Na­ta­lie Port­man: à l’eau de rose.

L’ac­trice de re­nom Na­ta­lie Port­man sait exac­te­ment qui elle est et où elle va. Son as­su­rance et sa force tran­quille ont sé­duit sans au­cun doute la mai­son Dior, qui l’a choi­sie comme vi­sage de la cam­pagne de la nou­velle eau de par­fum MissDior, aux notes re

ELLE (Québec) - - News - texte TIDI BENBENISTI | adap­ta­tion ELI­SA­BETH MASSICOLLI photos DA­VID BELLEMERE POUR LES PAR­FUMS CH­RIS­TIAN DIOR

Quand on pense à Na­ta­lie Port­man, les pre­miers mots qui nous viennent à l’es­prit sont sou­vent «douce», «po­sée», «ré­flé­chie» ou en­core «dis­crète». Pour­tant, l’ac­trice plu­sieurs fois ré­com­pen­sée n’a ja­mais eu peur de faire va­loir ses opi­nions... à sa ma­nière! Par exemple, alors que son fils Aleph ve­nait de fê­ter ses deux ans, on lui a de­man­dé en en­tre­vue comment elle per­ce­vait la ma­ter­ni­té. Avec l’aplomb et le tact qu’on lui connaît, elle a cal­me­ment ré­pon­du qu’il exis­tait une mul­ti­tude de fa­çons d’être une bonne mère... comme il exis­tait une mul­ti­tude de fa­çons d’être fé­mi­niste. Qu’on se le tienne pour dit!

Na­ta­lie Port­man porte plu­sieurs cha­peaux: ac­trice, réa­li­sa­trice, scé­na­riste, ac­ti­viste, ma­man, épouse... Sa car­rière est au beau fixe de­puis main­te­nant deux dé­cen­nies, et son par­cours est plus qu’im­pres­sion­nant. Non contente de briller de­vant et der­rière la ca­mé­ra, la bru­nette d’ori­gine is­raé­lienne prête aus­si son jo­li mi­nois à la nou­velle eau de par­fum Miss Dior, une fra­grance des­ti­née à la femme inspirante, forte, sen­suelle et mys­té­rieuse que le grand cou­tu­rier fran­çais avait en tête lors du lan­ce­ment de sa marque, en 1947.

Ce qui nous mène ici, en France, au châ­teau de La Colle Noire, an­cienne mai­son de cam­pagne de Ch­ris­tian Dior, où ce der­nier se ré­fu­giait pour échap­per quelque temps au brou­ha­ha de la ville. Port­man, nu-pieds et dra­pée dans une va­po­reuse robe de la griffe pa­ri­sienne, se pré­lasse sur la pe­louse de la char­mante de­meure pro­ven­çale comme si elle était chez elle.

Su­bli­mé d’oeuvres d’art uniques (Dior a tou­jours été un grand ama­teur d’art. Lors­qu’il était jeune, dit-on, il par­tait en quête de nou­velles pièces avec son ami Sal­va­dor Da­li, alors un illustre in­con­nu!) et en­tou­ré de pa­no­ra­mas à cou­per le souffle, le châ­teau semble tout droit sor­ti d’un conte de fées. Et il émane de la star, cam­pée dans ce dé­cor luxueux, une beauté presque sur­na­tu­relle. Son re­gard est à la fois doux, puis­sant et in­vi­tant.

Chaque look qu’on lui pro­pose pour la séance pho­to lui per­met d’in­car­ner une Na­ta­lie dif­fé­rente: do­mi­na­trice dans un pull noir qui rap­pelle les an­nées 1950, contem­pla­tive dans une robe bleue ré­vé­la­trice, in­sou­ciante dans une créa­tion en den­telle d’un blanc im­ma­cu­lé. Au pied du ma­jes­tueux es­ca­lier, dans le bu­reau per­son­nel de Dior ou au bord de la pis­cine, les nom­breux per­son­nages qui ha­bitent l’ac­trice prennent vie de­vant l’ob­jec­tif, au rythme où elle en­file les riches créa­tions de la mai­son de cou­ture.

Tout ce que fait Na­ta­lie Port­man semble être fa­cile, na­tu­rel. Presque sans ef­fort. Elle est d’ailleurs l’une des rares ac­trices à avoir gran­di à l’écran en n’es­suyant au­cun scan­dale, et en ra­flant les hon­neurs au pas­sage – no­tam­ment un Os­car pour son rôle dans Black Swan, en 2011. Bien qu’elle ait tra­vaillé en tant que co­mé­dienne dès son plus jeune âge, elle a vé­cu à New York une en­fance tout à fait nor­male, éle­vée par un père mé­de­cin et une mère ar­tiste qui l’en­cou­ra­geaient à vivre ses pas­sions.

