Coup de Pouce

EN­TRE­TE­NIR LA PE­LOUSE L’ÉTÉ

- Par Lar­ry Hodg­son Gardening · Hobbies

LA PE­LOUSE, QU’ELLE SOIT COM­PO­SÉE DE GRAMINÉES, DE TRÈFLE OU DE THYM, EST À SON APO­GÉE AU PRIN­TEMPS ET À L’AU­TOMNE, LORSQUE LE TEMPS EST FRAIS ET PLUVIEUX. À L’AR­RI­VÉE DE L’ÉTÉ, LA CHA­LEUR ET LE TEMPS SEC LA METTENT À RUDE ÉPREUVE. MAIS IL SUF­FIT DE LUI PRODIGUER UN PEU D’AT­TEN­TION ET DE PO­SER LES BONS GESTES POUR LA PRÉ­SER­VER. VOI­CI COM­MENT!

Ton­dez haut

Tondre une pe­louse très court, soit 3 à 5 cm de hau­teur, ré­duit sa vi­gueur puisque le so­leil pé­nètre jus­qu’aux racines et les brûle au pas­sage, ré­chauffe le sol et aug­mente l’éva­po­ra­tion. Pour évi­ter les dom­mages que ce­la peut cau­ser, il faut lais­ser le ga­zon pous­ser

jus­qu’à 11 ou 12 cm de hau­teur, puis ré­gler sa ton­deuse pour une coupe à 7,5 cm (3 po). Ain­si, les racines res­te­ront à l’ombre et ne brû­le­ront pas. Il peut fal­loir tondre une fois par se­maine au dé­but de l’été, voire tous les cinq jours, mais quand ar­rive la cha­leur, la crois­sance du ga­zon ra­len­tit et il y a ra­re­ment be­soin de tondre plus d’une fois toutes les deux se­maines.

Une lame cou­pante pour une pe­louse plus verte

Un bon truc pour une pe­louse en bonne san­té est d’ai­gui­ser ou de faire ai­gui­ser an­nuel­le­ment la lame de votre ton­deuse. Ain­si, elle cou­pe­ra net les feuilles de graminées, sans lais­ser de ci­ca­trice vi­sible. À l’op­po­sé, une lame émous­sée dé­chi­re­ra les feuilles en les cou­pant, fai­sant bru­nir leur ex­tré­mi­té et don­nant une cou­leur vert gri­sâtre à la pe­louse dans son en­semble.

Pas d’en­grais au coeur de l’été

Il est évident que, pour avoir une pe­louse luxu­riante, il faut la fer­ti­li­ser. Mais sa­viez-vous que l’été n’est pas le bon mo­ment pour ap­pli­quer de l’en­grais? En ef­fet, puisque sa crois­sance ra­len­tit sous l’ef­fet de la cha­leur et de la sé­che­resse, la pe­louse n’est pas ca­pable de bien

ab­sor­ber les mi­né­raux qu’on lui donne. Non seule­ment il est in­utile de fer­ti­li­ser pen­dant la sai­son chaude, mais ce­la risque aus­si de brû­ler les racines, pro­vo­quant le jau­nis­se­ment de la pe­louse. Ap­pli­quez plu­tôt un en­grais à ga­zon à dé­ga­ge­ment lent en mai ou au plus tard à la mi-juin, mais ja­mais en juillet ou au dé­but d’août. /// Dans la plu­part des cas, une ap­pli­ca­tion unique d’en­grais au prin­temps, com­bi­née avec l’her­bi­cy­clage du­rant l’été, suf­fi­ra pour ob­te­nir une pe­louse en ex­cellent état. Si vous ju­gez que votre pe­louse n’est pas aus­si verte qu’elle de­vrait l’être, vous pou­vez faire une deuxième ap­pli­ca­tion d’en­grais à la fin de l’été (fin d’août ou dé­but de sep­tembre), quand les tem­pé­ra­tures com­mencent à des­cendre.

Sa­chez en­fin que, même si les fa­bri­cants pro­posent des en­grais d’au­tomne pour la pe­louse, ce­lui que vous avez ap­pli­qué au prin­temps peut par­fai­te­ment être réuti­li­sé pour une fer­ti­li­sa­tion au­tom­nale. »»

Les vers blancs

Les vers blancs sont les larves de han­ne­tons et de sca­ra­bées qui vivent dans le sol sous la pe­louse, se nour­ris­sant de ses racines. En pe­tit nombre, ils ne causent pas de dom­mages no­tables, mais en nombre im­por­tant, ils font jau­nir le ga­zon. Sou­vent, c’est la présence de mouf­fettes ou de ra­tons la­veurs creu­sant des trous à la re­cherche des larves do­dues qui si­gnale le pro­blème. Si­non, es­sayez de ti­rer sur le ga­zon jau­nis­sant; si une plaque s’en­lève fa­ci­le­ment, c’est signe que les vers blancs sont à l’oeuvre. D’ailleurs, si vous creu­sez un peu dans le sol, vous de­vriez en voir. C’est dans les sols sa­blon­neux que les vers blancs causent les pires dé­gâts.

