ÉDI­TO

ELLE (Québec) - - Sommaire -

«Ri­tuels fes­tifs.»

Il y a quelques se­maines, je suis al­lée voir les oies au cap Tour­mente, où ha­bite tou­jours ma grand-mère. Quel fa­bu­leux spec­tacle, je ne m’en las­se­rai ja­mais! Mon co­pain, qui m’ac­com­pa­gnait, en a pro­fi­té pour me de­man­der ce qu’il y avait à voir dans le coin. Il y a la chute Mont­mo­ren­cy, la ba­si­lique Sainte-Anne-de-Beau­pré... et il y a cette cu­rio­si­té, le Cy­clo­ra­ma de Jé­ru­sa­lem, juste à cô­té. De l’ex­té­rieur, on di­rait un bâ­ti­ment construit dans les an­nées 1980 où on irait faire du pa­tin à rou­lettes. On a dé­ci­dé d’y en­trer, sa­chant qu’il s’ap­prê­tait à fer­mer dé­fi­ni­ti­ve­ment ses portes, après plus de 120 ans d’ac­ti­vi­té.

À l’in­té­rieur se dé­voile une im­mense fresque en trompe-l’oeil qui per­met aux vi­si­teurs de «re­vivre» le jour de la cru­ci­fixion du Ch­rist, avec une mul­ti­tude de détails qui se laissent ob­ser­ver pen­dant de longues mi­nutes.

Je ne me ren­dais pas là en pè­le­ri­nage; le Cy­clo­ra­ma a sur­tout pi­qué ma cu­rio­si­té pour son as­pect his­to­rique. Mais cette vi­site m’a don­né l’oc­ca­sion de ré­flé­chir à la place de la re­li­gion, sur­tout dans un contexte où on a abon­dam­ment par­lé de ses signes ex­té­rieurs (bon­jour, cam­pagne élec­to­rale!). Je ne me pro­non­ce­rai pas sur les en­jeux po­li­tiques en­tou­rant cette ques­tion, mais sur un plan plus per­son­nel, je me suis de­man­dé: quelle place oc­cupe-t-elle dans ma vie?

J’ai été édu­quée comme une foule de pe­tits Qué­bé­cois nés dans les an­nées 1980 (on était en­core à l’époque de la Com­mis­sion des écoles ca­tho­liques de Mon­tréal): pas par­ti­cu­liè­re­ment croyante ni pra­ti­quante, mais pas non plus amère vis-à-vis de l’au­to­ri­té que l’Église a pu avoir sur les gé­né­ra­tions pré­cé­dentes. J’ai re­çu les pre­miers sa­cre­ments, mais je me sou­viens que ça m’em­bê­tait d’al­ler ja­ser pas­to­rale avec le cu­ré de l’église, après le sou­per, pour me pré­pa­rer à les re­ce­voir. D’ailleurs, ça aga­çait aus­si mon père (un fervent athée), qui avait eu une prise de bec avec le cu­ré parce que ces réunions se ter­mi­naient tou­jours tard et ja­mais à l’heure. Mon père est un homme qui croit en la ponc­tua­li­té.

Bref, la re­li­gion a tou­jours oc­cu­pé une place plu­tôt «cultu­relle» dans ma fa­mille, mais l’une des oc­ca­sions que j’avais d’al­ler à l’église – et qui me plai­sait beau­coup – était la messe de Noël. J’aime tou­jours les ri­tuels, les chants et l’es­prit de com­mu­nion qu’on re­trouve en ces lieux ce soir-là. Si je ne de­vais gar­der qu’une cé­lé­bra­tion liée à la re­li­gion, ce se­rait sans doute celle-ci.

Par ailleurs, j’es­père de tout coeur que l’es­prit des fêtes, qu’il s’ac­com­pagne ou non d’un ri­tuel re­li­gieux, sau­ra ga­gner tout le monde du­rant cette pé­riode de l’an­née, quelle que soit sa confes­sion. L’es­prit des fêtes, c’est avant tout la ren­contre de l’autre, les grands éclats de rire, la pe­tite robe noire tout comme les bas de laine, la bonne bouffe, les cha­lets entre amis, les mi­taines qui sèchent près du feu...

Je vous sou­haite à tous un heu­reux temps des fêtes, en es­pé­rant que ce ma­ga­zine sau­ra s’ins­crire dans l’un ou l’autre de vos ri­tuels fes­tifs. (Per­so, je vous re­com­mande de le lire dans un bon bain chaud... Re­laxa­tion as­su­rée!)

Bonne lec­ture!

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