Après avoir in­car­né la reine Ami­da­la dans Star Wars: Epi­sode 1 - The Phan­tom Me­nace alors qu’elle était en­core au se­con­daire, Na­ta­lie Port­man s’est ins­crite à Har­vard en 1999 pour étu­dier en psy­cho­lo­gie, et a ob­te­nu son di­plôme en 2003. Cette ex­pé­rience lui a per­mis, pen­dant un temps, d’être sim­ple­ment Na­ta­lie Her­sh­lag – son vé­ri­table pa­tro­nyme – même lors­qu’elle tour­nait en pa­ral­lèle deux autres épi­sodes de la po­pu­laire fran­chise.

Au­jourd’hui, la star choi­sit ses rôles avec grand soin. Le scé­na­rio tout comme le per­son­nage doivent la faire vi­brer et être por­teurs d’un sens, d’un mes­sage. Elle a été ser­vie avec A Tale of Love and Dark­ness (2016), pre­mier film au­quel elle a tra­vaillé comme réa­li­sa­trice et ti­ré des mé­moires chers à son coeur de l’écri­vain is­raé­lien Amos Oz. Après avoir long­temps ten­té de trou­ver un réa­li­sa­teur ca­pable d’adap­ter à l’écran ces écrits, il est vite de­ve­nu évident qu’elle de­vait elle-même s’at­te­ler à la tâche. D’ailleurs, Na­ta­lie Port­man in­carne éga­le­ment le per­son­nage prin­ci­pal, ce­lui de Fa­nia (la mère d’Amos Oz), femme ai­mante qui, même après avoir vu ses rêves s’ef­fon­drer, reste un phare pour son fils. Les le­çons de vie qu’in­culque Fa­nia à Amos sont puis­santes, uni­ver­selles, par­ti­cu­liè­re­ment dans cette scène où elle parle de la très fine sé­pa­ra­tion entre l’hon­nê­te­té et le manque d’em­pa­thie. Cou­chée tout près de son fils, elle lui ex­plique: «Si tu as à choi­sir entre men­tir ou bles­ser quel­qu’un, choi­sis d’être gé­né­reux.» Son fils lui ré­pond naï­ve­ment: «J’ai le droit de men­tir, alors?» Ce à quoi elle ré­pond: «Par­fois... oui.» Deux simples mots qui en disent long et touchent droit au coeur.

Jouer un per­son­nage aus­si com­plexe n’est pas une pre­mière pour l’ac­trice de 36 ans, qui s’est dé­jà at­ta­quée à des rôles plu­tôt co­riaces: une bal­le­rine as­soif­fée de pou­voir dans Black Swan, une fi­gure de la mo­nar­chie dans The Other Bo­leyn Girl, une pre­mière dame des États-Unis dans Ja­ckie et une bio­lo­giste dans An­ni­hi­la­tion. Elle est éga­le­ment la nar­ra­trice et la réa­li­sa­trice du ré­cent do­cu­men­taire Ea­ting Ani­mals, qui porte un re­gard très cri­tique sur la pro­duc­tion et la consom­ma­tion de viande. Car en tant qu’ac­trice, réa­li­sa­trice ou scé­na­riste, ce qu’elle sou­haite avant tout, c’est que les oeuvres qu’elle pré­sente au grand écran ré­sonnent au­près du pu­blic et le fassent ré­flé­chir. S’at­ta­cher à des per­son­nages dif­fé­rents de soi et les suivre dans leurs hauts et leurs bas le temps d’un film crée de l’em­pa­thie, une va­leur très im­por­tante aux yeux de Na­ta­lie Port­man et de son ma­ri, le cho­ré­graphe et dan­seur fran­çais Ben­ja­min Mille­pied. En­semble, ils es­saient de trans­mettre cette ou­ver­ture d’es­prit à leurs deux enfants, Aleph et Ama­lia.

La longue car­rière de Na­ta­lie Port­man est ja­lon­née de rôles im­por­tants, et tout porte à croire qu’il y en au­ra d’en­core plus grands. Mais, plus que la gloire et les sta­tuettes do­rées, l’ac­trice est au­jourd’hui en quête de sens et de subs­tance, et, par-des­sus tout, cherche à faire du bien – tant dans sa vie per­son­nelle qu’à tra­vers les per­son­nages qu’elle choi­sit d’in­car­ner à l’écran.

