Conseillers da­van­tage ir­ri­tés par la tech­no

Les notes moyennes que les conseillers donnent à leur ca­bi­net sont en baisse.

Finance et Investissement - - TOP 11 - PAR FRÉ­DÉ­RIC ROY

en cour­tage de plein exer­cice, les conseillers son­dés dans le cadre du Top 11 des ca­bi­nets mul­ti­dis­ci­pli­naires de Fi­nance

et In­ves­tis­se­ment montrent da­van­tage d’in­sa­tis­fac­tions face à leur ca­bi­net que les an­nées pas­sées.

L’In­dice FI moyen, qui re­pré­sente la note moyenne que les conseillers ac­cordent lors­qu’ils éva­luent leur firme sur 20 cri­tères dif­fé­rents, a di­mi­nué de 0,2 point sur 10 en deux ans, at­tei­gnant 8,1 points en 2017. Par exemple, l’In­dice FI du Groupe

In­ves­tors et ce­lui du Groupe Clou­tier ont re­cu­lé par rap­port à l’an der­nier, alors que ceux de la

Fi­nan­cière Sun L ife et de Qua­drus ont aug­men­té (voir les ré­sul­tats en page 28).

Par rap­port aux ré­sul­tats de l’an der­nier, les notes ayant le plus dé­cli­né touchent les cri­tères du sou­tien pour la tech­no­lo­gie mo­bile et le conseiller mo­bile ain­si que ce­lui du pro­gramme de re­lève. Le pre­mier est pas­sé de 7,9 points sur 10 à 7,6 points, une di­mi­nu­tion de 0,3 sur un an.

Plu­sieurs conseillers ré­pon­dants se plaignent que leur firme leur offre un sou­tien tech­no­lo­gique dé­fi­cient lors­qu’ils veulent faire du té­lé­tra­vail.

« Mal­gré mes de­mandes ré­pé­tées à ma firme, je n’ai pas vrai- ment eu de re­tour. Ce n’est pas dans leur po­li­tique de s'oc­cu­per de cet as­pect » , ex­plique l'un d'eux.

D’autres prennent lit­té­ra­le­ment les choses en main. « Si on n’a pas de tech­no­lo­gie mo­bile au­jourd’hui, on ne tra­vai l le pas. J’ai tout ache­té mon ma­té­riel moi- même » , dit un autre ré­pon­dant.

Les notes ac­cor­dées aux quatre cri­tères d’éva­lua­tion liés à la tech­no­lo­gie sont en baisse par rap­port à l’an der­nier. La note moyenne pour l’en­semble de ces cri­tères a di­mi­nué de 0,2 point sur 10, pas­sant de 7,8 points à 7,6 ( l ire aus­si « Tech­no : dif­fi­cile quête de pro­duc­ti­vi­té » en page 29).

« En vou­lant être très tech­no, c’est très im­por­tant d’avoir un bon sou­tien de la part de notre ca­bi­net », sou­ligne un conseiller.

Plu­sieurs conseil lers sou­tiennent d’ailleurs ne pas uti­li­ser les ou­tils qui sont of­ferts ou en­core n’en voient pas l’im­por­tance dans l’exer­cice de leur pro­fes­sion.

DUR RE­CRU­TE­MENT

En un an, la note concer­nant la qua­li­té du pro­gramme de re­lève des ca­bi­nets mul­ti­dis­ci­pli­naires a di­mi­nué de 0,3 point, et at­teint 7,1 points sur 10 en 2017. Le cri­tère ob­tient le deuxième plus bas ré­sul­tat, tout juste de­vant la note du sou­tien du ca­bi­net concer­nant l’uti­li­sa­tion des mé­dias so­ciaux.

Les conseillers ac­cordent une im­por­tance beau­coup plus éle­vée ( 8,1) au pro­gramme de re­lève que la note moyenne qu’ils lui donnent.

La com­mu­ni­ca­tion semble dé­fi­ciente entre les conseillers et les firmes sur le plan de la re­lève. En tout, 42,9 % des ré­pon­dants ne sont pas au cou­rant qu’un pro­gramme de re­lève existe au sein du ca­bi­net au­quel ils sont rat­ta­chés, mais trouvent tout de même im­por­tant qu’un tel ou­til existe.

« J’ai 60 ans, et je n’en­tends par­ler d’au­cun pro­gramme de la part de mon ca­bi­net… », dit un ré­pon­dant.

