Allô Vedettes

Ly­dia Bou­chard: «Je m’en­nuie de dan­ser tous les jours»

- Luc De­non­court

C’est grâce à son rôle de juge à Ré­vo­lu­tion que le grand pu­blic a dé­cou­vert Ly­dia Bou­chard, qui oeuvre dans le monde de la danse de­puis dé­jà plu­sieurs an­nées. Celle qui est dan­seuse, cho­ré­graphe et met­teuse en scène est éga­le­ment au­trice puisque son tout pre­mier ro­man, S’en­vo­ler,

presque vient d’être ré­édi­té.

L.D.: Vous de­vez être fière de voir votre pre­mier ro­man ré­édi­té, n’est-ce-pas?

L.B.: «Oui, c’est une très belle nou­velle, on ne peut pas s’en ca­cher. J’ai ac­cès à une plus grande pla­te­forme pré­sen­te­ment avec Ré­vo­lu­tion, ce qui per­met une ré­édi­tion moins ano­nyme de ce ro­man. On lui a re­fait une beau­té, et je pense qu’il mé­rite d’avoir une chance d’exis­ter.»

Comment est ar­ri­vée l’écri­ture dans votre par­cours?

«Ça s’est fait à tra­vers ma car­rière en danse. J’ai tou­jours ai­mé l’écri­ture et beau­coup écrit. J’ai mis six ans au to­tal pour écrire ce ro­man. Je n’avais pas la pré­ten­tion de vou­loir être pu­bliée, mais c’est du bon­bon que les gens aient eu en­vie de me lire. Je l’ai fait aus­si parce que c’était un geste sans at­tente. Il n’y avait pas d’au­di­tion, et je ne m’at­ten­dais pas à ce qu’on me choi­sisse. C’était moi, le pa­tron, en­fin ( rires). J’ai écrit dans un coin de la loge pen­dant que les en­fants dor­maient. Il y a même un mo­ment où j’ai loué un bu­reau pour écrire de 9 à 5.»

Un livre est quelque chose qui reste dans le temps. Vous êtes une ma­man de trois en­fants; est-ce pré­cieux?

«De ma car­rière en danse, je n’ai pas tel­le­ment d’images, mais ce qui trans­pa­raît dans ce ro­man, ce sont les émo­tions qui m’ont por­tée dans la danse. C’est un ro­man qui est écrit au je, ce qui per­met cette in­cur­sion per­son­nelle. Les en­fants pour­ront voir comment je me suis sen­tie. Tou­te­fois, tout le reste est une fic­tion ab­so­lue.»

Dans votre livre, le per­son­nage de Lou est une dan­seuse qui

tra­verse le pas­sage à la vie adulte. Cette étape a-t-elle été dif­fi­cile pour vous?

«C’est ar­ri­vé très tôt pour moi puis­qu’à 16 ans, dan­ser, c’était mon tra­vail. J’ai ren­con­tré toutes sortes d’em­bûches tout au long de ma car­rière, mais j’ai vé­cu aus­si des choses ab­so­lu­ment ma­gni­fiques, qui sont dif­fi­ciles à éga­ler. C’est comme faire

«Ça m’émeut de voir ma fille sur scène.»

les Olym­piques en dé­but de vie. Il n’est pas évident de re­trou­ver ces sen­sa­tions fortes et cette adré­na­line par la suite.»

Dans son mé­tier, le dan­seur est dé­pen­dant de son corps, et la car­rière est sou­vent courte; estce une chose à la­quelle on pense tout au long de l’aven­ture? «Tou­jours. Lorsque la car­rière se ter­mine, il n’y a pas d’équi­va­lence pour ce mé­tier. On at­ter­rit dans la vie nor­male comme si on ve­nait d’une autre pla­nète et, pour­tant, on a l’équi­valent d’un doc­to­rat en danse, mais ce n’est pas re­con­nu. On ar­rive donc les mains vides. Heu­reu­se­ment, il y a des or­ga­nismes for­mi­dables comme le Centre de res­sources et tran­si­tion pour dan­seurs. Par­fois, la tran­si­tion ar­rive ra­pi­de­ment en rai­son d’une bles­sure, et ça peut créer des si­tua­tions stres­santes sur le plan fi­nan­cier et fa­mi­lial. Ce centre nous per­met de voir un psy­cho­logue, un orien­teur et de re­tour­ner faire des études. Ça reste une grande ré­flexion, car c’est is­su d’une grande pas­sion et ce n’est pas cer­tain qu’on en trou­ve­ra une autre qui nous fasse vi­brer au­tant. J’ai beau­coup de chance avec la tran­si­tion que j’amorce pré­sen­te­ment. Je ne suis pas bles­sée, je pour­rais en­core dan­ser, mais ma car­rière s’est ar­rê­tée parce que l’autre vo­let a pris de l’am­pleur. Je n’ai plus de temps pour l’en­traî­ne­ment, mais je pour­rais faire un re­tour à la danse.»