«Quand j’étais ado, je trou­vais que tout ce que Dior créait était d’un chic fou...»

Que fe­riez- vous par amour? J’irais jus­qu’au bout de la terre. Quelle est votre his­toire d’amour pré­fé­rée? Celle de mon ma­ri et moi. Quelle le­çon vou­driez-vous trans­mettre à vos enfants? Je vou­drais qu’ils ap­prennent à tou­jours trai­ter les autres avec amour et res­pect. Quelle odeur pro­ve­nant de votre en­fance vous ré­con­forte? Le jas­min. Si l’amour était une fleur, la­quelle se­rai­til et pour­quoi? Une rose, dont l’odeur sub­tile éveille toute une gamme d’émo­tions. Se­lon vous, quelle odeur émane de l’amour? Celle de Miss Dior, bien évi­dem­ment! Dé­cri­vez la fra­grance Miss Dior en trois mots. Sen­suelle, pas­sion­née, re­belle. Comment la nou­velle cam­pagne ex­pri­met- elle l’image de cette eau de par­fum? L’ef­fluve a tou­jours sym­bo­li­sé une femme forte et confiante, et je pense que cette cam­pagne l’illustre très bien. Miss Dior est re­con­nue comme étant la fra­grance de l’amour. Comment la nou­velle eau de par­fum per­pé­tue- t- elle cette ro­man­tique his­toire? Je crois que ce jus pré­sente son cô­té re­belle. Il dé­montre qu’il existe plu­sieurs as­pects à une idylle: la passion, la joie, la fé­ro­ci­té, la dou­ceur... En choi­sis­sant une femme comme di­rec­trice de la créa­tion pour la toute pre­mière fois, Dior est plus fé­mi­nin que ja­mais. Est- ce que cette évo­lu­tion se res­sent éga­le­ment dans la com­po­si­tion de la nou­velle fra­grance? Oui, on le sent dans la dua­li­té du par­fum, qui pos­sède à la fois des notes douces et su­crées, mais aus­si quelques éclats plus pro­fonds et riches, presque ter­reux. Ça re­pré­sente bien la femme d’au­jourd’hui, qui peut être aus­si forte qu’élé­gante. Si vous vous re­plon­gez dans vos sou­ve­nirs, quand avez- vous en­ten­du par­ler pour la pre­mière fois de Miss Dior? Quand j’étais ado, je trou­vais que tout ce que Dior créait était d’un chic fou... \

Quelle image croyez- vous avoir créée en tra­vaillant avec la marque? Celle d’une femme qui est à la fois in­tel­li­gente, sexy, forte et fé­mi­nine. C’est d’ailleurs la rai­son pour la­quelle je suis fière d’être l’am­bas­sa­drice de cette eau de par­fum. Est- ce que les ef­fluves de MissDior vous évoquent des sou­ve­nirs par­ti­cu­liers? Oui, ils me rap­pellent mon voyage dans le sud de la France avec le par­fu­meur Fran­çois De­ma­chy. Nous avons as­sis­té à la cueillette des roses de Grasse, qui sont uti­li­sées pour créer Miss Dior. C’était une ex­pé­rience in­croyable qui m’a réel­le­ment per­mis de com­prendre tous les ef­forts dé­ployés pour conce­voir une fra­grance unique. Quel est votre ri­tuel pour vous par­fu­mer? Je va­po­rise un nuage de jus dans l’air, puis je le tra­verse afin de lais­ser sur ma peau une odeur douce et sub­tile. Quand avez-vous por­té du par­fum pour la pre­mière fois? Quand j’étais en­fant, Jean Re­no m’avait of­fert un fla­con de par­fum alors qu’on tour­nait le film Le pro­fes­sion­nel. Je le trou­vais si beau et si spé­cial que j’au­rais vou­lu qu’il ne se vide ja­mais. Quelle est votre odeur pré­fé­rée? J’ai un faible pour le jas­min et la fleur d’oran­ger. Ch­ris­tian Dior était un pas­sion­né de fleurs. Il di­sait: « Après les femmes, les fleurs sont les créa­tions les plus di­vines.» Si on veut vous faire plai­sir, quelles fleurs doit- on vous of­frir? Des pi­voines, parce que leur éclo­sion est ma­gique: d’un poing fer­mé, elles se trans­forment en une dé­li­cate main ten­due.

Tous les vê­te­ments et ac­ces­soires sont si­gnés Dior. Sty­liste, Kate Young; mise en beauté, Pe­ter Phi­lips avec les pro­duits Dior; coif­fure, Bryce Scar­lett; ma­nu­cure, Nel­ly Fer­rei­ra.

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