So­nia Be­nez­ra: «On m’a sou­vent re­pro­ché d’ai­mer trop»

Allô Vedettes - - SOMMAIRE - Ma­rie-Eve Le­clerc

L’ani­ma­trice a fait son re­tour té­lé­vi­suel à la barre de l’émis­sion Tout le monde aime, dif­fu­sée à TVA. Outre ce pro­jet qui l’em­balle plus que tout, elle nous parle de sa nou­velle réa­li­té avec sa mère, qui est dé­sor­mais en fau­teuil rou­lant après avoir été vic­time d’un ac­ci­dent à l’hô­pi­tal.

M.-E.L.: Vous avez ef­fec­tué votre grand re­tour à la té­lé­vi­sion cette an­née avec Tout le monde aime. Com­ment avez-vous vé­cu ces re­trou­vailles avec la té­lé? S.B.: «C’est mer­veilleux! J’anime une émis­sion qui me colle à la peau, je n’au­rais pas pu de­man­der mieux pour moi. On m’a sou­vent re­pro­ché d’ai­mer trop, mais per­sonne ne peut dire quoi que ce soit main­te­nant, puisque c’est une émis­sion d’amour, qui fait du bien aux gens. Comme nous vi­vons dans un monde dif­fi­cile, le ti­ming était ex­tra­or­di­naire.» Le pu­blic ré­cla­mait votre re­tour en ondes. Com­ment avez-vous ac­cueilli cette bor­dée d’amour en­vers vous? «Je suis ex­trê­me­ment tou­chée par les com­men­taires élo­gieux sur Fa­ce­book. Je ne sa­vais pas quoi dire ni com­ment ré­agir. Je sen­tais dans mon âme que les gens m’aiment, car moi, j’aime les gens. Je suis très re­con­nais­sante de cet amour et de la ré­ac­tion du pu­blic à l’an­nonce de mon re­tour. Ça m’a vrai­ment fait du bien.» Dans l’émis­sion, vous re­ce­vez, entre autres, des ar­tistes que vous avez vus évo­luer du­rant leur car­rière. Est-ce tou­chant de les re­ce­voir à nou­veau quelques an­nées plus tard? «On cé­lèbre les ar­tistes que j’ai connus lors­qu’ils ont com­men­cé. Ce sont des re­trou­vailles pour nous. Mais c’est aus­si une émis­sion qui réunit toutes les gé­né­ra­tions, car je re­çois des ar­tistes de la re­lève qui chantent par exemple des chan­sons de Mi­chel Lou­vain ou de Roch Voi­sine. J’aime réunir les gens et c’est mon man­dat avec ce show­là. J’ai tou­jours vou­lu don­ner la place aux autres, les faire briller, rayon­ner. Je me sens comme le père Noël ( rires). C’est un ca­deau pour les ar­tistes de voir d’autres ar­tistes in­ter­pré­ter leurs oeuvres, mais aus­si pour le pu­blic, qui a col­la­bo­ré au suc­cès du chan­teur ou de la chan­teuse. Si un ar­tiste compte 30 ans de car­rière, c’est qu’il a des fans fi­dèles. C’est une fa­çon de re­mer­cier le pu­blic qué­bé­cois, qui n’est pas comme les autres.» En quelque sorte, vous avez col­la­bo­ré, vous aus­si, au suc­cès de ces ar­tistes… «Oui, c’est mer­veilleux! Je trouve que j’ai le pif et je le dis sans pré­ten­tion. J’avais re­çu La­ra Fa­bian quand elle a com­men­cé sa car­rière et celle-ci fonc­tion­nait moins bien. Je l’avais pous­sée et in­vi­tée à ve­nir chan­ter d’autres chan­sons sur mon pla­teau, et sa car­rière a dé­mar­ré. C’est spé­cial pour moi de voir tous les ar­tistes que j’ai in­ter­viewés. On fait ce che­min en­semble et ils savent que je com­prends ce qu’ils ont vé­cu.» Avez-vous eu peur de ne pas re­ve­nir au pe­tit écran? «Je n’ai pas eu peur, puisque je suis une femme qui s’in­té­resse à beau­coup de choses. Je dois avouer que j’au­rais trou­vé ça triste de ne pas avoir eu l’oc­ca­sion de faire quelque chose que je me sa­vais en­core ca­pable de faire. Mais ce n’est pas dans nos mains. La vie nous donne ce qu’on veut, mais pas né­ces­sai­re­ment quand on le veut. Ça vaut la peine d’at­tendre par­fois. Je suis très heu­reuse de ce re­tour et on ver­ra où ce­la mène. C’est tou­jours le pu­blic qui dé­cide de nos car­rières.» Avez-vous des pro­jets en sus­pens à ve­nir? «Non, je fais confiance à la vie et j’ai bien fait d’y faire confiance jus­qu’à main­te­nant. Il faut juste avoir de la pa­tience, ce qui n’est pas tou­jours évident. J’ai des pro­jets per­son­nels avec ma fa­mille, qui est très im­por­tante pour moi.» Com­ment va votre mère? «Ma­man est à la mai­son, elle est dé­sor­mais en fau­teuil rou­lant. C’est une nou­velle réa­li­té pour elle, et pour nous aus­si. Elle est en­core toute là par contre. Ma­man est ma prio­ri­té, mon ca­deau du ciel. Je me consi­dère comme chan­ceuse de pou­voir en­core l’avoir dans ma vie. Elle n’a ja­mais man­qué une de mes émis­sions et elle me donne son avis. Dans un cer­tain sens, je me sens pri­vi­lé­giée de pou­voir faire une autre émis­sion et de sa­voir que ma­man va pou­voir l’écou­ter.» Fi­na­le­ment, vous vi­vez la réa­li­té des ai­dants na­tu­rels. Com­ment ça se passe de votre cô­té? «Les gens ne savent pas tou­jours com­ment ça se passe, et par­fois, tu n’as pas en­vie de le ra­con­ter, car c’est lourd. Il y a des jour­nées où ça va mieux que d’autres. Mais c’est un em­ploi à temps plein et ça de­mande beau­coup d’éner­gie phy­sique et men­tale. Tu ne peux pas dire:

«J’ai le pri­vi­lège de voir ma mère vieillir.»

“Au­jourd’hui, ça me tente moins.” Tu n’as pas de pause. Or, il y a des choses mer­veilleuses là-de­dans. J’ai le pri­vi­lège de voir ma mère vieillir, et elle est en­tou­rée par ses en­fants qui l’adorent. Je ne sais pas com­ment nos pa­rents ont pu prendre soin de quatre ou cinq en­fants, alors que ça prend le même nombre pour s’oc­cu­per d’un pa­rent. C’est vrai­ment quelque chose. On fait ce qu’on peut, il y a des jour­nées plus fa­ciles que d’autres et on conti­nue. Je trouve que notre so­cié­té a beau­coup à faire en­core avec nos aî­nés, qui sont trai­tés de fa­çon ter­rible. Ma mère a été chan­ceuse de nous avoir avec elle à l’hô­pi­tal, mais j’ai vu beau­coup de gens seuls. C’est in­ac­cep­table, im­par­don­nable.»

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