D’hier à au­jourd’hui: Luis Oli­va

Échos vedettes - - SOMMAIRE - − Luis Oli­va BÉA­TRICE GRAVEL

PLU­SIEURS SE SOUVIENDRO­NT DE SON RÔLE DANS LA SÉ­RIE-CULTE TAG (2000): IL Y IN­CAR­NAIT «TAG» EDUAR­DO LASQUEZ, UN JEUNE DÉ­LIN­QUANT DE 17 ANS. EN ROUTE VERS LE SUC­CÈS, LUIS OLI­VA A SUI­VI UN PAR­COURS IM­PRO­BABLE APRÈS S’ÊTRE FAIT EX­PUL­SER DE L’ÉCOLE DE THÉÂTRE EN DÉ­BUT DE CAR­RIÈRE. SUR­VOL DE SON CHE­MI­NE­MENT PRO­FES­SION­NEL.

«J’avais 17 ans en 1995. J’étais à l’école de théâtre (du Col­lège Lio­nel-Groulx), mais on m’a mis à la porte deux ans plus tard parce que, se­lon eux, j’étais jeune et pas as­sez ma­ture. Ils m’ont conseillé de vivre un peu. J’ai sui­vi leur conseil, confie Luis Oli­va. Puis, en 1999, une amie m’a ap­pe­lé pour m’ap­prendre qu’il y avait une an­nonce dans le jour­nal: on cher­chait des ac­teurs d’ori­gine la­tine pour une nou­velle sé­rie.» Mal­gré la dé­cep­tion d’avoir été re­je­té de l’école de théâtre quelques an­nées plus tôt, Luis a ten­té sa chance. «J’ai été sur­pris d’au­di­tion­ner pour le rôle-titre. J’ai ré­pé­té avec un ami toute la soi­rée et toute la nuit. À 10 h le len­de­main, je pas­sais l’au­di­tion et vers mi­di, la jour­née même, on m’in­for­mait que j’avais ob­te­nu le rôle! Ç’a été le dé­but de ma car­rière par la grande porte! (rires)»

Pen­dant le tour­nage, le réa­li­sa­teur, Pierre Houle, l’a di­ri­gé sur le pla­teau et a mul­ti­plié les conseils. Houle l’a même pré­pa­ré à la sor­tie de la sé­rie et lui a en­joint de gar­der la tête froide. Pierre avait tou­te­fois omis de le mettre en garde d’une autre réa­li­té du mé­tier... «Pierre Houle et mes amis m’ont pré­pa­ré à l’après-Tag. Je n’ai donc pas at­tra­pé la grosse tête. Mais l’as­pect le plus tough a été l’ab­sence de contrats après la sé­rie, ex­plique Luis. J’avais le per­son­nage de Tag étam­pé dans le front! Ç’a été dif­fi­cile pen­dant quelques an­nées, jus­qu’à la sé­rie Pro­vi­dence (2005). Lorsque je tra­vaillais sur Tag, j’étais sûr que c’était ça, être co­mé­dien: des tour­nages tous les jours. Mais non, on peut avoir des creux ou des an­nées moins bonnes!»

DU JEU À LA RÉA­LI­SA­TION

Après quelque temps, Luis a tra­vaillé sur plu­sieurs production­s an­glo­phones, dont Lar­go Winch (2003), The Wool Cap (2004) et King’s Ran­som (2005), en plus de Pro­vi­dence pen­dant sept ans. «J’ai eu plein de pe­tits rôles avec, par exemple, William H. Ma­cy et To­ri Spel­ling. J’ai tour­né des pe­tites scènes avec Jennifer La­wrence pour Mo­ther! (2017) et Bruce Willis pour Death Wish (2018). J’ai aus­si eu des rôles plus im­por­tants dans The Cut­ting Edge 3: Cha­sing the Dream (2008) et The Ch­rist­mas Choir (2008). Entre mes rôles en an­glais pour des sé­ries amé­ri­caines et Pro­vi­dence, j’ai com­men­cé à ani­mer Amé­ri­ko­lo­gie en 2010 pour TV5, et ça m’a don­né la pi­qûre du do­cu­men­taire. De 2013 à 2017, je suis al­lé étu­dier à l’Inis en réa­li­sa­tion do­cu­men­taire.» Il y a réa­li­sé, entre autres, le court mé­trage Che­vette 83, qui re­late la séparation de ses pa­rents dès son jeune âge. Pour les cu­rieux, ce film est tou­jours dis­po­nible sur le site de La Fa­brique cultu­relle. «Puis, ren­ché­rit Luis, j’ai réa­li­sé dif­fé­rentes sé­ries do­cu­men­taires, d’en­quêtes ou de si­tua­tions d’ur­gence pour Ca­nal Vie, Ca­nal D, ad­dikTV et TVA.»

