Do­nal­da 2018, un vent de fraî­cheur

Échos vedettes - - TÉLÉVISION -

La sé­rie Les pays d’en haut est la preuve que le Qué­bec n’a rien à en­vier au reste du monde, en par­ti­cu­lier en ma­tière de sé­ries té­lé­vi­suelles. La dis­tri­bu­tion est ex­cel­lente, les images sont ma­gni­fiques, l’his­toire est in­té­res­sante et sou­te­nue et la réa­li­sa­tion, à la hau­teur de l’oeuvre. Je suis de la gé­né­ra­tion qui a gran­di avec la té­lé des an­nées 1950-1960 au Qué­bec. J’ai donc connu les sé­ries qui cap­ti­vaient toute la pro­vince de l’époque: Les Plouffe, Le Sur­ve­nant et, bien sûr, Les belles his­toires des pays d’en

haut. La fa­mille Plouffe a dé­jà eu son heure de gloire au cinéma grâce à la sé­rie de films réa­li­sée par De­nys Ar­cand, le Sur­ve­nant aus­si. Mais c’est la pre­mière fois qu’on s’at­taque à l’oeuvre de Claude-Hen­ri Gri­gnon de cette fa­çon, c’es­tà- dire en té­lé­sé­rie avec des moyens dignes d’une pro­duc­tion ci­né­ma­to­gra­phique. Une belle fa­çon de re­vi­si­ter cette oeuvre qui a tant mar­qué ma gé­né­ra­tion et celle de mes pa­rents.

En plus de cette nou­velle mou­ture, on a aus­si droit à l’ori­gi­nale sur ICI ARTV et, croyez-le ou non, même si la nou­velle ver­sion est gé­niale, ça ne m’em­pêche pas de conti­nuer à re­gar­der l’an­cienne. Elle me ra­mène en en­fance, en par­ti­cu­lier quand j’en­tends le thème mu­si­cal Pe­tit

ada­gio d’Alexandre Gla­zou­nov; j’ai sou­dai­ne­ment 12 ans et je vole au- des­sus des ma­gni­fiques pay­sages des Lau­ren­tides au Qué­bec. Les per­son­nages de cette oeuvre sont tous plus grands que na­ture. On n’a qu’à pen­ser au cu­ré La­belle qui a réel­le­ment exis­té, in­ter­pré­té ma­gni­fi­que­ment dans le temps par Paul Des­mar­teaux, un co­mique de va­rié­tés des an­nées 1950, conver­ti en ac­teur cré­dible, un pied de nez à l’in­tel­li­gent­sia de l’époque. Dans sa nou­velle ver­sion, c’est Antoine Ber­trand qui en ra­joute. Son jeu est ex­cep­tion­nel dans cette sé­rie. Sé­ra­phin Pou­drier, joué par l’in­imi­table Jean-Pierre Mas­son de 1956 à 1970, puis sou­te­nu, ma­gis­tra­le­ment au­jourd’hui, par Vincent Le­clerc, est tout à fait à la hau­teur.

J’ai ra­re­ment vu une dis­tri­bu­tion aus­si juste: Ma­rio Jean, Ju­lie LeB­re­ton, Paul Dou­cet, même le jeune An­dré Kas­per en Sif­fleux est ex­cellent; Ro­ger Lé­ger, le doc­teur, son fils Jé­rôme, in­car­né par Alexis Le­febvre, ils tous sont wow! Puis je m’ar­rête sur Sa­rah-Jeanne La­brosse, Do­nal­da à l’époque. On di­sait «la pauvre Do­nal­da»… Plus main­te­nant. Au­jourd’hui on dit «la brave Do­nal­da». En plus d’être jo­lie, la co­mé­dienne joue de fa­çon juste; elle ap­pa­raît dans l’uni­vers té­lé­vi­suel comme un vent de fraî­cheur, comme si une autre gé­né­ra­tion d’ac­teurs et d’ac­trices s’ap­prê­tait à s’ins­tal­ler pour res­ter. J’aime cette jeune co­mé­dienne, sûre d’elle, in­tel­li­gente et ef­fi­cace dans ses choix de car­rière. Sa dé­ci­sion de ne pas ani­mer l’émis­sion Ré­vo­lu­tion à TVA, le confirme. Elle pré­fère n’en être que l’égé­rie; elle ac­com­pagne et re­cueille les confi­dences des dan­seurs plu­tôt que de prendre sur elle toute la pres­sion d’une nou­velle émis­sion de té­lé; c’est pru­dent!

Ça fait du bien de voir qu’il y a de la relève à la té­lé… Il y en a, il y en a eu et il y en au­ra tou­jours, mal­gré les pes­si­mistes ré­cur­rents. L’art, ce n’est pas une mine d’or que l’on pille; c’est plu­tôt un état d’es­prit que l’on nour­rit! Il y au­ra tou­jours des Sa­rah-Jeanne La­brosse pour nous le rap­pe­ler tant et aus­si long­temps qu’il y au­ra des pro­jec­teurs pour les éclai­rer, au grand bon­heur d’un pu­blic qui en re­de­mande conti­nuel­le­ment.

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