Ro­dley Pitt: un par­cours im­pro­bable

RO­DLEY PITT N’AVAIT PAS EN­CORE OB­TE­NU SON DI­PLÔME DE L’ÉCOLE NA­TIO­NALE DE THÉÂTRE QUAND IL A DÉ­CRO­CHÉ LE RÔLE DE DE­VIN, LE CO­LOC ET MEILLEUR AMI D’HU­BERT DANS HU­BERT ET FAN­NY. DE­PUIS QU’IL A GRA­DUÉ, L’AN DER­NIER, TOUT LUI SOU­RIT. DIRE QUE LE JEUNE HOMME N

Échos vedettes - - SOM­MAIRE - MA­RIE-CLAUDE DOYLE

Im­pos­sible de ne pas tom­ber sous le charme de la bouille sym­pa­thique de Ro­dley Pitt à la pre­mière ren­contre! Na­tif de Mon­tréal, le jeune homme de 25 ans a pas­sé une bonne par­tie de sa vie dans le Sud- Ouest avec sa mère. C’est à celle- ci qu’il doit son nom de Pitt, qui est d’ori­gine ir­lan­daise. Son père, lui, est haï­tien. Ses pa­rents étant sé­pa­rés, il a beau­coup de de­mi­frères et de de­mi- soeurs, qu’il consi­dère comme ses frères et soeurs. En tout, ils sont neuf, et Ro­dley est le deuxième. « Je vieillis­sais plus vite que les autres parce que j’avais tel­le­ment de res­pon­sa­bi­li­tés avec ma mère! À huit ans, je l’ai­dais à chan­ger les couches de mes frères et soeurs. J’étais un en­fant sage et as­sez bon à l’école.»

UN CONCOURS DE CIR­CONS­TANCES

Au se­con­daire, alors qu’il était un grand ti­mide, Ro­dley Pitt s’est re­trou­vé, par un concours de cir­cons­tances, dans un cours d’art dra­ma­tique au lieu d’un cours d’arts plas­tiques; c’est ain­si qu’il a dé­cou­vert le jeu. Il a pour­sui­vi ses études au cé­gep en théâtre, dans le pro­gramme arts et lettres. Par la suite, bien qu’en­cou­ra­gé par des pro­fes­seurs à pas­ser les au­di­tions des écoles de théâtre, il a plu­tôt don­né la ré­plique à des jeunes qui au­di­tion­naient. « Je di­sais tout le temps que je ne fe­rais pas mes au­di­tions. Je me sou­viens que j’avais été “ré­plique” pour quel­qu’un qui au­di­tion­nait à l’École na­tio­nale de théâtre, et De­nise Guil­bault, qui était la di­rec­trice à l’époque, m’avait de­man­dé si je faisais les au­di­tions. Je lui avais ré­pon­du que non et elle m’avait dit: “Cha­cun son tour!” Ça m’a trot­té dans la tête. J’ai fait les au­di­tions l’an­née d’après et j’ai été ac­cep­té.»

JU­ME­LER ÉCOLE ET JEU

Pen­dant ses an­nées à l’École na­tio­nale de théâtre, où il a gra­dué en 2017, Ro­dley Pitt a ob­te­nu des pe­tits rôles, no­tam­ment dans Lâ­cher prise, Trop et Bon Cop Bad Cop 2. Comme les tour­nages se dé­rou­laient l’été, ça n’en­trait pas en conflit avec sa sco­la­ri­té. Ç’a été plu­tôt dif­fé­rent pour le rôle qu’il a dé­cro­ché dans Hu­bert et Fan­ny en fé­vrier 2017, puis­qu’il lui res­tait quelques mois avant de ter­mi­ner sa for­ma­tion en théâtre. «Tout est ar­ri­vé en même temps: mon agence ar­tis­tique est ve­nue me re­cru­ter, le rôle dans Hu­bert et Fan­ny m’a été pro­po­sé, et j’ai fait l’au­di­tion pour la pro­duc­tion théâ­trale du Théâtre La Rou­lotte, car les fi­nis­sants de l’École na­tio­nale et du Conser­va­toire peuvent en faire par­tie. J’ai eu le rôle, mais j’ai dû le re­fu­ser à cause d’Hu­bert et Fan­ny. Ç’a été un dé­chi­re­ment parce que j’avais pas­sé quatre ans à me dire que j’al­lais jouer dans ce spec­tacle et, là, j’avais le rôle, mais je de­vais dire non. Puis, il y a aus­si eu mon dé­mé­na­ge­ment en co­lo­ca­tion parce que l’ap­par­te­ment où on res­tait était trop pe­tit.»

Néan­moins, c’est un beau ca­deau qu’il a eu que ce­lui du per­son­nage de De­vin, le co­loc et meilleur ami d’Hu­bert et aus­si le confident des pa­rents de ce der­nier, qui est aus­si dé­peint comme un hy­po­con­driaque. Tout comme De­vin, l’ac­teur dit avoir un pe­tit cô­té geek et hy­po­con­driaque.

CU­BA L’INS­PIRE

Cet été, on le ver­ra aux cô­tés de Pier­reA­lexandre For­tin, Anne Ca­sa­bonne, Syl­vie Pot­vin et De­nis Houle dans la pièce For­fait tout in­clus au Théâtre des Hi­ron­delles. Drôle de coïn­ci­dence: il re­ve­nait d’un voyage à Cu­ba quand on lui a pro­po­sé d’au­di­tion­ner pour le rôle d’un G.O. à Cu­ba dans la pièce. «Ha­bi­tuel­le­ment, j’ai de la dif­fi­cul­té à de­voir jouer l’im­mi­grant de ser­vice. Ça ne me dé­range pas de jouer un Noir avec un ac­cent africain, mais je ne veux pas tom­ber dans les cli­chés non plus. Là, je me suis dit que je n’étais pas un La­ti­no, mais que je pou­vais pas­ser pour un La­ti­no, et que j’al­lais m’as­su­rer de bien faire mon tra­vail pour bien re­pré­sen­ter ces gens­là. Je m’ins­pire de ce que j’ai vu quand je suis al­lé à Cu­ba.»

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