Rob­by John­son: «Je me sens en­core cou­pable»

Allô Vedettes - - SOMMAIRE - Luc De­non­court

Il y a six ans, la vie de Sylvain Ro­bi­taille, alias Rob­by John­son, chan­geait com­plè­te­ment. Il a ten­té sa chance dans le monde de la mu­sique à Na­sh­ville, et tout a bien fonc­tion­né as­sez ra­pi­de­ment. Il a donc dé­ci­dé de se li­vrer dans une bio­gra­phie, en plus de re­ve­nir au Qué­bec pour chan­ter en fran­çais.

L.D.: Com­ment ar­rive un pro­jet de bio­gra­phie à un si jeune âge? R.J.: «Lorsque je ren­con­trais les gens après les spec­tacles et que je leur ra­con­tais mon his­toire, ils me di­saient que c’était in­croyable. Mal­gré les em­bûches et mon en­fance dif­fi­cile, j’ai ac­com­pli de grandes choses à Na­sh­ville. On me pous­sait à écrire un livre, puis j’avais le goût de par­ta­ger mon his­toire.» Est-ce que l’écri­ture a été thé­ra­peu­tique? «Ça a été très thé­ra­peu­tique de faire un re­tour en ar­rière. Quand on est plus jeune, tout est tou­jours plus gros. J’ai ren­con­tré ma mère, et on a dis­cu­té de choses de mon pas­sé. Je me sou­viens des ef­forts qu’elle a faits. L’ap­proche que j’ai prise est po­si­tive: ça m’a don­né une ré­si­lience, qui fait en sorte que je peux réus­sir à Na­sh­ville.» T’es-tu cen­su­ré pen­dant l’écri­ture des mo­ments plus dif­fi­ciles? «J’ai tout écrit. Dans le dos­sier de mon père, que j’ap­pelle main­te­nant mon gé­ni­teur [ NDLR: Dans son livre, il dé­voile que son père est un agres­seur sexuel], j’avais écrit beau­coup plus de choses. Mais il y a une or­don­nance de non-pu­bli­ca­tion qui me li­mite beau­coup.» Il est rare que les en­fants aient ac­cès à la vie de leur père; as-tu me­né ce pro­jet un peu pour les tiens? «Ils en sa­vaient dé­jà beau­coup. Ça parle d’eux aus­si dans mon livre. Mes en­fants connaissent l’his­toire de mon père et savent qu’il a fait de la pri­son. Ils ne l’ont ja­mais vu et portent le nom de fa­mille de ma conjointe.» De­puis six ans, ta vie a chan­gé lorsque tu as tout quit­té pour Na­sh­ville. Est-ce que ça a été dif­fi­cile par mo­ments? «C’est ex­trê­me­ment dif­fi­cile. Des mil­liers d’ar­tistes s’y rendent en es­pé­rant faire car­rière. N’im­porte qui peut al­ler à Na­sh­ville, louer un studio et en­ga­ger des mu­si­ciens. Pour moi, ça a été dif­fé­rent, puisque je n’avais pas de car­rière ici et que j’ai com­men­cé là-bas. C’est fa­cile de se plan­ter si on s’as­so­cie avec les mau­vaises per­sonnes. L’élé­ment clé a été ma ren­contre avec James Ca­pi­no, de chez So­ny, par l’in­ter­mé­diaire de Jacques Dion, qui s’est im­pli­qué dans le pro­jet. Je me suis ins­tal­lé à Na­sh­ville et j’ai dé­ve­lop­pé mon ré­seau de contacts.» Trouves-tu que c’est une chance que ta fa­mille ait dé­ci­dé d’em­bar­quer dans cette aven­ture? «Je me sens en­core cou­pable. Ma conjointe avait une car­rière in­croyable en né­go­cia­tion de conven­tions col­lec­tives, et elle re­çoit en­core des offres. Elle était au­tant ap­pré­ciée du syn­di­cat que du pa­tro­nat. C’est une com­mu­ni­ca­trice hors pair. Elle a mis ça de cô­té pour que je puisse m’épa­nouir.» Lorsque tu as dé­bu­té en an­glais, était-ce pré­vu que tu al­lais faire un pro­jet en fran­çais? «J’ai d’abord adap­té une chan­son de Garth Brooks en fran­çais et j’en chan­tais un mor­ceau aux État­sU­nis: c’est vrai que je suis fier de mes ra­cines. Mes pre­mières offres en fran­çais sont ve­nues de la France: ils m’ont vu sur YouTube. Pour eux, un cow­boy qui chante en fran­çais à Na­sh­ville, c’était exotique. Par la suite, j’ai ren­con­tré Michel Bé­lan­ger, de chez Au­dio­gram. Il était prêt à at­tendre. Ça a pris du temps avant que le ti­ming soit bon. C’est Gre­go­ry Charles qui m’a in­vi­té au Centre Bell

«L’écri­ture a été très thé­ra­peu­tique.»

et au Ca­pi­tole et qui m’a fait chan­ter en fran­çais. J’ai sen­ti la connexion avec le pu­blic. Au re­tour de mes va­cances, j’ai donc si­gné avec Au­dio­gram.» Com­ment se passe la vie de tour­née avec tes en­fants? «J’ai les meilleurs en­fants pour ça. Ils ont 16 et 10 ans et peuvent pas­ser des heures dans l’au­to à faire leurs de­voirs et à écou­ter de la mu­sique. Ils s’adaptent su­per bien à cette vie-là et aiment pou­voir as­sis­ter à un spec­tacle dans les cou­lisses. Ils font des sa­cri­fices et com­prennent pour­quoi.»

Pour connaître les dates de spec­tacles de Rob­by John­son, vi­si­tez le rob­by-john­son.com.

En com­pa­gnie de ses en­fants.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.