Pierre Le­beau: «La vie a été bonne pour moi»

Allô Vedettes - - SOMMAIRE - Luc De­non­court

De­puis quelques an­nées, c’est sur­tout sur les planches qu’on peut voir le co­mé­dien Pierre Le­beau. D’ailleurs, il re­prend ac­tuel­le­ment son per­son­nage de l’an­cien maire de Mont­réal Ca­mil­lien Houde sur la scène d’Es­pace Libre.

L.D.: Vous re­pre­nez une pièce qui avait connu un im­mense suc­cès. Par­lez-nous de cette ex­pé­rience. P.L.: «On avait créé cette pièce lors du 375e an­ni­ver­saire de Mont­réal, et elle avait connu un suc­cès ex­tra­or­di­naire. On fai­sait salle comble chaque soir. On a donc dé­ci­dé de la re­prendre. Il n’y a pas beau­coup de spec­tacles de ce type-là à Mont­réal: c’est une fresque his­to­rique qui ma­rie des co­mé­diens pro­fes­sion­nels et des gens du quar­tier. Ça donne un ré­sul­tat as­sez éton­nant.» Com­ment est-ce de par­ta­ger la scène avec des gens du pu­blic? «Ils ont sui­vi des ate­liers avec Geof­frey Ga­quère et ont tra­vaillé très fort. Il n’y a pas de dif­fé­rence entre les pro­fes­sion­nels et les ama­teurs: nous sommes tous en­semble dans le but de faire le meilleur spec­tacle pos­sible. C’est très en­ri­chis­sant comme ex­pé­rience.» Par­lez-nous de Ca­mil­lien Houde. «C’est un per­son­nage qui est un peu mé­con­nu, mais c’était un ora­teur ex­tra­or­di­naire et très am­bi­tieux. Il ai­mait pro­fon­dé­ment les Mont­réa­lais.» Qu’est-ce que ça change pour un ac­teur d’avoir un vo­let his­to­rique? «Il faut être le plus fi­dèle pos­sible à l’époque, et pour ce­la, j’ai vi­sion­né beau­coup de do­cu­ments d’ar­chives. Tous les no­tables à l’époque rou­laient leur R al­lé­gre­ment. Ce qui est beau dans l’his­toire de cet homme, c’est son as­cen­sion: il a fait son cours com­mer­cial, en­suite il a tra­vaillé dans une banque, il a per­du sa pre­mière épouse et il a ren­con­tré sa nou­velle femme qui l’a convain­cu en lui di­sant qu’il était des­ti­né à faire autre chose.» C’est une belle an­née de théâtre puisque vous avez aus­si joué votre propre per­son­nage dans la pièce Neuf [titre pro­vi­soire]. Com­ment s’est dé­rou­lée cette ex­pé­rience? «On a par­ti­ci­pé à des ren­contres avec Ma­ni So­ley­man­lou, et tout ce qu’on di­sait était en­re­gis­tré. Il en a en­suite ti­ré quelques ex­traits qu’il a mis dans le spec­tacle avec ses propres ré­flexions. On peut presque dire que le texte a été écrit en col­la­bo­ra­tion. C’était une belle ren­contre.» Avez-vous d’autres pro­jets en vue? «La sai­son pro­chaine, je joue­rai au TNM, mais je ne peux pas dire dans quelle pièce en­core.» De­puis quelques an­nées, on vous voit beau­coup plus au théâtre qu’à la té­lé­vi­sion; est-ce que ça vous plaît? «Je suis très heu­reux de faire au­tant de théâtre. J’ai aus­si joué avec Ro­bert Le­page à Pa­ris l’an der­nier. Quand ce sont de bonnes pro­duc­tions, le théâtre est ex­tra­or­di­naire. Pour le mo­ment, je n’ai pas de pro­po­si­tion pour la té­lé ou le ci­né­ma, mais je suis ra­vi de faire du théâtre.» Les pla­teaux vous manquent-ils? «Par­fois, ça me manque, mais pas au point de faire n’im­porte quoi. J’at­tends le pro­jet in­té­res­sant.» En quoi l’ex­pé­rience de tour­née à Pa­ris était par­ti­cu­lière? «J’ai dé­jà beau­coup joué à Pa­ris avec la com­pa­gnie de théâtre UBU. Cette fois, ce qu’il y avait de par­ti­cu­lier, c’est que je ren­con­trais Ro­bert Le­page pour la pre­mière fois. Au cours de ma car­rière, j’ai eu la chance de tra­vailler avec des met­teurs en scène for­mi­dables qui ont été très im­por­tants pour moi, que ce soit De­nis Mar­leau, Fran­çois Gi­rard, Lor­raine Pin­tal, Alexis Mar­tin, Re­né Ri­chard Cyr ou en­core Do­mi­nic Cham­pagne. La

Pas de pro­po­si­tion té­lé ou ci­né­ma.

vie a été bonne avec moi au théâtre. Je pense que le contact avec Ro­bert Le­page a été as­sez po­si­tif pour qu’on puisse ré­ci­di­ver.»

Pierre croit que la pièce Ca­mil­lien Houde, «le p’tit gars de Sainte-Ma­rie» est unique en son genre au Qué­bec.

Ici, en com­pa­gnie d’Éve­lyne Rom­pré.

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