Ju­lie Bé­lan­ger

Sa dou­leur et les sa­cri­fices qu’elle a faits Ju­lie Bé­lan­ger, que l’on peut voir à TVA dans Ça fi­nit bien la se­maine et qu’on en­tend chaque jour sur les ondes de Rythme FM, parle de sa nou­velle vie dans sa de­meure de rêve, ain­si que des ob­jec­tifs per­sonne

Allô Vedettes - - SOMMAIRE - Ma­rie-Eve Le­clerc

Cet été, Ju­lie Bé­lan­ger et son ma­ri, Ken Shu­glo, ont en­fin réa­li­sé l’un de leurs plus grands rêves: s’éta­blir dans une mai­son au bord de l’eau. Après avoir fait plu­sieurs re­cherches de ré­si­dences, et même failli en ache­ter une autre sur la Ri­veSud, ils sont fi­na­le­ment tom­bés sous le charme de leur nou­velle de­meure, qui se si­tue com­plè­te­ment à l’op­po­sé d’où ils vi­vaient au­pa­ra­vant. «J’ai ha­bi­té 16 ans sur la Rive-Sud, dont 5 dans notre mai­son de Bou­cher­ville. Je ne connais­sais donc pas beau­coup la Rive-Nord. C’est en cher­chant sur des sites im­mo­bi­liers que je suis tom­bée sur la nôtre» , nous a-t-elle dé­voi­lé lors d’un évé­ne­ment or­ga­ni­sé par Co­ge­co, pro­prié­taire de la sta­tion de ra­dio Rythme FM, où tra­vaille l’ani­ma­trice. Pour elle qui a vé­cu toute son en­fance au bord de la mer, ce re­tour aux sources était es­sen­tiel. «Je réa­lise un rêve avec cette mai­son, nous a-t-elle dit. Après avoir mis beau­coup l’ac­cent sur ma car­rière, je rê­vais de quelque chose d’aus­si beau dans ma vie per­son­nelle. Je vou­lais vrai­ment cette mai­son au bord de l’eau, his­toire de re­trou­ver un peu mes ra­cines de la Côte-Nord.» Son ma­ri, qu’elle qua­li­fie plu­tôt comme un gars des bois, cher­chait aus­si un em­pla­ce­ment où la na­ture se­rait do­mi­nante. «On a vrai­ment trou­vé notre équi­libre. C’est tran­quille et res­sour­çant.»

Un exil par­fois ardU Sur son site Web, Ju­lie Bé­lan­ger tient ré­gu­liè­re­ment une chro­nique in­ti­tu­lée «Les états d’âme de Ju­lie», dans la­quelle elle se confie sans pu­deur par rap­port aux émo­tions qu’elle res­sent, à ses en­vies, ses rêves, ses dé­si­rs. Der­niè­re­ment, l’un de ses billets par­lait de ce re­tour aux sources. «Après l’avoir sou­hai­té, ja­lou­sé, rê­vé jus­qu’à l’ob­ses­sion − et presque aban­don­né tel­le­ment je trou­vais que ça pre­nait du temps −, j’y suis en­fin. Bien ins­tal­lée dans ma dou­dou, de­vant un feu de foyer, à re­gar­der le bleu in­tense de l’eau et l’ho­ri­zon der­rière chez moi. Le fleuve. Cet élé­ment si es­sen­tiel à mon équi­libre. Qui me coule dans les veines de­puis ma nais­sance. Comme si j’avais re­col­lé les mor­ceaux épar­pillés par le temps, par le vent. Que j’avais en­fin re­trou­vé le bout de mon coeur que j’avais en­foui dans une bou- teille lan­cée à la mer, au mo­ment même où je la quit­tais pour la grande ville. Ce même bout de coeur qui me fai­sait souf­frir chaque fois que j’al­lais la quit­ter à nou­veau du­rant les 16 pro­chaines an­nées de ma vie. Comme si la ci­ca­trice était im­pos­sible. Que l’eau sa­lée ré­ac­ti­vait tou­jours les plaies. Ça au­ra pris 16 ans.»

