Wolfe: pro­blèmes de meute

WOLFE, LE PRE­MIER LONG MÉ­TRAGE DE FRAN­CIS BOR­DE­LEAU, A ÉTÉ CRÉÉ AVEC PEU DE MOYENS ET BEAU­COUP D’AMI­TIÉ. IL EN RÉ­SULTE UN FILM AUS­SI IN­TÉ­RES­SANT QU’IN­TENSE QUI NOUS MONTRE L’AVANT ET L’APRÈS D’UN DRAME AU SEIN D’UN GROUPE D’AMIS.

Échos vedettes - - SOMMAIRE - FRAN­CIS BOL­DUC

«L’ur­gence!» ré­pond sans hé­si­ter le scé­na­riste, réa­li­sa­teur et pro­duc­teur Fran­cis Bor­de­leau, quand on l’aborde au su­jet de son ins­pi­ra­tion pour Wolfe, son tout pre­mier long mé­trage, tour­né avec plu­sieurs de ses amis. Lors d’une fête à la­quelle il as­sis­tait, le ci­néaste a été in­ter­pel­lé par une phrase pro­non­cée par la co­mé­dienne Ca­the­rine Brunet. Il est par­ti de ça et a ra­pi­de­ment écrit près de 100 pages «sans ré­flé­chir, pré­cise-t-il. J’ai fait le tra­vail à l’en­vers. J’ai com­pris ce qu’était le su­jet du film quand j’ai ter­mi­né de l’écrire. C’est un texte qui est sor­ti du coeur et, à par­tir de ce mo­ment-là, j’ai as­su­mé jus­qu’au bout ce que je vou­lais ex­pri­mer.» Il re­fuse tou­te­fois de ré­vé­ler quels étaient ces mots pro­non­cés par Ca­the­rine. «Parce que je ne l’ai pas dit aux autres», dit-il.

Tour­né en moins de deux se­maines — une dou­zaine de jours en fait —, le film ra­conte l’his­toire d’une jeune femme, An­die (Ca­the­rine Brunet), qui s’en­lève la vie de­vant ses amis lors d’une fête. Les re­la­tions qu’elle en­tre­te­nait avec plu­sieurs de ces per­sonnes étaient va­riées, c’est le moins qu’on puisse dire. Le tra­gique évé­ne­ment au­ra toutes sortes de consé­quences sur les membres de cette meute que forment les in­times de la jeune femme trou­blée. «An­die est ex­plo­sive, ra­conte dans un pre­mier temps son in­ter­prète. Elle a un cô­té très hu­main qui peut ra­con­ter beau­coup de choses.»

Pour sa part, Lu­di­vine Re­ding donne vie au per­son­nage de Bi­biane, qui a une re­la­tion par­ti­cu­lière avec An­die. Lu­di­vine dé­crit son per­son­nage dans ces mots: «C’est une jeune femme hy­per brillante qui aime la vie, qui aime es­sayer des choses, mais qui se cherche beau­coup. Son frère, Isaac (Go­de­froy Re­ding), et An­die sont les seules per­sonnes qui lui font gar­der les pieds sur terre et qui lui font du bien.»

Un autre per­son­nage, cam­pé par An­toine Pi­lon, gra­vite dans l’uni­vers d’An­die. «Axel est un bum», ré­sume le co­mé­dien. Il ex­plique en­suite que ce Axel montre une fa­çade forte, mais que «c’est pour se pro­té­ger», pré­cise-t-il.

Pour le for­mat non conven­tion­nel, la réa­li­sa­tion, le jeu des ac­teurs et pour la trame mu­si­cale écla­tée, qui fait place à des ar­tistes comme Pierre La­pointe et Dead Obies, Wolfe mé­rite notre at­ten­tion. Léa Roy, Ju­lianne Cô­té, Ma­nuel Ta­dros, Ca­the­rine De Léan, Ma­ri­loup Wolfe, My­lène Mac­kay, Alexis Mar­tin, Roc La­for­tune et Ro­sa­lie Vaillan­court com­plètent la dis­tri­bu­tion de ce film, en salle à comp­ter du 26 oc­tobre.

Ca­the­rine Brunet: «Je suis fas­ci­née de consta­ter com­ment Fran­cis Bor­de­leau a vu en moi quelque chose que peu de per­sonnes ont vu: cette es­pèce de rage de vivre, ce pe­tit cô­té aus­si de femme tor­tu­rée qui n’est pas uni­di­men­sion­nelle.»

Lu­di­vine Re­ding: «Ce film est une grosse mé­ta­phore sur le pas­sage à l’âge adulte. Bi­biane n’est plus une en­fant, mais elle n’est pas en­core une adulte.»

An­toine Pi­lon: «Il y a un peu de mon pas­sé dans ce per­son­nage, un genre de pe­tit bum des parcs, avec les che­veux ra­sés et un man­teau trop grand.»

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