«J’AI LA MEILLEURE JOB AU MONDE!» — Phi­lippe La­pey­rie

Il vient de pu­blier Le La­pey­rie 2019

Échos vedettes - - ENTREVUE - SABIN DESMEULES

IL EST DE RE­TOUR AVEC SON «RO­MAN D’AMOUR» AN­NUEL SUR LES VINS. IL A RÉ­CEM­MENT LAN­CÉ SON LA­PEY­RIE 2019, QUI EST LA HUI­TIÈME ÉDI­TION DE SON GUIDE. PHI­LIPPE LA­PEY­RIE, QUI NE SE LASSE PAS DE SON MÉ­TIER ET ES­TIME AVOIR LA MEILLEURE JOB AU MONDE, NOUS EX­PLIQUE LE TRA­VAIL PEU BA­NAL QUI A ME­NÉ À CETTE BIBLE DU VIN, CU­VÉE 2019.

Le sym­pa­thique Phi­lippe La­pey­rie est de re­tour avec son guide de vins an­nuel. Pour une hui­tième an­née, Le La­pey­rie 2019 pro­pose no­tam­ment 125 coups de coeur et des tops 10 pour mieux nous gui­der vers la bou­teille idéale en toute cir­cons­tance.

Il est tout le contraire d’un «sno­be­lier», pour re­prendre sa propre ex­pres­sion. Hu­mi­li­té et tra­vail, voi­là le se­cret qui fait qu’il est là où il est au­jourd’hui. «J’ai la meilleure job au monde, une job de rêve! lance-t-il, convain­cu. J’ai des amis qui tra­vaillent dans des usines et re­gardent l’hor­loge 10 fois par jour. Et moi, je goûte des vins, chez nous, en py­ja­ma. Je ren­contre des vi­gne­rons. Les gens m’ap­prochent dans la rue pour me par­ler parce que j’ai la chance d’avoir de grosses tri­bunes. Ils me disent: “Pour tel vin, tu avais rai­son!” Ça, c’est ma paye! Et je suis conscient de ma chance.»

LE TRA­VAIL DER­RIÈRE LE GUIDE

Son guide né­ces­site 11 mois de bou­lot par an­née. Ça consiste en quoi, comme tra­vail? «Quand il sort, en oc­tobre, on fait trois mois de pro­mo­tion. On est en tour­née de pro­mo et dans des lan­ce­ments.» Puis à la fin jan­vier, Phi­lippe et son équipe se mettent à écrire le guide de l’an­née qui sui­vra. On dé­guste à temps plein, on prend des notes, on écrit... jus­qu’en juillet ou en août. Après, on passe en mode “cor­rec­tion”.»

Dans la pé­riode où il goûte, il re­çoit des bou­teilles d’agences spé­cia­li­sées en vins et spi­ri­tueux. Et avec son par­te­naire d’af­faires, Ma­thieu, il dé­guste des al­cools... sans en ava­ler une goutte! Des jour­nées de blancs, des jour­nées de rouges. Pour les blancs, ils peuvent en goû­ter jus­qu’à 60 par jour. Pour les rouges, pas plus de 40. Puis, du­rant six heures, il note ses im­pres­sions, tout ce qu’il a ai­mé et qui est dis­po­nible et ac­ces­sible pour les gens. Il écrit aus­si des anec­dotes sur les vi­gne­rons qui les pro­duisent, ques­tion de rendre son bou­quin plus hu­main.

Phi­lippe tient à sa neu­tra­li­té, à sa cré­di­bi­li­té. «Ja­mais je n’ac­cepte de pots-de-vin.» Et sur les 300 bou­teilles dont il est ques­tion, seules trois ou quatre fai­saient par­tie du La­pey­rie 2018. «On re­com­mence à neuf chaque an­née.»

Le pro­ces­sus né­ces­site-t-il des voyages? «Oui. J’en fais deux ou trois par an­née. C’est sûr que j’en fais moins qu’avant, à cause de mes deux pe­tits gar­çons (Tho­mas et Théo­dore) et de ma blonde (Pas­cale).» L’aî­né de Phi­lippe, Tho­mas, a huit ans... tout comme Le La­pey­rie! (Théo­dore en a trois.)

UN MODE DE VIE PLUS SAIN

Le som­me­lier a un mode de vie plus sain qu’à l’époque où il bour­lin­guait aux quatre coins du monde. «Je dors bien mieux qu’avant, je mange beau­coup de lé­gumes...» Et il gère mieux son stress. «Avant, je n’étais pas ca­pable de dire non, alors je di­sais oui à tout. Au­jourd’hui, j’ai une agente pour gé­rer mon temps.» Et il s’en porte mieux.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.