Diane Du­fresne

Allô Vedettes - - SOMMAIRE - Yves Bou­dreau

On ne l’at­ten­dait plus vrai­ment. Onze ans après la sor­tie de son der­nier al­bum, Diane Du­fresne re­vient avec un nou­veau disque, un al­bum pho­tos et des spec­tacles avec trois or­chestres sym­pho­niques.

À 74 ans, la di­va pour­rait très bien se re­po­ser, conti­nuer à peindre (sa grande pas­sion) et pro­fi­ter plei­ne­ment de la vie. Mais cette femme éner­gique a en­core en­vie de se réa­li­ser. Elle a sur­tout le goût de dire des choses et d’al­ler ren­con­trer son pu­blic en lui of­frant des spec­tacles: «Comme je vou­lais re­mon­ter sur scène, il me fal­lait avoir de nou­velles chan­sons. Il y a deux ans, nous nous sommes mis au tra­vail et nous avons re­çu une foule de chan­sons, toutes très belles. Il a fal­lu faire un choix.» Son amou­reux, Ri­chard Lan­ge­vin, nous a ra­con­té que les deux der­nières an­nées furent très oc­cu­pées pour elle: «En plus des chan­sons, il fal­lait trou­ver des mu­si­ciens, une di­rec­tion ar­tis­tique, et Diane vou­lait être en­tou­rée de ce qu’il y a de mieux. Diane, au dé­but, ne vou­lait pas d’al­bum. Elle di­sait que les al­bums ne se ven­daient pas. Elle pré­fé­rait faire un EP de temps en temps avec quatre chan­sons, mais fi­na­le­ment, je l’ai convain­cue de lan­cer un al­bum de 10 chan­sons ori­gi­nales et de vrai­ment mettre le pa­quet. Elle a em­bar­qué dans le pro­jet.»

Sur cet al­bum, Diane Du­fresne aborde les su­jets qui lui tiennent à coeur: l’en­vi­ron­ne­ment ( L’Arche, Ai­mer ce qui nous tue), la vieillesse ( Le temps me fait la peau, Mais vivre), l’amour ( De l’amour fou, Comme un dam­né). «Je te­nais à par­ler d’en­vi­ron­ne­ment dans cet al­bum. J’ai écrit la chan­son L’Arche jus­te­ment pour par­ler des ani­maux qui meurent à cause de nous. J’ai eu un ma­gni­fique ca­deau pour cette chan­son puisque je chante en duo avec une ba­leine. L’ex­plo­ra­teur et en­vi­ron­ne­men­ta­liste Jean Le­mire m’a re­mis une cap­ta­tion des chants d’une ba­leine qu’il a en­re­gis­trés à Ha­waii. Je trouve ça ma­gni­fique. J’ai tou­jours vou­lu chan­ter avec des ani­maux, je rêve de faire un opé­ra avec des ani­maux. Quand j’ai com­men­cé à chan­ter, j’avais un dal­ma­tien, Frank, avec qui je fai­sais des duos. Je me met­tais à chan­ter, et Frank m’ac­com­pa­gnait en chan­tant avec moi, di­telle en écla­tant de rire. Quant à la chan­son Ai­mer ce qui nous tue, son au­teur, Da­niel Bé­lan­ger, m’a té­lé­pho­né pour me dire qu’il me l’of­frait si j’en vou­lais, en in­sis­tant sur le fait que j’étais la pre­mière à qui il la pro­po­sait.»

LA vieiLLesse À 74 ans, Diane Du­fresne est cons­ciente que le temps passe et qu’il lui en reste moins à vivre. Elle est en san­té, mais se rend compte qu’il lui faut gar­der de l’éner­gie pour réa­li­ser tout ce qu’il lui reste à faire. Dans une chan­son comme Le temps me fait la peau, qu’elle a écrite et que Ca­the­rine Ma­jor a mise en mu­sique, elle se voit dans un mi­roir. «De­vant le mi­roir qui me glace/Mon en­fance a per­du ma trace/Je ne suis pas ce que je vois/Je ne vois plus ce que je suis/Le temps me fait la peau» , chante-t-elle. Elle re­con­naît que vieillir n’est pas tou­jours fa­cile: «À 50 ans, on ne pense pas en­core qu’on est vieille. À 60 ans, il nous reste en­core du temps, mais à 70 ans, l’éner­gie n’est plus la même, et il reste de moins en moins de temps. Le corps s’en va, la tête reste heu­reu­se­ment. J’ai en­core une très bonne voix. J’ai dû ce­pen­dant re­tour­ner faire des vo­ca­lises avec mon pro­fes­seur de chant. Je n’ai ja­mais fait de vo­ca­lises de ma vie. J’ai per­du un de­mi-ton

«Je rêve de faire un opé­ra avec des ani­maux.»

ou un ton, mais ma voix est bonne. Il faut sim­ple­ment que je garde de l’éner­gie pour faire ce que j’ai à ac­com­plir.»

L’an pro­chain, à l’au­tomne, Diane Du­fresne mon­te­ra sur scène pour pré­sen­ter cinq spec­tacles: deux à Mon­tréal avec l’Or­chestre sym­pho­nique de Mon­tréal, un à Ot­ta­wa avec l’Or­chestre du Centre na­tio­nal des Arts d’Ot­ta­wa, et deux à Qué­bec avec l’Or­chestre sym­pho­nique de Qué­bec: «Je ne peux pas vous en par­ler parce qu’il n’y a rien de pla­cé. Je sais que je vais faire la plu­part des chan­sons de mon nou­vel al­bum, je vais aus­si chan­ter quel­que­suns de mes grands suc­cès, mais je n’ai pas en­core choi­si les­quels, dit-elle. Ça va être très spé­cial parce que je vais chan­ter avec trois or­chestres sym­pho­niques dif­fé­rents, mais avec le même di­rec­teur, sans vrai­ment faire de ré­pé­ti­tions. Il va fal­loir que je garde de l’éner­gie en ré­serve, je vais vrai­ment en avoir be­soin.»

Diane a en­core plein de pro­jets en tête. En même temps que son disque, elle lan­çait un livre, un al­bum pho­tos de toute sa car­rière, Diane Du­fresne − Au­jourd’hui, hier et pour tou­jours, qu’elle n’avait pas en­core vu: «C’est le livre de mon ma­ri, Ri­chard Lan­ge­vin, pré­cise-t-elle. Je n’aime pas tel­le­ment re­gar­der en ar­rière et je vou­lais lui lais­ser toute la li­ber­té.» Elle conti­nue d’écrire aus­si sa bio­gra­phie sans trop sa­voir quand elle la ter­mi­ne­ra, et elle peint tou­jours.

Avec son conjoint, Ri­chard Lan­ge­vin, éga­le­ment ar­tiste.

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