S’il y avait un pro­jet pour vous comme dan­seuse, est-ce que ça vous ten­te­rait?

«Oui. Il y a plein de cho­ré­graphes pour qui j’ai­me­rais être l’ou­til, s’ils veulent bien de moi ( rires). C’est quelque chose qui m’in­ter­pel­le­rait à condi­tion que le pro­jet soit bon et dans le bon ti­ming. Je m’en­nuie de dan­ser tous les jours.»

Vous avez com­men­cé la danse à 12 ans; sen­tez-vous un in­té­rêt pour la scène chez vos en­fants? «Oui, mais sans plus. Ma fille, Colette, aime beau­coup chan­ter. Elle a par­ti­ci­pé au spec­tacle Dé­cembre. Mon fils, Ar­no, aime le pia­no clas­sique. Il a 14 ans et il s’est in­ves­ti à un très haut ni­veau. J’ad­mire sa dis­ci­pline. Dans la danse, on a la pres­sion des pairs, ce qui nous pousse et nous mo­tive, alors que, lui, il est seul avec son ins­tru­ment. Il a une belle sen­si­bi­li­té.» Qu’avez-vous res­sen­ti en voyant votre fille sur scène?

«Je suis très fière d’elle. Elle le fait sans moi, elle ne veut pas que je la conseille. Je lui laisse ce mo­ment, qui est bien à elle. Elle m’im­pres­sionne beau­coup. Ça m’émeut de la voir sur scène. Je pense aus­si que je suis très cri­tique, mais je la trouve belle, et je suis émue. Ça me stresse aus­si, plus que si je mon­tais sur scène moi-même.» De­puis quelques an­nées, vous faites beau­coup de mise en scène; est-ce plus pra­tique lors­qu’on est une jeune ma­man? «J’ai tou­jours fait beau­coup de tour­nées avec mes en­fants. Billie est toute jeune et elle a dé­jà voya­gé dans quatre pays dif­fé­rents. Ma fa­mille reste ma prio­ri­té. Les tour­nées que je choi­sis de faire sont celles qui res­pectent ma vie fa­mi­liale. Mon amou­reux est aus­si dans le mi­lieu du spec­tacle. Si on nous pro­pose un pro­jet qui se­ra une belle ex­pé­rience pour la fa­mille, nous y al­lons. Les en­fants em­barquent et ils en pro­fitent.

Ils ont voya­gé dans plu­sieurs pays et ren­con­tré toutes sortes d’ar­tistes de cirque. Ce n’est pas plate de gran­dir dans les cou­lisses du Cirque du So­leil ( rires). Lorsque je fais une mise en scène, ils me donnent leur avis. Et ils sont très cri­tiques.»

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 ??  ?? L’été der­nier, Ly­dia et son amou­reux ont pré­sen­té leur fille Billie sur le ta­pis rouge du Cirque du So­leil.
L’été der­nier, Ly­dia et son amou­reux ont pré­sen­té leur fille Billie sur le ta­pis rouge du Cirque du So­leil.
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Ly­dia a ré­cem­ment par­ta­gé une pho­to sou­ve­nir de sa fille aî­née, Colette, et d’elle dans les cou­lisses.
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 ??  ?? Sa grande fille a par­ti­ci­pé au spec­tacle Dé­cembre pen­dant la pé­riode des Fêtes.
Sa grande fille a par­ti­ci­pé au spec­tacle Dé­cembre pen­dant la pé­riode des Fêtes.

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