La nou­velle fra­grance de Dior.

Il a fal­lu vingt ans à la mai­son Dior pour lan­cer une toute nou­velle fra­grance des­ti­née aux femmes. Et c’est sous le signe de la joie que le ré­pu­té nez Fran­çois De­ma­chy a créé ce su­blime sillage.

ELLE (Québec) - - Sommaire - texte JU­LIE BU­CHIN­GER

«J’ai su dès le dé­part que cette fra­grance s’ap­pel­le­rait Joy. C’est as­sez rare – on dé­couvre gé­né­ra­le­ment le nom en cours d’éla­bo­ra­tion. J’ai donc sou­hai­té com­po­ser quelque chose au­tour de l’idée de la lu­mière, parce qu’elle est très liée à la joie. En par­fu­me­rie, il est plus fa­cile d’in­ter­pré­ter un phé­no­mène qu’une sen­sa­tion.»

Cette lu­mière, chez Fran­çois De­ma­chy, fleure bon la ber­ga­mote zes­tée, la man­da­rine, la rose et le jas­min, ap­puyés par le musc et le bois de san­tal. « Je vou­lais que ce soit un par­fum qui laisse une trace ol­fac­tive, ame­née par des notes de base bien an­crées. C’était le plus im­por­tant pour moi.» La vé­ri­té, c’est que Joy a été com­po­sé comme une toile poin­tilliste, cha­cune de ses touches contri­buant à un ef­fet d’en­semble har­mo­nieux. «On peut par­ler des ma­tières pre­mières, mais elles ne sont là que pour dé­crire le par­fum. Le ta­bleau, dans son en­semble, est beau­coup plus par­lant.» EN­FANT DE LA PAR­FU­ME­RIE Fran­çois De­ma­chy n’est pas un nou­veau ve­nu dans l’uni­vers des fra­grances. Ayant gran­di à Grasse, dans le sud de la France, il fait ra­pi­de­ment ses classes dans une usine de par­fums, qui l’en­voie pour­suivre sa jeune car­rière à New York pen­dant quelque temps. «Lorsque je suis ren­tré à la mai­son six mois plus tard, je trou­vais mon pa­te­lin un peu pe­tit!» Il dé­cide alors de faire le grand saut à Pa­ris, où il a l’oc­ca­sion d’exer­cer son mé­tier chez Cha­nel pen­dant plus de vingt ans, avant de de­ve­nir par­fu­meur­créa­teur chez Dior. S’il est re­con­nu mon­dia­le­ment pour son ex­per­tise, le prin­ci­pal in­té­res­sé, ren­con­tré à Man­hat­tan, ré­sume bien hum­ble­ment son par­cours : «C’est pas com­pli­qué!»

Car si l’on per­çoit son ad­mi­ra­tion pour les pres­ti­gieuses mai­sons où il a oeu­vré, on sent qu’il est avant tout pas­sion­né par la splen­deur de ce que la na­ture peut of­frir. Il faut l’écou­ter par­ler du san­tal, ré­col­té dans une ferme au Sri Lan­ka, qui re­plante 50 arbres pour chaque plant cou­pé; de la ber­ga­mote pro­ve­nant de la Ca­labre, dont une va­rié­té spé­ciale est ex­clu­si- ve­ment uti­li­sée pour Eau Sau­vage, le ré­pu­té opus mas­cu­lin de la mai­son Dior; de l’ylang- ylang, qui pro­vient de No­sy Be, une pe­tite île au large de Ma­da­gas­car. «Je suis res­pon­sable de la qua­li­té des pro­duits. Ça oc­cupe beau­coup de mon temps, no­tam­ment en ce qui concerne leur tra­ça­bi­li­té, mais c’est im­por­tant pour l’ave­nir de l’ap­pro­vi­sion­ne­ment.» LU­MI­NEUSE ÉGÉ­RIE C’est l’ac­trice Jen­ni­fer La­wrence qui est le vi­sage de Joy. On lui doit bien sûr une cam­pagne pu­bli­ci­taire des plus sen­suelles, mais Fran­çois De­ma­chy as­sure qu’elle a éga­le­ment pris part au pro­ces­sus de créa­tion du par­fum dès le dé­but: «Elle est ve­nue en la­bo­ra­toire et je lui ai fait sen­tir les ma­tières pre­mières. Je te­nais à ré­col­ter ses ré­ac­tions à chaud. Elle a tout de suite beau­coup ai­mé les muscs; c’est une des rai­sons pour les­quelles j’ai em­prun­té cette di­rec­tion.» Force est de consta­ter que c’était la bonne...

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