L’arbre qui ne ca­che­ra pas le fleuve

Vé­gé­ta­li­sa­tion des bandes ri­ve­raines

Avenir PaT - Montréal-Est - - LA UNE - AMÉ­LIE GAMACHE ame­lie.gamache@tc.tc

EN­VI­RON­NE­MENT Suite à une ac­ti­vi­té de re­vé­gé­ta­li­sa­tion des rives du Saint-Laurent, quelques ci­toyens sont mon­tés aux bar­ri­cades, crai­gnant que le coup d’oeil sur le fleuve ne soit obs­trué. Ce ne sont pour­tant que des ar­bustes et des her­ba­cées qui ont été plan­tés, tous de pe­tite taille, et ce dans le but de pré­ser­ver les berges. Pas de fo­rêt en vue !

Le 3 juin der­nier, des membres du Co­mi­té ZIP Jacques-Car­tier et une di­zaine de bé­né­voles ont plan­té une cen­taine d’ar­bustes in­di­gènes sur les rives du fleuve Saint-Laurent bor­dant le parc de l’Hô­tel-de-Ville, à Mon­tréal-Est.

Après l’évènement, des pho­tos ont été par­ta­gées sur les ré­seaux so­ciaux et les or­ga­ni­sa­teurs ont été sur­pris de cer­taines ré­ac­tions qu’elles ont gé­né­rées. Peu nom­breuses, mais acerbes, des in­ter­nautes y évoquent même la « dic­ta­ture », un « geste de ja­lou­sie », et re­prochent le manque de con­sul­ta­tion. Mal­gré des me­naces for­mu­lées d’al­ler ar­ra­cher les plants, ceux-ci sont tou­jours bien en place.

À la suite des com­men­taires, la Ville de Mon­tréal-Est a éga­le­ment ré­agi, et a te­nu à pré­ci­ser sur sa page Fa­ce­book que seule­ment des her­ba­cées et des ar­bustes, « et non des arbres », avaient été plan­tés sur les berges.

Les or­ga­ni­sa­teurs se veulent ras­su­rants : les fram­boi­siers sau­vages, aulnes cris­pés et ru­gueux, ro­siers de Ca­ro­line, spi­rées à larges feuilles et aro­nies noires ont été choi­sis «entre autres parce que la taille à ma­tu­ri­té ne ca­che­ra pas la vue », sou­tient Ariane Mar­chand, char­gée de pro­jet au Co­mi­té ZIP Jacques-Car­tier. De plus, un large cor­ri­dor vi­suel a été lais­sé afin de dé­ga­ger le pay­sage le plus pos­sible.

LES BIEN­FAITS DE LA VÉ­GÉ­TA­LI­SA­TION

D’après la bio­lo­giste, la re­vé­gé­ta­li­sa­tion des bandes ri­ve­raines est né­ces­saire : « D’abord, les ar­bustes créent de l’om­brage, ce qui garde l’eau plus fraîche. Ils offrent aus­si des ha­bi­tats, de la nour­ri­ture et un abri à la flore et la faune sur place, entre autres les gre­nouille et les tor­tues. »

«par

La san­té du Saint-Laurent passe des bandes ri­ve­raines vé­gé­ta­li­sées et en bonne condi­tion. Des ac­ti­vi­tés de plan­ta­tion en rive sont im­por­tantes. Nous es­pé­rons pou­voir ré­pé­ter cette ac­ti­vi­té l’an pro­chain »

Syl­vie Bi­beau, di­rec­trice gé­né­rale du Co­mi­té ZIP Jacques-Car­tier.

Ariane Mar­chand sou­ligne éga­le­ment que la vé­gé­ta­tion de bande riveraine filtre l’eau de pluie, et capte plu­sieurs des sé­di­ments et des nu­tri­ments qui se di­rigent vers le lac par ruis­sel­le­ment. « Le dé­ve­lop­pe­ment des algues et des plantes aqua­tiques qui peuvent être no­cives si en trop grande quan­ti­té est ain­si li­mi­té ».

La pré­sence de ces ar­bustes sta­bi­lise éga­le­ment les rives elles-mêmes, en ré­dui­sant les risques de glis­se­ments de ter­rain et en pré­ve­nant l’éro­sion des berges, un pro­blème al­lant en s’ag­gra­vant avec les an­nées à Mon­tréal-Est.

Des fonc­tions es­sen­tielles, as­su­rées à quelques pieds du sol. Sans blo­quer la vue.

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