GRAND-PA­RENT: UN RÔLE À NE PAS NÉ­GLI­GER

COMME ON EST GRAND-PA­RENT PEN­DANT 20 ANS EN MOYENNE, AUS­SI BIEN EN ÊTRE UN BON! VOI­CI QUELQUES PISTES POUR Y AR­RI­VER.

Coup de Pouce - - SOMMAIRE - Par Isa­belle Ber­ge­ron

Au Qué­bec, 78 % des grands-pa­rents jugent qu’ils font par­tie de la vie de leurs pe­tits-en­fants. Que ce soit en les gar­dant, en les ac­com­pa­gnant lors d’ac­ti­vi­tés sco­laires ou en­core au mo­ment des va­cances an­nuelles. C’est en tout cas ce que mon­trait un son­dage réa­li­sé en 2015, par la mai­son Crop.

«Je crois que la pré­sence des grand­spa­rents est en­core plus grande qu’avant, et c’est tant mieux», es­time la psy­cho­logue Na­tha­lie Pa­rent, au­teure de Pour grand­spa­rents seule­ment! (Qué­bec-Livres, 2013). No­tam­ment parce que, gé­né­ra­le­ment, les deux pa­rents tra­vaillent et que les agen­das fa­mi­liaux sont sou­vent bien char­gés.

Autre grand chan­ge­ment que l’on ne peut igno­rer, se­lon elle: à une époque pas si loin­taine, la plu­part des grands-pa­rents avaient de nom­breux pe­tits-en­fants. «Au­jourd’hui, ce sont les pe­tits-en­fants qui ont plu­sieurs grands-pa­rents!», constate la psy­cho­logue. »»

«Le rôle des grands-pa­rents n’est pas d’édu­quer, mais d’ai­mer, de gâ­ter et de sou­te­nir leurs pe­tits-en­fants.»

C’est en ef­fet le cas dans plu­sieurs fa­milles re­com­po­sées par exemple, lorsque les liens avec les «ex-grands-pa­rents» sont pré­ser­vés. Ce qui est une ex­cel­lente chose d’ailleurs si, bien sûr, les rap­ports sont bons. En ef­fet, une étude me­née par des cher­cheurs de l’Uni­ver­si­té d’Ox­ford en 2008, au­près de 1500 en­fants, a mon­tré que la pré­sence ac­tive des grand­spa­rents au­près de leurs pe­tits-en­fants ré­dui­sait sou­vent les pro­blèmes de com­por­te­ment et les troubles émo­tion­nels, sur­tout chez les ados vi­vant dans des fa­milles sé­pa­rées ou di­vor­cées. En somme, les grands-pa­rents as­su­re­raient une cer­taine sta­bi­li­té.

Une di­mi­nu­tion de symp­tômes dé­pres­sifs, de risques d’alz­hei­mer, une meilleure san­té cog­ni­tive et émo­tion­nelle... tout ce­la, et plus en­core, dé­coule d’une bonne re­la­tion entre grands-pa­rents, pe­tits-en­fants et, bien sûr, pa­rents. Com­ment pré­ser­ver un tel rap­port? Pour Mo­nic Avoine, vice-pré­si­dente de l’As­so­cia­tion des grands-pa­rents du Qué­bec, elle-même grand-ma­man, «le rôle des grands-pa­rents n’est pas d’édu­quer, mais d’ai­mer, de gâ­ter et de sou­te­nir leurs pe­tits-en­fants. Les grands-pa­rents sont sou­vent aus­si les pas­seurs de l’his­toire fa­mi­liale, un as­pect im­por­tant de leur rôle.»

«Pour que ça marche, les pa­rents et les grands-pa­rents doivent connaître les at­tentes de cha­cun et s’en­tendre sur leur rôle», sou­ligne Na­tha­lie Pa­rent. Qu’est-ce que les pa­rents at­tendent de leurs propres pa­rents, et vice ver­sa? Il faut aus­si com­prendre que les grand­spa­rents, aus­si heu­reux soient-ils de pas­ser du temps avec leurs pe­tits-en­fants, ne sont pas une res­source in­épui­sable. «Mais sou­vent, ils n’osent pas dire non, et ce, même s’ils sont fa­ti­gués ou qu’ils avaient pré­vu autre chose», ajoute Mo­nic Avoine.

Car s’il a été prou­vé plus d’une fois que la pré­sence des grands-pa­rents au­près de leurs pe­tits-en­fants a des ef­fets très po­si­tifs, chaque fa­mille trou­ve­ra son propre point d’équi­libre quant à la quan­ti­té de ce temps par­ta­gé. Tous les scé­na­rios fonc­tionnent à con­di­tion qu’ils conviennent à tout le monde. «Au­tant les grands-pa­rents doivent évi­ter de s’im­po­ser, voire de s’in­gé­rer dans la vie des pa­rents, au­tant les pa­rents doivent res­pec­ter les ca­pa­ci­tés et les en­vies des grands-pa­rents… et mon­trer de la re­con­nais­sance à leur égard. «J’en­tends sou­vent des aî­nés se plaindre de ne ja­mais re­ce­voir de mer­ci lorsqu’ils s’oc­cupent des pe­tits-en­fants, dit Mo­nic Avoine. Même s’ils le font avec plai­sir, ils n’aiment pas que leur aide soit te­nue pour ac­quise.»

Le lien tout spé­cial qu’il y a entre grand­spa­rents et pe­tits-en­fants vient aus­si sou­vent du fait que chez papi et ma­mie, les choses ne se passent pas tou­jours exac­te­ment comme à la mai­son. Et c’est tant mieux. «Je connais une grand-ma­man qui sert par­fois du spa­ghet­ti en guise de dé­jeu­ner, ra­conte Mo­nic Avoine. Pour les en­fants, c’est quelque chose qui sort de l’or­di­naire. C’est la fête!» Se­lon Mme Avoine, si les grands-pa­rents doivent te­nir compte des règles éta­blies par les pa­rents en ce qui a trait à l’édu­ca­tion de leurs en­fants, elle croit en re­vanche que les pa­rents ne doivent pas se mon­trer trop stricts et im­po­ser trop de restrictions aux grands-pa­rents. «Ils doivent ac­cep­ter que lorsque leurs en­fants sont chez grand­ma­man et grand-pa­pa, la rou­tine va être un peu dif­fé­rente et que c’est cor­rect comme ça.»

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