Chan­tal La­croix: une pause né­ces­saire

Échos vedettes - - SOMMAIRE - SA­MUEL PRADIER

APRÈS UNE PAUSE VO­LON­TAIRE D’UNE SAI­SON, CHAN­TAL LA­CROIX REVIENT À LA TÉ­LÉ­VI­SION AVEC BELLE À MA FA­ÇON. FA­TI­GUÉE DE TOU­JOURS DON­NER AUX AUTRES, L’ANI­MA­TRICE CONFIE QU’ELLE A DÛ PRENDRE DU RE­CUL POUR PRENDRE SOIN D’ELLE. DANS SA NOU­VELLE ÉMIS­SION, ELLE CONTI­NUE D’AIDER DES FEMMES À SE SEN­TIR MIEUX DANS LEUR CORPS ET À S’AS­SU­MER DA­VAN­TAGE, MAIS C’EST D’ABORD À CHA­CUNE D’ENTRE ELLES DE SE PRENDRE EN MAIN.

Le concept de la nou­velle émis­sion Belle à ma fa­çon — qu’on pour­ra voir les lun­dis à 20 h, dès le 2 sep­tembre, à Ca­nal Vie — est né après une pu­bli­ca­tion sur la page Fa­ce­book de Chan­tal La­croix. «Ma fille a pris une photo de moi sur la­quelle on voyait mon vi­ti­li­go. La pu­bli­ca­tion a eu plus de 1,6 mil­lion de vues, et j’ai re­çu plus de 138 000 com­men­taires. La même chose re­ve­nait sans cesse: les com­men­taires di­saient qu’il fal­lait ar­rê­ter d’être dans le pa­raître, qu’il faut s’as­su­mer, que la dif­fé­rence fait la beau­té... En li­sant ces mes­sages, l’idée de l’émis­sion a ger­mé.» L’ani­ma­trice vou­lait aider des femmes qui s’as­sument dé­jà elles-mêmes. «J’avais le dé­sir de faire une émis­sion dans la­quelle j’al­lais me nour­rir des per­sonnes qui y par­ti­cipent. J’ai tou­jours fait des shows dans les­quels je por­tais les gens. J’ar­ri­vais à un mo­ment de leur vie où ils étaient vic­times d’une si­tua­tion, et je me de­vais d’in­ter­ve­nir. J’étais tou­jours là pour les nour­rir et les sou­te­nir. Main­te­nant, j’ai en­vie du contraire. J’ai en­vie qu’on me nour­risse, qu’on m’ou­tille moi aus­si. Belle à ma fa­çon est com­plè­te­ment dans cette idée-là.»

Dans chaque épi­sode, Chan­tal La­croix réuni­ra trois femmes qui ont un point com­mun. «Ce sont des femmes qui se sont dé­jà ai­dées. On va, par exemple, faire une émis­sion sur l’in­ti­mi­da­tion. Les trois par­ti­ci­pantes ont su­bi de l’in­ti­mi­da­tion dans leur jeu­nesse, comme moi, mais elles ne sont plus des vic­times au­jourd’hui. Elles ont sur­mon­té tout ça. Il reste peut-être des sé­quelles, mais elles ne sont plus dans l’api­toie­ment. Pour moi, c’était gé­nial. Elles ont be­soin d’aide pour s’as­su­mer da­van­tage. Je leur pro­pose des so­lu­tions, mais elles doivent se prendre en main et che­mi­ner de leur cô­té. Je leur donne sim­ple­ment les in­ter­ve­nants, con­trai­re­ment à toutes mes autres émis­sions où j’étais tou­jours là pour ac­com­pa­gner et ré­con­for­ter. J’avais en­vie qu’on se res­pon­sa­bi­lise un peu plus, et ça m’a tel­le­ment fait de bien!»

