Phi­lippe Brach: un Bleuet lâ­ché lousse

ON PEUT SOR­TIR UN BLEUET DU SAGUENAY, MAIS NON L’INVERSE. PAS PEU FIER DE SON CHI­COU­TI­MI NATAL, PHIILIPPE BRACH EST L’UN DES INSTIGATEU­RS DE LA NOCE, UN FES­TI­VAL AUS­SI COLORÉ QUE SON COORGANISA­TEUR. ET TANDIS QU’IL AMORCE UNE IM­POR­TANTE TOUR­NÉE DE SPECTAC

Échos vedettes - - SOMMAIRE - JEAN- FRANÇOIS BRASSARD

Un es­prit libre. Un drôle de zig ter­ri­ble­ment at­ta­chant. Un gars fa­cile d’ap­proche et convi­vial comme n’im­porte quel Sa­gue­néen qui se res­pecte. À l’oc­ca­sion du dé­voi­le­ment de la pro­gram­ma­tion du Fes­ti­val en chan­son de Pe­ti­teVal­lée, Louis-Jean Cor­mier nous avait mis sur sa piste. Ses pa­roles tra­dui­saient l’im­mense res­pect qu’il lui voue. « J’ai an­non­cé que je par­tais en sab­ba­tique, mais je fais une seule ex­cep­tion, et c’est pour Brach. Kark­wa va se réunir ex­cep­tion­nel­le­ment pour par­ti­ci­per à La noce, à Chi­cou­ti­mi. C’est notre fa­çon de lui don­ner un coup de pouce.» Et un gros! Phi­lippe leur en est re­con­nais­sant: «Les gars de Kark­wa ont vrai­ment été fins avec nous. Ils ont dit non à tout le monde. Quand je les ai ap­pe­lés, ils ont dit oui, en plus de nous pro­mettre l’ex­clu­si­vi­té. C’est une fleur in­es­ti­mable qu’ils nous ont faite.»

ET LA NOCE, C’EST QUOI?

C’est un fes­ti­val qui se dé­rou­le­ra du 5 au 7 juillet à Chi­cou­ti­mi. «La zone por­tuaire est un site ma­gni­fique, mais il n’a ja­mais été mis en va­leur. Il y avait deux ou trois shows par été, ja­mais plus. Pour­tant, les in­fra­struc­tures sont là!»

Brach et deux autres Sa­gue­néens d’ori­gine sont les instigateu­rs de cet évé­ne­ment. « On vou­lait dy­na­mi­ser la ré­gion parce que la culture y est ef­fer­ves­cente. Mais elle n’est pas né­ces­sai­re­ment re­pré­sen­tée dans les lieux de dif­fu­sion. Gé­né­ra­le­ment, les salles sont trop grandes pour les jeunes ar­tistes.»

L’in­ten­tion pre­mière était d’at­ti­rer les fes­ti­va­liers de l’ex­té­rieur de la ré­gion. On a tou­ché la cible. « On a quelques gros noms, his­toire d’at­ti­rer l’at­ten­tion.» Outre Kark­wa, il nomme Fred For­tin, Mo­nonc’ Serge, Ga­laxie, Ala­clair En­semble, Hu­bert Le­noir... On donne une place de choix aux ar­tistes lo­caux et on a même un vo­let internatio­nal. Ain­si, cette an­née, Chi­cou­ti­mi ac­cueille­ra un groupe de Tur­quie! «On a un par­te­na­riat avec le Fes­ti­val d’été de Qué­bec qui nous per­met d’in­vi­ter des ar­tistes de l’ex­té­rieur à moindre coût.»

La noce a un cô­té ar­ti­sa­nal et bon en­fant qui contri­bue à son charme. Tout ça dans le but d’avoir du fun. Tou­jours aus­si can­dide, Phi­lippe fait va­loir: « Il n’y a pas de di­rec­tion ar­tis­tique au fes­ti­val. Le seul point com­mun entre les ar­tistes est l’éner­gie qu’ils dé­gagent et la qua­li­té de leur per­for­mance scé­nique. On veut sim­ple­ment des gens qui font des bons shows. Il y a des af­faires qui s’écoutent très mal sur CD, mais qui sont com­plè­te­ment “dé­biles” sur scène. On les veut avec nous.»

En cette deuxième édi­tion, on fête La noce de

co­ton. «C’est notre thème. On est dans la barbe à papa. C’est confor­table. Pas de ju­ge­ment, pas trop de choses à gé­rer. C’est vrai­ment comme des en­fants de trois mois.» Bon en­fant, vous dites? PRO­JET DE VIE

Avec sous le bras Le si­lence des trou­peaux, son nou­vel al­bum, Phi­lippe vient d’amor­cer une im­por­tance tour­née de spec­tacles à tra­vers la pro­vince. On peut consul­ter son iti­né­raire au phi­lip­pe­brach.com.

Tout ce­ci ne l’em­pêche pas de plan­cher ar­dem­ment sur un pro­jet qu’il ca­resse de­puis longtemps. « Je tra­vaille sur une sé­rie d’émis­sions télé pour en­fants. Ça fait des an­nées que je bosse là- des­sus, et j’entre maintenant dans la phase deux. Ça veut dire que je suis en train de trou­ver un pro­duc­teur et de faire le dé­mar­chage pour avoir tout le monde de mon cô­té. Il va y avoir une tren­taine de collaborat­eurs, dont Gilles Vi­gneault, Ar­mand Vaillan­court, So­phie Fau­cher... Une belle gang de pé­tés! C’est très psy­ché­dé­lique comme pro­jet.»

Phi­lippe a étu­dié en Art et tech­no­lo­gie des mé­dias au cé­gep de Jon­quière. Son but pre­mier était de tra­vailler en té­lé­vi­sion. «Avant même de faire de la mu­sique, je rê­vais de me diriger du cô­té de la télé. Ce pro­jet, je l’ai concep­tua­li­sé et écrit, je vais jouer de­dans et le réa­li­ser. J’ai la bible du show, les épi­sodes sont écrits et il y au­ra une cen­taine de per­sonnes sur le pro­jet. J’ai dé­jà des lettres d’in­ten­tion de plu­sieurs per­sonnes que je veux sur le show. Cette idée, c’est mon pro­jet de vie.»

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.