/// Par contre, si vous en­tre­te­nez votre pe­louse conve­na­ble­ment, avec des ar­ro­sages ré­gu­liers et en pro­fon­deur, une fer­ti­li­sa­tion ap­pro­priée et une tonte re­la­ti­ve­ment haute, votre pe­louse se­ra en san­té et pour­rait mieux ré­sis­ter à leurs dom­mages. En­fin, n’éclai­rez pas le ga­zon la nuit en juin et en juillet, pé­riode pen­dant la­quelle les han­ne­tons et les sca­ra­bées viennent pondre, car la lu­mière les at­tire. /// Jus­qu’à ré­cem­ment, le prin­ci­pal trai­te­ment pour le contrôle des vers blancs était l’ap­pli­ca­tion de né­ma­todes pa­ra­sites spé­ci­fiques aux vers blancs. Si ce trai­te­ment est tou­jours va­lable, on voit ra­re­ment d’amé­lio­ra­tion avant la deuxième an­née.

/// Un nou­veau pro­duit bio­lo­gique, une bac­té­rie ap­pe­lée Ba­cil­lus thu­rin­gien­sis gal­le­riae ou BTG et ven­due sous les marques de com­merce Grub B Gon Max et GrubGONE!, se­rait plus ef­fi­cace et don­ne­rait des ré­sul­tats plus ra­pi­de­ment. Autre avan­tage: il est pos­sible de faire le trai­te­ment en toute sai­son, du prin­temps à la fin de l’au­tomne. Ap­pli­quez-le tout sim­ple­ment avec un épan­deur, comme vous le fe­riez pour un en­grais à ga­zon, puis ar­ro­sez bien. Vous de­vriez voir des ré­sul­tats à l’in­té­rieur de quelques se­maines.

Vous avez dit sor­cière?

Vers le mi­lieu de l’été, on voit par­fois ap­pa­raître un cu­rieux phé­no­mène: un cercle de cham­pi­gnons res­sort de la pe­louse, sou­vent du jour au len­de­main. On ap­pelle cette for­ma­tion rond de sor­cière ou cercle de fées. Cette ap­pel­la­tion vient d’une loin­taine époque où les gens su­per­sti­tieux croyaient que des sor­cières ou des fées y te­naient des danses dia­bo­liques par une nuit de pleine lune. Ce my­cé­lium an­nu­laire, comme on l’ap­pelle scien­ti­fi­que­ment, est un phé­no­mène na­tu­rel dû à la présence de my­cé­lium (ap­pa­reil vé­gé­ta­tif d’un cham­pi­gnon éta­bli de longue date). Si vous creu­sez dans le cercle, vous ver­rez la présence de fi­la­ments blancs dans le sol: c’est le my­cé­lium. Les cham­pi­gnons blancs ou bruns qui res­sortent en rond tout au­tour sont en fait les corps fruc­ti­fiants (por­teurs de spores) du my­cé­lium. Plus de 60 es­pèces de cham­pi­gnons peuvent créer un tel rond.

/// Sou­vent, la pe­louse dans le rond est plus verte que le reste du ga­zon, car le cham­pi­gnon li­bère de l’azote qui sti­mule la crois­sance des graminées. Par contre, si votre pe­louse est bien fer­ti­li­sée — elle ne manque donc pas d’azote — et que vous ar­ro­sez en pé­riode de sé­che­resse, le ga­zon se­ra de la même cou­leur par­tout. D’ailleurs, une fer­ti­li­sa­tion ré­gu­lière est le seul trai­te­ment qui vaille, car il est très dif­fi­cile d’éli­mi­ner ce type de cham­pi­gnon, si­non d’en­le­ver et de rem­pla­cer toute la terre dans et au­tour du rond à une pro­fon­deur de 30 cm, une tâche gi­gan­tesque.

/// Que faire alors? Fau­chez tout sim­ple­ment les corps fruc­ti­fiants s’ils vous dé­rangent, avec la ton­deuse ou en les fai­sant tom­ber avec votre pied. Très ra­pi­de­ment, le ga­zon re­pren­dra sa place.

/// Vous pou­vez éga­le­ment cueillir les cham­pi­gnons, car cer­tains sont co­mes­tibles. Ce­la dit, ne man­gez ja­mais un cham­pi­gnon avant de vé­ri­fier sa co­mes­ti­bi­li­té. Un cercle de my­co­logues lo­cal (comme my­co­mont­réal.qc.ca) pour­rait vous y ai­der.

/// Un tel rond peut per­du­rer des an­nées, gran­dis­sant pour at­teindre voire dé­pas­ser les 10 m de dia­mètre. Il vaut donc mieux ap­prendre à l’ac­cep­ter comme un cu­rieux phé­no­mène de la na­ture!

Et voi­là! Avec un peu d’at­ten­tion et re­la­ti­ve­ment peu d’ef­forts, vous

l’été.• pou­vez fa­ci­le­ment avoir un ga­zon su­perbe tout au long de

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 ??  ?? Thym ser­po­let (Thy­mus ser­pyl­lum) en haut et trèfle blanc (Tri­fo­lium re­pens) en bas.
Thym ser­po­let (Thy­mus ser­pyl­lum) en haut et trèfle blanc (Tri­fo­lium re­pens) en bas.
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