Elle af­firme, tou­jours sur son site, que le sa­cri­fice de quit­ter sa ville na­tale n’a pas été fa­cile, mais qu’elle a dé­sor­mais l’im­pres­sion qu’avec l’achat de cette mai­son, les sa­cri­fices sont ré­com­pen­sés. «M’exi­ler a été, je crois, le plus grand sa­cri­fice que j’ai fait pour réa­li­ser mes rêves. Mon che­min de vie m’ame­nait ailleurs, à dé­cou­vrir les lu­mières, les paillettes et le bruit de la ville. Étour­dis­sant, suf­fo­cant quand on a l’ha­bi­tude des grands es­paces, de tête-à-tête, seule avec l’ho­ri­zon. Quand on a l’ha­bi­tude d’un ac­cès di­rect au plus grand, au plus lu­mi­neux. Tout ça, dans la cour ar­rière de ses pa­rents […] J’ai juste en­vie de dire mer­ci. J’ai re­trou­vé mon nid. L’exil, les sa­cri­fices en ont va­lu la peine.»

ap­prendre à s’af­fir­mer Dans un billet pu­blié à la mi­no­vembre in­ti­tu­lé La bonne fille, Ju­lie Bé­lan­ger s’ex­pri­mait sur le che­min par­cou­ru vers l’af­fir­ma­tion de soi, qui n’a pas été sans obs­tacles. «J’ai tou­jours vou­lu être une bonne fille. D’aus­si loin que je me sou­vienne, j’ai fait ce qu’on me de­man­dait. J’étu­diais, je ne dé­ran­geais pas en classe, je sou­riais, je fai­sais ce qu’on at­ten­dait de moi. Pour­quoi je fai­sais tout ça? Pour être ai­mée, fort pro­ba­ble­ment. Pour moi, faire le contraire des di­rec­tives, ris­quer

«La ré­bel­lion est ar­ri­vée sur le tard.»

de me faire chi­ca­ner, confron­ter l’au­to­ri­té, rien de tout ça n’était une éven­tua­li­té dans ma tête. Zé­ro re­belle face à l’au­to­ri­té. La ré­bel­lion est ar­ri­vée sur le tard. En fait, dans la tren­taine (mer­ci thé­ra­pie!). Et même si je n’aime pas plus la confron­ta­tion ou mettre mon poing sur la table, même si je dé­teste tou­jours au­tant pro­vo­quer un ma­laise ou de la peine chez l’autre, je me fais un de­voir d’écou­ter ma voix in­té­rieure» , écrit-elle avant de dé­cla­rer qu’il n’est pas tou­jours fa­cile de faire va­loir cette pe­tite voix qui nous parle: «Ça dé­coiffe, ça tord le ventre […] Mal­gré mes connais­sances, mes an­nées de thé­ra­pie, le ré­flexe de la bonne fille n’est ja­mais loin. Mais au lieu de faire ce qu’on at­tend de

moi, j’es­saie de faire ce que j’en­tends en moi. Ce que je res­sens pour vrai. La bonne fille es­saie d’être une femme vraie.»

Lors d’une pré­cé­dente en­tre­vue pour Al­lô Ve­dettes, l’ani­ma­trice, qui dé­voile ses émo­tions sans filtre sur son site Web, af­fir­mait vou­loir mettre de l’avant les bons coups de la vie, mais aus­si les moins bons, ses doutes, ses re­mises en ques­tion, afin de mon­trer un as­pect réa­liste de la vie et d’être la plus vraie pos­sible. «C’est vrai­ment l’ob­jec­tif pre­mier: trai­ter des bons et mau­vais cô­tés de la vie. Ce n’est pas vrai que tout est par­fait et que tout le monde a un par­cours idyl­lique, a-t-elle dé­cla­ré. On a tous des bi­bittes à ré­gler, et plus on en parle, plus on dé­mys­ti­fie, plus on rend ça nor­mal. Et c’est comme ça que ça de­vrait être.» A-t-elle des ré­ti­cences à de­voir mettre de l’avant cer­tains su­jets de sa vie? «Au dé­but, ça me bras­sait plus, car pen­dant long­temps, je pré­fé­rais gar­der beau- coup de trucs pour moi, de peur de dé­plaire et de ne pas être par­faite. Mais plus je m’ex­prime, plus je me sens li­bé­rée. C’est ex­trê­me­ment li­bé­ra­teur de dire: “Voi­ci qui je suis, avec de beaux cô­tés et d’autres qui le sont moins.” Je m’aime comme ça main­te­nant.»

Prendre soin de soi Outre son re­tour à la na­ture avec l’achat de sa nou­velle mai­son, l’ani­ma­trice de Ça fi­nit bien la se­maine tra­vaille pré­sen­te­ment à prendre soin d’elle, avec des pe­tites choses de la vie. «Je sais que le concept de prendre soin de soi est très à la mode en ce mo­ment. Je trouve ça in­té­res­sant, es­sen­tiel sans doute; le seul pro­blème est que je n’ai au­cune idée par quel bout po­gner ça! Vous faites quoi, vous autres, pour prendre soin de vous, vous chou­chou­ter? Je me rends compte que ma liste per­son­nelle sur le su­jet est as­sez li­mi­tée» , écrit-elle dans l’un de ses ré­cents billets. Si, dans sa liste, elle a no­té qu’elle de­vait suivre des cours de pi­lates, bien man­ger, dor­mir, al­ler au res­tau­rant avec son amou­reux, faire un peu de vé­lo, lire un livre ou prendre un bain chaud, elle trouve que ce­la manque d’idées de pro­jets, mis à part le re­nou­vel­le­ment de son kit de pein­ture afin de créer ses toiles quand l’ins­pi­ra­tion lui vien­dra. Et gar­dez un oeil ou­vert sur son site, puisque c’est là qu’elle pu­blie­ra une pho­to de sa pre­mière oeuvre d’art, quand elle la réa­li­se­ra, bien sûr.