De­puis, Luis est de re­tour de­vant la ca­mé­ra et es­père re­jouer bien­tôt dans des production­s qué­bé­coises. Il ne re­grette ce­pen­dant pas d’avoir mis sa car­rière d’ac­teur en veilleuse pour se concen­trer sur la réa­li­sa­tion. «J’ai même lâ­ché mon agent en 2013 pen­dant ces an­nées. Le jeu ne me man­quait pas à ce mo­ment-là, parce que j’adore di­ri­ger des ac­teurs. Je vou­lais ap­prendre ce mé­tier-là, me mettre en dan­ger. Au­jourd’hui, j’ai re­com­men­cé à jouer; j’ai même une agente. Je viens (fin juin) de tour­ner une scène du film Fa­the­rhood avec Ke­vin Hart. C’était très le fun. Par contre, j’ai­me­rais jouer da­van­tage en fran­çais, parce que je suis Qué­bé­cois... ou Gua­té­mal­tèque-Qué­bé­cois!»

UNE PRI­MEUR!

Luis Oli­va est éga­le­ment au­teur-com­po­si­teu­rin­ter­prète. «Je tra­vaille pré­sen­te­ment sur le pro­jet mu­si­cal de ma co­pine, Béa­trice Mou­khai­ber, qui oeuvre aus­si en pro­duc­tion et en ci­né­ma. On com­pose dans mon stu­dio-mai­son, mais je n’ai pas de date de dif­fu­sion pour l’ins­tant.»

Mal­gré plu­sieurs pro­jets per­son­nels en cours, tant sur le plan de la réa­li­sa­tion de do­cu­men­taires

et de fic­tions que de mu­sique, sa pre­mière ex­pé­rience de­meure mar­quante. «Je tra­vaille sur trois grands pro­jets, mais, puisque Tag a été dif­fu­sée il y a bien­tôt 20 ans — je vous ré­vèle un scoop —, nous sou­hai­tons pré­sen­ter cet an­ni­ver­saire sous forme de do­cu­men­taire! La scé­na­riste est Ma­rieJo­sée Ouel­lette et le pro­duc­teur, Laurent Al­laire, qui in­ter­pré­tait Sam­my, mon meilleur ami dans l’émis­sion. À la suite de la sé­rie, Laurent a fon­dé la boîte de pro­duc­tion Chas­seurs films. L’au­tomne pas­sé, nous nous sommes croi­sés à la pre­mière d’un des films qu’il a pro­duits, Les scènes for­tuites. Nous étions très cu­rieux de voir ce que tout le monde était de­ve­nu: nous étions une mé­chante gang à dé­bu­ter dans le mé­tier, à l’époque.»

La sé­rie Tag, scé­na­ri­sée par Joanne Ar­se­neau et Luc Dionne, avait une dis­tri­bu­tion im­pres­sion­nante, avec des ar­tistes comme Cé­line Bon­nier, Ca­ro­line Dha­ver­nas, Fan­ny Mal­lette, Micheline Lanc­tôt, La­wrence Ar­couette et Léo­nar­do Fui­ca. «Sébastien Hu­ber­deau dé­bu­tait. Ma­ri­loup Wolfe avait éga­le­ment ob­te­nu un pe­tit rôle dans la sé­rie, ex­plique Luis. On ai­me­rait voir où nous en sommes tous 20 ans plus tard, et dis­cu­ter du mode de pro­duc­tion à ce mo­ment-là, com­plè­te­ment dif­fé­rent de ce­lui d’au­jourd’hui. On veut aus­si en pro­fi­ter pour par­ler de la di­ver­si­té à l’écran à cette l’époque.»

En­core au­jourd’hui, Luis af­firme qu’on l’aborde fré­quem­ment pour lui par­ler de ce rôle. «Je crois que Tag a tou­ché beau­coup de gens. Pour l’ins­tant, on est en­core en dé­ve­lop­pe­ment et en at­tente de fi­nan­ce­ment, mais on a eu le go de toute l’équipe (le réa­li­sa­teur, la pro­duc­trice, les au­teurs)!» Luis dé­ve­loppe éga­le­ment la suite de Che­vette 83 et un do­cu­men­taire dres­sant le por­trait de Guillaume Ver­mette, un clown hu­ma­ni­taire. À sur­veiller!

Son pre­mier rôle mar­quant: «Tag» Eduar­do Lasquez dans la po­pu­laire sé­rie Tag, en ondes de 2000 à 2002 à Ra­dio-Ca­na­da. Luis Oli­va (Die­go Du­mais) et Ève Le­mieux (Li­li-Mai La­voie) dans le té­lé­ro­man Pro­vi­dence, dif­fu­sé de 2005 à 2011 à Ra­dio-Ca­na­da. Avec Matt Lan­ter et Fran­cia Rai­sa dans le long mé­trage The Cut­ting Edge 3: Cha­sing the Dream, en 2008.

Tour­nage de la sai­son 2012-2013 d’Amé­ri­ko­lo­gie pour TV5. Fré­dé­rik Ver­rier-Al­lard, Luis Oli­va, Sébastien Hu­ber­deau, Cé­line Bon­nier et La­wrence Ar­couette en 2000, au vi­sion­ne­ment de Tag.

Il était en ve­dette dans le film amé­ri­cain The Ch­rist­mas Choir, en 2008.

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