L’in­fa­ti­gable Jen­ni­fer La­wrence.

Elle pro­mène sa beau­té pure et son ta­lent fou de su­per­pro­duc­tions en films in­dé­pen­dants. Son tout der­nier rôle? In­car­ner le par­fum Joy, de Dior. Ren­contre avec une star ins­pi­rante.

ELLE (Québec) - - Sommaire - texte MA­RIE PAS­CA­LIN | adap­ta­tion SO­PHIE POULIOT | pho­tos MARK SE­LI­GER | sty­lisme ISA­BEL DU­PRÉ

À22 ans, elle met­tait Hol­ly­wood à ses pieds avec son Os­car, sa spon­ta­néi­té et ses pen­chants de girl

next door pour les ham­bur­gers et la té­lé­réa­li­té. Six ans plus tard, so­li­de­ment mise en or­bite par deux mé­ga­fran­chises ( X-Men et Hun­ger Games) ain­si que trois Gol­den Globes, l’ac­trice amé­ri­caine s’ap­prête à cam­per au grand écran trois femmes à la des­ti­née com­plexe, mais ex­cep­tion­nelle: Zel­da Fitz­ge­rald ( Zel­da, de Ron Ho­ward), la fon­da­trice de l’en­tre­prise de bio­tech­no­lo­gie The­ra­nos, Eli­za­beth Holmes ( Bad Blood, de Adam McKay) ain­si que la pho­to­graphe de guerre prise en otage en Li­bye en 2011, Lyn­sey Ad­da­rio ( It’s What I Do, de Ste­ven Spiel­berg). Celle qui n’hé­site pas à prendre la pa­role pour que les ac­trices – et les femmes en gé­né­ral – aient droit aux mêmes pri­vi­lèges que leurs col­lègues mas­cu­lins ne risque pas de s’en­nuyer au cours des pro­chains mois. D’au­tant plus qu’à 28 ans, cette am­bi­tieuse as­su­mée, wor­ka­ho­lic no­toire et égé­rie de la mai­son Dior de­puis 2012 est le vi­sage de son tout nou­veau par­fum, Joy. Êtes-vous le genre d’ac­trice qui pré­fère tour­ner plu­tôt que de par­tir en va­cances? Je l’étais, mais j’ai chan­gé. Plus jeune, je ne sa­vais pas vrai­ment quoi faire de ma vie en de­hors de mon mé­tier. J’étais concen­trée sur ma car­rière et, grâce à mon tra­vail achar­né, j’ai main­te­nant la pos­si­bi­li­té de faire des pauses, de dé­cli­ner cer­taines pro­po­si­tions et de ne pas lire tous les scé­na­rios qu’on m’en­voie. Je peux ra­len­tir et culti­ver d’autres par­ties de moi. Par exemple? La po­li­tique est de­ve­nue l’une de mes grandes pas­sions. Je pense que la der­nière élec­tion amé­ri­caine a bou­le­ver­sé quelque chose en moi. Je me suis alors in­té­res­sée de près à la cor­rup­tion, puis à la dé­ré­gle­men­ta­tion. Je tra­vaille en étroite col­la­bo­ra­tion avec l’as­so­cia­tion an­ti­cor­rup­tion Re­pre­sentUs et j’es­saie de me te­nir constam­ment in­for­mée, ce qui prend beau­coup de temps. Si­non, je suis oc­cu­pée à dé­co­rer ma mai­son à New York ain­si qu’à éle­ver Pip­pi, mon chi­hua­hua croi­sé. Je suis une ma­man dé­vouée pour mon pe­tit chien! (rires) Vous te­niez à jouer Zel­da Fitz­ge­rald dans le bio­pic réa­li­sé par Ron Ho­ward. Qu’est- ce qui vous at­tire dans ce per­son­nage? Cette au­teure était une force de la na­ture qui fai­sait fi des conven­tions. Son écri­ture était for­mi­dable, son ima­gi­na­tion était vaste et son his­toire d’amour avec Fran­cis Scott Fitz­ge­rald était dia­ble­ment in­té­res­sante. Ils étaient faits l’un pour l’autre, mais ils se dé­trui­saient mu­tuel­le­ment. Je n’ai ja­mais eu de re­la­tions de ce genre – heu­reu­se­ment, je suis at­ti­rée par des scé­na­rios plus calmes –, mais ce­la ne m’em­pêche pas de les trou­ver fas­ci­nantes. Quel est le se­cret d’une re­la­tion calme? Ré­flé­chir avant de par­ler! C’est l’une des le­çons les plus im­por­tantes que j’ai ap­prises au fil du temps. Cer­taines fé­mi­nistes vous ont re­pro­ché d’avoir ac­cep­té de po­ser dans le froid en te­nue lé­gère pour la pro­mo­tion de Red Spar­row, tan­dis que les hommes au­tour de vous étaient em­mi­tou­flés. Com­ment di­gé­rez-vous cette cri­tique? Je la trouve ir­res­pon­sable. Il y a une vraie conver­sa­tion en ce mo­ment sur les écarts de sa­laire entre les hommes et les femmes. La fixa­tion sur cette robe – que j’ai choi­sie, comme tout ce que je porte – sa­bote cette cause im­por­tante. Pour moi, le fé­mi­nisme est le com­bat pour l’éga­li­té éco­no­mique, po­li­tique et so­ciale et n’a rien à voir avec les vê­te­ments que l’on dé­cide de por­ter... ou pas.

