Éric Bru­neau: sa job n’est pas d’être une ve­dette

Échos vedettes - - SOMMAIRE - SA­mUEL PRAdiER

QUE CE SOIT À L’ÉCRAN OU AU THÉÂTRE, ÉRIC BRU­NEAU ES­SAIE TOU­JOURS D’ÊTRE OÙ ON NE L’AT­TEND PAS. IL A TOUR­NÉ DER­NIÈ­RE­MENT DANS UN FILM ET UNE SÉ­RIE EN AN­GLAIS, ET IL JOUE AC­TUEL­LE­MENT AU TNM. PAS­SION­NÉ PAR SON MÉ­TIER, LE CO­MÉ­DIEN ET JEUNE PA­PA SOU­HAITE CONTI­NUER À SE METTRE EN DAN­GER DANS DES PRO­JETS ORI­GI­NAUX.

Éric Bru­neau est un homme loyal et fi­dèle. La nuit où Lau­rier Gau­dreault s’est ré­veillé, qui se­ra pré­sen­tée jus­qu’au 16 juin au TNM, est la sixième pièce dans la­quelle il joue sous la di­rec­tion de Serge De­non­court et la qua­trième pièce de l’au­teur Mi­chel Marc Bou­chard. «On se connaît bien. Serge est un grand di­rec­teur d’ac­teurs qui est ca­pable d’adap­ter son dis­cours à cha­cun. Il est hu­mai­ne­ment re­dou­table pour di­ri­ger.»

Le co­mé­dien re­con­naît que la créa­tion d’un per­son­nage est tou­jours un tra­vail par­ti­cu­lier. «C’est un plai­sir dif­fé­rent. L’au­teur est vi­vant, on veut donc ho­no­rer sa pa­role. On veut tou­jours que la nais­sance d’un rôle se passe bien. Il y a une pe­tite pres­sion sup­plé­men­taire, car il faut don­ner vie à un texte que per­sonne n’a ja­mais vu avant.» Il re­con­naît tou­te­fois que chaque nou­veau rôle de­mande une at­ten­tion par­ti­cu­lière. «Ul­ti­me­ment, chaque rôle est comme une créa­tion, même quand il s’agit d’un clas­sique; il faut tou­jours le re­vi­si­ter comme si c’était la pre­mière fois.»

Éric Bru­neau joue aux cô­tés de Ju­lie Le Bre­ton, de Ma­ga­lie Lé­pine-Blon­deau et de Pa­trick Hi­von. La pièce ra­conte le re­tour au Sa­gue­nay de Mi­reille La­rouche, une tha­na­to­prac­trice qui jouit d’une ré­pu­ta­tion mon­diale. Après 10 ans d’ab­sence, elle re­trouve ses trois frères au­tour du corps de sa mère, qui vient de mou­rir. «La pièce re­vi­site les thèmes de pré­di­lec­tion de Mi­chel

Marc Bou­chard qui sont le men­songe, la ru­ra­li­té, la quête d’iden­ti­té; des men­songes qu’on se ra­conte pour être ca­pable d’avan­cer. Il y a trois per­sonnes qui ont été té­moins de quelque chose dans leur ado­les­cence, puis la fa­mille a écla­té et, à l’oc­ca­sion de leurs re­trou­vailles, ils se­ront obli­gés de se par­ler...»

RE­TOUR À LA BASE

Même s’il joue dans des sé­ries po­pu­laires et au ci­né­ma, Éric Bru­neau res­sent un be­soin vis­cé­ral de tou­jours re­ve­nir au théâtre. «C’est fon­da­men­ta­le­ment le tra­vail d’un co­mé­dien. Ma job n’est pas d’être une ve­dette. C’est très tou­chant d’être en no­mi­na­tion à la Soi­rée Ar­tis, par exemple; je sais que je suis pri­vi­lé­gié. Ce­la dit, je pense que je m’amé­liore en fai­sant de la créa­tion et de la re­cherche au cours des ré­pé­ti­tions. Le contact di­rect avec le pu­blic est aus­si ex­ci­tant. Cette confron­ta­tion est im­por­tante; elle ap­porte une autre di­men­sion à notre tra­vail. Au théâtre, ça tient beau­coup de la pré­ci­sion et de l’écoute de l’autre; il y a une di­men­sion qui rap­pelle le sport. Dans le fait d’al­ler jouer chaque soir, il n’y a pas de com­plai­sance par rap­port à son état. C’est jouer avec l’autre pour por­ter le texte au pu­blic.»

Avant de com­men­cer les re­pré­sen­ta­tions de la pièce, Éric Bru­neau s’est of­fert une pe­tite pa­ren­thèse en jouant dans deux pro­jets an­glo­phones. Il a d’abord ob­te­nu un rôle dans le film Dream­land, puis un autre dans la sé­rie Co­ro­ner, pour CBC. Il ira tour­ner la se­conde sai­son à To­ron­to au cours de l’été. «Ce n’était pas un but, ça s’est pré­sen­té comme ça. Je n’es­saie pas de conqué­rir le Ca­na­da, mais juste de pro­fi­ter des op­por­tu­ni­tés. J’ai pas­sé des au­di­tions, ils ne me connaissen­t pas, ils n’ont pas d’a prio­ri. C’est une fa­çon de me prou­ver à nou­veau que je suis en­core ca­pable de dé­cro­cher des rôles même si je suis en face de gens qui ne connaissen­t pas du tout mon tra­vail ici. Ça m’a fait du bien; ça m’a per­mis de faire comme une mise à jour de mes com­pé­tences.»

HEU­REUX PA­PA

Éric Bru­neau est l’heu­reux pa­pa de Mar­gue­rite, qui fê­te­ra son pre­mier anniversai­re ce mois-ci. «Elle est for­mi­dable! Elle me rend fol­le­ment heu­reux! Quand je joue au théâtre, ma blonde reste avec elle. Mais Kim (Lé­vesque-Li­zotte) a re­com­men­cé à tra­vailler, elle est ac­tuel­le­ment en pé­riode d’écri­ture. Elle a plu­sieurs pro­jets sur la table. On se par­tage la garde de Mar­gue­rite. Je tra­vaille le soir, mais je m’en oc­cupe le jour. On es­saie d’ar­ran­ger nos ho­raires pour s’oc­cu­per du bé­bé.»

éric et Kim sont les pa­rents de mar­gue­rite, qui fê­te­ra bien­tôt son pre­mier anniversai­re.

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