Shar­lène Royer: belle et non tra­di­tion­nelle

Le moins que l’on puisse dire, c’est que Shar­lène Royer s’est tra­cé un che­min bien à elle, de Mon­tréal à Los An­geles. Phare sur cette ac­trice d’ici en­core mé­con­nue.

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On la connaît au Qué­bec pour ses rôles dans, entre autres, Fi­lière 13, C.A., Vir­gi­nie, An­nie et ses hommes, Le 7e Round, Les Bou­gon, et comme cas­ca­deuse dans Bon Cop Bad Cop, Les dan­ge­reux, Lance et compte − Nou­velle gé­né­ra­tion… Or, ce sont ses pa­rents (sa mère est haï­tienne et son père est qué­bé­cois) qui lui ont avant tout in­cul­qué des va­leurs de per­sé­vé­rance et de dé­ter­mi­na­tion qui lui servent en­core au­jourd’hui.

SE BATTRE POUR SA PLACE Elle a com­men­cé comme ac­trice lors­qu’elle était une en­fant. Elle s’est fait dé­cou­vrir à l’école de danse Louise La­pierre par Mu­rielle La­fer­rière, une di­rec­trice de cas­ting à la re­cherche d’en­fants pour une pu­bli­ci­té. Lors­qu’elle est de­ve­nue mère de fa­mille mo­no­pa­ren­tale, Shar­lène s’est re­le­vé les manches. Afin de pou­voir nour­rir ses en­fants, elle a lais­sé ses études en com­mu­ni­ca­tion et est re­tour­née faire ce qu’elle sa­vait faire le mieux: jouer la comédie et faire du man­ne­qui­nat. Elle a dû re­par­tir de zé­ro et ré­ap­prendre l’art de jouer. Le fait qu’elle fasse par­tie d’une com­mu­nau­té eth­nique a été un obs­tacle sup­plé­men­taire pour jouer au Qué­bec, comme elle l’a sou­li­gné: «Je me suis bat­tue sou­vent pour ça.» Elle a cogné à plu­sieurs portes, car elle vou­lait se re­mettre à tra­vailler dans le do­maine. Shar­lène de­vait alors fon­cer pour ga­gner sa vie: «Tu te lèves le ma­tin, pis tu y vas. Le “non” pour moi n’est pas une ré­ponse. Il y a tou­jours une so­lu­tion. J’al­lais alors co­gner à d’autres portes. Chaque ma­tin c’était: “Qu’est-ce que je peux faire pour faire avan­cer ma cause au­jourd’hui?” J’avais une liste. Si on me di­sait, il te manque ce­ci ou ce­la, j’al­lais cher­cher la com­pé­tence. Là est la dé­ter­mi­na­tion. Il faut se concen­trer sur la so­lu­tion, comme ton en­vi­ron­ne­ment et les gens qui sont ca­pables de t’ai­der… Les vrais men­tors aiment ça, des gens dé­ter­mi­nés, et quand tu veux, tu vas tou­jours trou­ver des gens qui vont t’ai­der à avan­cer. Par contre, une bat­tante, ça peut in­ti­mi­der cer­tains hommes, mais ça per­met de faire le tri ( rires)! Mais, sur­tout, je ne vou­lais pas faire par­tie des mères mo­no­pa­ren­tales qui ont de la dif­fi­cul­té à ar­ri­ver. Je vou­lais prou­ver que j’al­lais réus­sir.»

DES DÉ­BUTS AU CI­NÉ­MA Puis, en 1999, lors d’un tour­nage à Mon­tréal, un co­or­don­na­teur amé­ri­cain, Alan Oli­ney, la re­marque pour sa beau­té et son cô­té ra­cé. Il re­garde alors sa feuille de route et trouve in­té­res­santes les ca­pa­ci­tés phy­siques dé­crites. Il lui pro­pose donc de faire des cas­cades aux États-Unis afin de dou­bler Ro­sa­rio Daw­son. Shar­lène au­rait pu re­fu­ser étant don­né qu’elle avait deux en­fants, qu’elle ne par­lait presque pas an­glais et qu’elle n’avait ja­mais fait de cas­cades. Elle a dit oui. Elle s’est alors or­ga­ni­sée, a de­man­dé l’aide de trois gar­diennes et celle de ses pa­rents, puis s’est mise à un en­traî­ne­ment in­ten­sif pen­dant six mois. Ce­lui-ci était com­plè­te­ment dif­fé­rent de ce qu’elle connais­sait. Elle a en­suite pu faire ses pre­mières cas­cades à l’écran. «Je vou­lais réus­sir, mais je ne sa­vais pas où ça al­lait fi­nir. C’est le che­min qui est im­por­tant, pas la des­ti­na­tion.» Shar­lène ne sa­vait pas que l’oc­ca­sion qu’elle ve­nait de sai­sir al­lait chan­ger le cours de sa vie et qu’elle de­vien­drait la dou­blure de Halle Ber­ry dans Kings, X-Men: Days of Fu­ture Past, World of War­craft; celle de Ro­sa­rio Daw­son dans The Ad­ven­tures of Plu­to Nash; celle de Da­nia Ra­mi­rez dans Once Upon a Time; celle de Ri­han­na dans Bates Mo­tel, pour n’en nom­mer que quelques-unes. Elle a aus­si été cas­ca­deuse dans des films tels que Van Hel­sing, Dead­pool 2, et le der­nier, Do­le­mite Is My Name. Shar­lène croit qu’on franchit les

étapes une à la fois et que rien n’est ac­quis: il faut conti­nuer à ap­prendre, à se per­fec­tion­ner, à s’amé­lio­rer et pra­ti­quer, pra­ti­quer, pra­ti­quer: «Il ne faut pas stag­ner, ne pas s’as­seoir sur ses lau­riers.»

PEAU­FI­NER SON ART Afin de pour­suivre dans le monde de la cas­cade, elle a ré­in­ves­ti l’ar­gent qu’elle fai­sait pour par­faire son art pen­dant plu­sieurs an­nées. Elle a sui­vi des cours de com­bat Ka­li, d’arts mar­tiaux, de cho­ré­gra­phie de com­bats − avec et sans arme −, de conduite dan­ge­reuse en au­to­mo­bile, en mo­to­cy­clette et en mo­to­cross, de stunt rig­ging (sus­pen­due à un câble de mé­tal) et de gym­nas­tique afin de sa­voir com­ment tom­ber. Comme elle le dit, il faut vrai­ment sa­voir com­ment tom­ber, car les cos­tumes sexy offrent très peu de pro­tec­tion, ce qui oc­ca­sionne des ec­chy­moses et même par­fois des bles­sures plus im­por­tantes, comme des com­mo­tions cé­ré­brales. Mais ce­la fait par­tie des risques du mé­tier. J’ai de­man­dé à Shar­lène quels conseils elle don­ne­rait à qui veut se rendre jus­qu’à Hol­ly­wood: «Si on peut le rê­ver, on peut le faire. Ne pas écou­ter les gens qui disent que tu ne peux pas.» Louise A. Mer­cier (col­la­bo­ra­trice spé­ciale) Pour écou­ter l’en­tre­vue au com­plet: www.suc­ces­mo­de­de­vie.com

L’ac­trice est de­ve­nue am­bas­sa­drice pour les bottes de tra­vail Royer. De plus, le fon­da­teur, Louis-Phi­lippe Royer, est le frère de son grand-père.

Shar­lène, en com­pa­gnie de Halle Ber­ry lors d’une scène dans X-Men.

Elle a joué dans la sé­rie amé­ri­caine Hit the Floor.

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