Un re­toUr en ar­rière In­vi­tée à Deux filles le ma­tin à l’oc­ca­sion de la 2 000e émis­sion, Ju­lie Bé­lan­ger s’est fait in­ter­vie­wer par Ma­rie-Claude Bar­rette sur ses dé­buts à l’émis­sion. Voi­ci ce qu’elle avait à dire sur cette époque plu­tôt an­gois­sante pour elle: «Quand j’ai com­men­cé, j’avais 30 ans et je n’avais ja­mais fait d’en­tre­vues. J’avais fait des to­pos à su­cré sa­lé ou des ap­pa­ri­tions aux nou­velles qui du­raient deux mi­nutes. Mais des en­tre­vues de 20 mi­nutes, avec Mi­chel Fu­gain par exemple, je n’étais pas prête du tout pour ça. L’ex­pé­rience rentre vite, on n’a pas le choix.» Celle qui en­ta­mait sa tren­taine lors de ses dé­buts à la barre de Deux filles le ma­tin re­con­naît que l’école a été ar­due, mais es­sen­tielle à sa car­rière: «Je ve­nais d’avoir 30 ans, et on me confiait ce man­dat énorme. J’ar­ri­vais donc comme une élève. J’abor­dais ça d’un point de vue sco­laire, comme si j’avais un exa­men du mi­nis­tère chaque jour. J’étu­diais comme une folle, ça n’avait pas de bon sens. Cette émis­sion, c’est la base de mon mé­tier, mais aus­si de la femme que je suis de­ve­nue. J’ai fait des ren­contres sur ce pla­teau qui m’ont trans­for­mée. Par­mi celles-ci, il y a Ge­ne­viève St-Ger­main, puisque c’est grâce à elle que j’ai eu le “dé­clic” pour la thé­ra­pie, sur le fait que je de­vais prendre soin de moi, me dé­cou­vrir. Ça a été le point de dé­part sur plein de choses dans ma vie.»

onze ans de ra­dio, et ça conti­nUe… Cette an­née, Ju­lie Bé­lan­ger en­ta­mait sa 11e an­née de ra­dio. À la barre de Rythme FM, elle connaît la chance qu’elle a de du­rer dans ce qu’on qua­li­fie de «siège éjec­table». «Je suis sur­tout dans la gra­ti­tude et je suis contente

«Je réa­lise un rêve avec cette mai­son.»

d’être là après toutes ces an­nées. Je me rends compte que j’aime pas­sion­né­ment mon mé­tier et que je gran­dis en­core en tant que femme, mais aus­si comme ani­ma­trice. Je trouve ça plai­sant de juste se bo­ni­fier avec les an­nées» , nous a-t-elle ré­vé­lé au lan­ce­ment de Co­ge­co. Celle qui a vé­cu l’an der­nier une an­née de chiffres ronds (20 ans de car­rière, dont 10 ans de ra­dio) es­time que le suc­cès vient avec la chance, mais sur­tout le tra­vail: «J’ai tra­vaillé très, très fort, je suis une tra­vaillante, et de voir que les gens sont là, qu’ils m’ap­pré­cient et qu’ils me disent de conti­nuer, ça fait du bien.»

Ani­mer Deux filles le ma­tin a été très for­ma­teur. Avant de re­ce­voir un in­vi­té, elle éplu­chait son dos­sier de presse.

Ju­lie se consi­dère comme pri­vi­lé­giée d’avoir en­core une place de choix à la ra­dio, mais elle est consciente que ce ne se­rait pas ain­si si elle n’avait pas au­tant tra­vaillé pour y ar­ri­ver.

«M’exi­ler a été, je crois, le plus grand sa­cri­fice que j’ai fait pour réa­li­ser mes rêves.»

Une pe­tite fille ré­ser­vée que le fleuve apai­sait dé­jà.

Ju­lie par­tage gé­né­reu­se­ment des mo­ment de sa vie pri­vée. Voi­ci un beau cli­ché de son pa­pa et elle.

L’ani­ma­trice a mis en ligne cette pho­to. Est-ce la vue qu’elle a de sa cour?

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.