Vous êtes constam­ment ob­ser­vée, scru­tée, ju­gée... Vous y êtes-vous ha­bi­tuée? Je ne sais pas si on peut vrai­ment s’y ha­bi­tuer. J’es­saie de ne pas ac­cor­der trop d’im­por­tance à ce qu’on dit à mon su­jet. J’ai des per­sonnes mer­veilleuses dans ma vie, des amis for­mi­dables qui me connaissent vrai­ment. Avec l’âge, je me rends compte que c’est eux qu’il convient de ne pas dé­ce­voir. Si je dé­ce­vais un ami, ça, ça m’em­pê­che­rait de dor­mir. Avez- vous fait la paix avec les pa­pa­raz­zis? Di­sons que j’es­saie de lâ­cher prise. Par­fois, j’ai­me­rais avoir le temps de res­sen­tir et de com­prendre les évé­ne­ments de ma vie avant que le monde en­tier s’en fasse une opi­nion, mais je n’ai au­cun contrôle là-des­sus, alors je me fais une rai­son. Les pa­pa­raz­zis font par­tie du mé­tier. L’échec cri­tique et com­mer­cial du film Mo­ther! , de Dar­ren Aro­nof­sky, dans le­quel vous jouez une jeune épouse cruel­le­ment sa­cri­fiée au be­soin ma­la­dif de re­con­nais­sance de son ma­ri, vous a- t- il bles­sée? Si vous m’aviez dit à l’époque qu’il se­rait aus­si mal re­çu, je l’au­rais fait quand même. C’est le film que je pré­fère dans toute ma fil­mo­gra­phie. Je sais qu’il ré­sis­te­ra à l’épreuve du temps, car c’est du grand ci­né­ma. Ja­mais je ne me suis au­tant in­ves­tie dans un per­son­nage. Ja­mais je n’ai au­tant don­né à la ca­mé­ra. C’était une ex­pé­rience spi­ri­tuelle. Elle m’a chan­gée. Qu’est- ce qui aug­mente le plus avec le suc­cès: la confiance en soi ou la peur? La peur. Il y a plus de pres­sion, plus de re­gards sur vous, plus d’at­tentes... Vous se­rez le vi­sage de Joy, le pre­mier par­fum que Dior met en mar­ché de­puis J’adore, qui a 20 ans. Avez-vous par­ti­ci­pé à son éla­bo­ra­tion? Oui, j’ai ren­con­tré Fran­çois De­ma­chy (NDLR: le nez des par­fums Dior de­puis 12 ans) dans l’ate­lier pa­ri­sien, et il m’a fait sen­tir les dif­fé­rents in­gré­dients aux­quels il pen­sait. On a créé quelque chose de ci­tron­né, fleu­ri, avec du san­tal – un par­fum fé­mi­nin et char­mant, mus­qué, mais dis­cret. Je suis vrai­ment contente du ré­sul­tat. Quels sont vos pre­miers sou­ve­nirs de par­fum? C’était un par­fum Dior, fi­gu­rez-vous. Ma mère por­tait Miss Dior, et son oreiller, ses robes de chambre et ses vê­te­ments en étaient im­pré­gnés. Et vous, votre pre­mier par­fum? Cu­rious, de Brit­ney Spears! ( rires) Je l’ai eu à 14 ans et, jus­qu’à l’ar­ri­vée de Joy dans ma vie, c’est res­té mon par­fum pré­fé­ré.

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