Les étés de ma jeu­nesse: Marc-An­dré For­tin

LES ÉTÉS DE NOTRE JEU­NESSE! JUSTE À EN­TENDRE CES MOTS, ON PLONGE DANS NOS SOU­VE­NIRS. MARC-AN­DRÉ FOR­TIN N’A PAS HÉ­SI­TÉ À FAIRE UN RE­TOUR EN AR­RIÈRE ET À NOUS RA­CON­TER QUELQUES MO­MENTS ES­TI­VAUX INS­CRITS DANS SA MÉ­MOIRE.

Échos vedettes - - SOMMAIRE - FRANCIS BOL­DUC

Pour Marc-An­dré For­tin, plon­ger dans ses sou­ve­nirs de jeu­nesse liés à la sai­son es­ti­vale, c’est avant tout de pen­ser au co­con fa­mi­lial. «Mon père avait la chance de pou­voir pas­ser plus de temps avec mon frère et moi à la mai­son pen­dant l’été, parce qu’il était chauf­feur d’au­to­bus sco­laire.» Comme pour bien des ga­mins, il y avait aus­si dans ses étés les amis, les sor­ties et les voyages de toutes sortes. «On ai­mait jouer de­hors tout le monde en­semble. J’avais aus­si plein de cou­sins et cou­sines qui ha­bi­taient dans mon vil­lage, Hé­bert­ville, au Lac-Saint-Jean; on se ras­sem­blait dans la rue pour jouer au bal­lon ou à la ca­nisse bot­tée.»

DES CAMPS DE JOUR MAR­QUANTS

Comme des mil­liers de jeunes à cette époque, et au­jourd’hui en­core, Marc-An­dré était ins­crit à des camps de jour, qu’on s’amu­sait à ap­pe­ler «ter­rains de jeu dans le coin de pays de MarcAn­dré For­tin». «Je par­ti­ci­pais à ces camps, qui ont été pour moi très mar­quants. Je me sou­viens très bien qu’à par­tir de 12 ans, on n’avait plus le droit d’y al­ler, et j’avais bien de la peine, parce que j’ado­rais ça. C’était comme une com­mu­nau­té. C’était tou­jours la même gang et on pas­sait plu­sieurs se­maines en­semble.» Pour Marc-An­dré, cette pé­riode n’était pas uni­que­ment sy­no­nyme de loi­sirs et de jeux. «C’était for­ma­teur. On fai­sait beau­coup de trucs comme du bri­co­lage, des cours de sur­vie, de l’im­pro­vi­sa­tion ou en­core de la musique. Comme on tou­chait un peu à tout, ça ve­nait nour­rir l’ar­tiste en moi. Ç’a été mes pre­miers con­tacts avec la scène. Ça me par­lait beau­coup. J’ai été bien fâ­ché par le fait qu’à 12 ans, on n’avait plus le droit de s’y ins­crire.» Il ra­conte en­suite que les émo­tions as­so­ciées à cette pé­riode tournent beau­coup au­tour de la nos­tal­gie. «Je suis nos­tal­gique; c’est une pé­riode qui me manque. Quand on est plus jeune, on trouve que le temps est long; on n’a pas la même no­tion du temps en vieillis­sant. Je me sou­viens que j’étais content de tom­ber en va­cances, même si j’ai­mais l’école. Mais ren­du à la mi-août, je me di­sais que j’avais eu mes va­cances et que c’était cor­rect de re­com­men­cer l’école.» Pour Marc-An­dré For­tin, l’ap­proche de la ren­trée sco­laire n’était donc pas une pé­riode an­gois­sante. «J’ai­mais le re­tour en classe. J’ai­mais les pré­pa­ra­tifs, les achats à faire. Ma mère fai­sait de la cou­ture et elle nous confec­tion­nait des vê­te­ments. On pré­pa­rait toutes nos af­faires pour être prêts.»

«J’ai choi­si cette pho­to parce qu’elle me rap­pelle plein de trucs, mais je ne veux pas tom­ber dans une trop grande nos­tal­gie et avoir de la peine... Elle a été prise chez ma gar­dienne, Ma­riette, qui est dé­cé­dée en août der­nier. Elle nous gar­dait, mon frère et moi, pen­dant la pé­riode sco­laire, sur l’heure du midi, par exemple. On a tou­jours con­si­dé­ré que c’était comme une deuxième mère pour nous. L’été, même si elle ne nous gar­dait pas, elle nous ame­nait à son cha­let. Elle nous a tou­jours trai­tés comme ses propres en­fants.»

«J’avais deux ans sur cette pho­to. C’était en 1983. Mon père construi­sait son ga­rage. Ça a pro­ba­ble­ment dé­clen­ché quelque chose en moi, parce qu’au­jourd’hui je fais des ré­no­va­tions et je bri­cole beau­coup. J’ai été éle­vé en­tou­ré de gens qui tra­vaillaient dans la construc­tion. Mon grand­père pa­ter­nel avait un lo­cal dans le­quel il tra­vaillait le bois. L’odeur du bois vient me cher­cher en­core au­jourd’hui.»

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.