UNE PAUSE SA­LU­TAIRE

Chan­tal La­croix a vo­lon­tai­re­ment mis un terme à ses deux émis­sions ve­dettes, Don­nez au sui­vant et On ef­face et on re­com­mence, même si les cotes d’écoute étaient plu­tôt en­viables. «J’avais be­soin d’ar­rê­ter, de prendre une pause. J’avais be­soin de ne plus rien faire. J’ai ar­rê­té les tour­nages de no­vembre 2018 à mars 2019. Je ne fai­sais plus de té­lé, mais j’ai quand même conti­nué à tra­vailler, no­tam­ment sur ma col­lec­tion d’ac­ces­soires. J’avoue que c’était un peu épeu­rant, au­tant pour ma gang au bu­reau que pour moi. En fait, je ne sa­vais pas ce que je vou­lais faire. J’avais be­soin de m’ar­rê­ter pour me nour­rir, et j’at­ten­dais d’avoir une bonne idée.» L’ani­ma­trice confie que le concept de Belle à ma fa­çon est ar­ri­vé au bon mo­ment dans sa vie, dans une pé­riode où elle avait be­soin de se re­trou­ver.

«J’ai pris une pause parce que j’ai sen­ti que je n’étais plus ca­pable de don­ner. J’avais don­né tout ce que je pou­vais. Je suis très proche des gens, j’écris sur ma page Fa­ce­book, je lis les com­men­taires. À un mo­ment don­né, c’est comme si ce n’était ja­mais as­sez. Les gens écrivent que tu donnes à d’autres, mais pas à eux. Ce n’est ja­mais suf­fi­sant. J’ai beau­coup don­né aux autres, mais j’ai sen­ti que j’avais be­soin de dire stop. Il fal­lait vrai­ment que je me donne à moi-même, que je me re­centre sur moi.»

Elle s’est sou­ve­nue de la phrase que sa mère lui avait dite lors­qu’elle était en fin de vie, et qui était: Il faut que tu te choi­sisses, parce que per­sonne ne le fe­ra à ta place. «J’étais en plein tour­nage de Don­nez au sui­vant à cette époque, et j’ai com­pris son mes­sage. C’est d’ailleurs le pre­mier bi­jou que j’ai créé en vo­lume dans ma col­lec­tion, un bra­ce­let sur le­quel est gra­vée cette phrase. On en­seigne sou­vent ce qu’on veut ap­prendre, et il y a des mo­ments où je me choi­sis et d’autres où le na­tu­rel revient au ga­lop, où je m’oublie. J’ai sen­ti que j’avais vrai­ment be­soin de m’ar­rê­ter», confie-t-elle avec une cer­taine émo­tion.

EN RE­CONS­TRUC­TION

Chan­tal La­croix a com­pris un peu plus tard que cette pause avait été né­ces­saire, voire obli­ga­toire, pour sa santé. «Je n’ai pas eu le sen­ti­ment d’avoir fait un bur­nout, je n’étais pas dé­pres­sive, mais j’avais un vide in­té­rieur. Il y a un épi­sode de Belle à ma fa­çon dans le­quel on abor­de­ra la dé­pres­sion. J’écou­tais les trois femmes de car­rière par­ler des symp­tômes et des signes avant-cou­reurs de leur dé­pres­sion. Je me suis ren­du compte que j’en étais là. J’ai bien fait de m’ar­rê­ter avant, et de ne pas al­ler trop loin.»

Même si le temps a pas­sé et qu’elle a pu se res­sour­cer, Chan­tal La­croix en parle en­core avec des tré­mo­los dans la voix. «Ça m’a fait beau­coup de bien. Je suis émo­tive, car, en ce mo­ment, je suis en­core en train de me re­bâ­tir. Je ne peux pas dire que la struc­ture est toute mon­tée; je suis en­core en che­mi­ne­ment de re­cons­truc­tion. Belle à ma fa­çon est une belle émis­sion pour moi, car tous les su­jets qui ont été choi­sis sont des su­jets que je vou­lais abor­der, par les­quels je suis pas­sée ou pour les­quels j’avais be­soin d’en­tendre ce qu’il y avait à dire.»

En même temps, Chan­tal La­croix tra­vaille dé­jà sur l’avenir. Elle a dé­ve­lop­pé un nou­veau concept, qui de­vrait at­ter­rir à Ca­nal Vie et dont les tour­nages de­vraient dé­bu­ter cet au­tomne. Sans rien dé­voi­ler, elle porte sur­tout en elle un autre pro­jet d’émis­sion qu’elle sou­haite dé­ve­lop­per plus tard. «Je ne peux rien dire en­core, a-t-elle avan­cé, mys­té­rieuse. Mais je pense que ce se­ra le plus gros show de ma vie.»

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