Des conseillers s’or­ga­nisent pour trou­ver la per­sonne qui re­pren­dra leur bloc d’af­faires une fois qu’ils pren­dront leur re­traite. « Ma re­traite s'en vient à court ou moyen terme. J’ai trou­vé une re­lève, mais mon ca­bi­net n'a rien fait pour m’ai­der, j’ai tout pré­pa­ré par moi- même » , ex­plique un conseiller.

Les conseillers qui sont au cou­rant des pro­grammes mis en place par leur or­ga­ni­sat ion semblent néan­moins sa­tis­faits de ce der­nier.

« Nous avons quel­qu’un qui s’oc­cupe de la tran­sac­tion fi­nan­cière et de l’éva­lua­tion du bloc d’af­faires pour tout le Ca­na­da », dit l’un d’eux.

MICA Ser­vices fi­nan­ciers ob­tient la meilleure éva­lua­tion de son pro­gramme de re­lève par les conseillers qui y sont rat­ta­chés, avec 8,4 points, 1,3 point de plus que la moyenne qué­bé­coise.

« C’est la firme qui me trouve mes ju­niors, sou­tient un ré­pon­dant de la firme. Pour la vente de mon bloc d’af­faires et ma fu­ture re­lève, c’est vrai­ment im­por­tant. »

RE­LA­TIONS AMÉ­LIO­RÉES POUR CER­TAINS

Seule­ment trois firmes ont vu leur In­dice FI aug­men­ter cette an­née. Ain­si, les conseillers ont ac­cor­dé des notes meilleures à la Fi­nan­cière Sun Life, à SFL Par­te­naire de Des­jar­dins

Sé­cu­ri­té fi­nan­cière et à Qua­drus. En aug­men­ta­tion de 0,3 point sur un an, Sun Life ob­tient le deuxième In­dice FI le plus im­por tant , avec 8,7 points sur 10, les conseillers de MICA ayant dé­cer­né 9,1 points à leur firme. Les ré­pon­dants de Sun Life ont par­ti­cu­liè­re­ment no­té des amé­lio­ra­tions dans le sou­tien de la tech­no­lo­gie mo­bile et du conseiller mo­bile ( 9,1) ain­si que dans le sou­tien pour ob­te­nir l’ap­pui d’ex­perts- conseils ( 9,4) – comme des f is­cal istes et des pla­ni­fi­ca­teurs fi­nan­ciers. À ces cri­tères éva­lués, les ré­pon­dants ac­cordent une hausse res­pec­tive de 1,0 et 0,7 point sur 10 par rap­port à l’an der­nier.

Pour SFL, la firme peut se ré­jouir d’avoir par­ti­cu­liè­re­ment amé­lio­ré le sou­tien qu’elle offre pour la pla­ni­fi­ca­tion des in­ves­tis­se­ments pour les clients, se­lon les conseillers ré­pon­dants. L’élé­ment est en aug­men­ta­tion de 0,8 point et dé­passe lé­gè­re­ment la moyenne qué­bé­coise ( 8,0), pour at­teindre 8,1.

De leur cô­té, l’In­dice FI du groupe com­po­sé des conseillers pro­ve­nant des ré­seaux de Qua­drus et de Lon­don Life a bon­di de 0,6 point en un an et est main­te­nant de 7,6 points sur 10. Même si la firme est tou­jours sous la moyenne qué­bé­coise, elle a amé­lio­ré cer­tains élé­ments, qui pa­raissent en vert dans le ta­bleau.

La plus im­por­tante amé­lio­ra­tion concerne le sou­tien qu’elle offre aux conseillers pour l’uti­li­sa­tion des mé­dias so­ciaux, la note ayant aug­men­té de 1,3 point, at­tei­gnant 6,5 points sur 10.

« La so­cié­té met pré­sen­te­ment quelque chose en place qui est drô­le­ment in­té­res­sant pour l’uti­li­sa­tion et l’ac­cès aux mé­dias so­ciaux, ex­plique un ré­pon­dant de la so­cié­té. Elle a dé­ve­lop­pé une équipe res­treinte à cet ef­fet ain­si qu’un lo­gi­ciel qui per­met de suivre les clients sur les mé­dias so­ciaux, nous per­met­tant de par­ta­ger de l'in­for­ma­tion avec eux. »

Si on n’a pas de tech­no­lo­gie mo­bile au­jourd’hui, on ne tra­vaille pas. — Un conseiller

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