, mais quand c’est pour la mu­sique, ça veut dire que je ne re­vien­drai peut-être pas le soir. Il n’est pas très fan de mon tra­vail de chan­teuse, car c’est ce­lui qui le prive de sa ma­man.» Est-ce qu’il com­prend un peu plus ton mé­tier? «Ré­cem­ment, pour la pre­mière fois, il n’était pas cou­ché lors de la dif­fu­sion d’une émis­sion. Il me re­gar­dait à la té­lé, dan­sait et me fai­sait des cou­cous. Il a dit à mon ma­ri: “Pour­quoi ma­man pas ré­pondre à moi?” Greg a dû lui ex­pli­quer que je ne le voyais pas. J’ai donc fait un Fa­ceTime avec Bixente pour ex­pli­quer ce qui se pas­sait. Il a com­pris. Au dé­but, il a dit à Greg: “Ce n’est pas grave, je vais quand même dan­ser pour ma­man.”» Il au­ra trois ans sous peu; il com­men­ce­ra donc l’école. Comment ré­agis-tu à cette étape? «L’école est obli­ga­toire en France à trois ans, mais comme il ne les avait pas en­core à la ren­trée, il com­men­ce­ra l’an pro­chain. Je trouve que c’est très jeune. De plus, il y a aus­si le ju­ge­ment des en­sei­gnantes que je n’ap­pré­cie pas tou­jours. L’une

«J’en­seigne le yo­ga de­puis trois ans.»

d’entre elles a dit à mon amie que son fils de quatre ans n’était pas très sco­laire. Je trouve ça jeune, mais c’est ain­si dans ce pays. Si quel­qu’un vient au Ca­na­da, je veux qu’il vive comme un Ca­na­dien, alors comme j’ha­bite en France, je dois faire comme les Fran­çais.» Est-ce dif­fi­cile pour toi d’être loin de ta fa­mille? «Heu­reu­se­ment, main­te­nant il y a Fa­ceTime. J’ap­pelle énor­mé­ment mes pa­rents et mon frère. On se parle aus­si sur Fa­ce­book. Tou­te­fois, il y a le dé­ca­lage ho­raire. Je dois at­tendre que ce soit le ma­tin ici pour les ap­pe­ler.»

Na­ta­sha pu­blie par­fois sur les ré­seaux so­ciaux des pho­tos de son ma­ri et de son fils.

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