DES­JAR­DINS La co­opé­ra­tive mise sur les fin­techs.

Les fin­techs et les in­sur­techs font par­tie de la stra­té­gie de dé­ve­lop­pe­ment du Mou­ve­ment Des­jar­dins au ni­veau na­tio­nal.

Finance et Investissement - - LA UNE - PAR FRÉ­DÉ­RIC ROY

la stra­té­gie de dé­ve­lop­pe­ment et de crois­sance ca­na­dienne du Mou­ve­ment Des­jar­dins se base sur trois axes, soit la ges­tion de pa­tri­moine, le sec­teur des modes de paie­ment et l’as­su­rance de dom­mages, se­lon son pré­sident et chef de la di­rec­tion, Guy Cor­mier.

C’est le sec­teur de l’as­su­rance de dom­mages qui se­ra le vais­seau ami­ral de la co­opé­ra­tive, troi­sième as­su­reur en im­por­tance dans ce do­maine au Ca­na­da sur la base des primes brutes sous­crites. Guy Cor­mier est convain­cu que ce mar­ché pour­sui­vra sa conso­li­da­tion dans les deux pro­chaines an­nées.

« Nous vou­lons faire par­tie de cette conso­li­da­tion et nous vou­lons être un ac­qué­reur, dit- il. Nous sommes en mode achat dans tout le Ca­na­da. »

À ce­la s’ajoute un qua­trième axe trans­ver­sal qui tou­che­ra l’im­pli­ca­tion de l’ins­ti­tu­tion fi­nan­cière dans les fin­techs et, plus par­ti­cu­liè­re­ment, dans les in­sur­techs.

« Prise de par­ti­ci­pa­tion et ac­qui­si­tions, tout ce­la fait par­tie de notre plan d’ac­tion », in­dique Guy Cor­mier.

Des­jar­dins hé­berge d’ailleurs ac­tuel­le­ment des fin­techs dans ses lo­caux, où, pour une pé­riode de trois mois, ces jeunes pousses peuvent se dé­ve­lop­per, uti­li­ser des res­sources de la co­opé­ra­tive et tes­ter leurs pro­duits.

« Nous vou­lons les mettre en contact avec nos équipes d’in­no­va­tion, sou­ligne Guy Cor­mier. Sou­vent, ces start-up veulent tra­vailler avec des bases de don­nées, elles veulent tes­ter leur sys­tème et pro­to­ty­per leurs ou­tils. Nous en avons de la don­née ici, évi­dem­ment confi­den­tielle, mais nous sommes ca­pables de les ai­der. »

Des­jar­dins a éga­le­ment for­mé un par­te­na­riat avec la Caisse de dé­pôt et pla­ce­ment du Qué­bec pour la créa­tion d’un fonds de 50 M$ consa­cré aux en­tre­prises nais­santes en tech­no­lo­gies fi­nan­cières.

RÉ­VO­LU­TION NU­MÉ­RIQUE FI­NAN­CIÈRE

Des­jar­dins ne veut pas ra­ter l’oc­ca­sion de la trans­for­ma­tion nu­mé­rique que connaît ac­tuel­le­ment l’in­dus­trie des ser­vices fi­nan­ciers.

« Ce contexte nous force à mettre sur la table les pro­duits dont les membres ont be­soin, dit Guy Cor­mier. Les gens sont au­jourd’hui dans un monde d’ins­tan­ta­néi­té, ils n’ont pas le temps d’at­tendre, c’est à nous de trou­ver une offre de ser­vices qui ma­rie bien l’hu­main et la tech­no­lo­gie. »

C’est dans cette op­tique que l’ins­ti­tu­tion fi­nan­cière a ou­vert un deuxième la­bo­ra­toire d’in­no­va­tion en dé­cembre 2017, nom­mé Des­jar­dins Lab, à Lé­vis.

La pré­sence de nom­breux as­su­reurs dans la ré­gion de Qué­bec a fait de Lé­vis un choix lo­gique pour l’ou­ver­ture de ce nou­veau centre, qui se concen­tre­ra da­van­tage sur les tech­no­lo­gies fi­nan­cières liées au sec­teur de l’as­su­rance.

« J’ai en­vie que notre as­su­reur vie chez Des­jar­dins soit plus in­no­vant, qu’il soit un lea­der de l’in­no­va­tion au Ca­na­da » , sou­ligne Guy Cor­mier.

Con­crè­te­ment, la co­opé­ra­tive s’in­té­resse à la bio­mé­trie pour me­su­rer cer­tains as­pects liés aux po­lices d’as­su­rance vie des as­su­rés.

Contrai­re­ment à l’as­su­rance de dom­mages, qui se sert de l’ana­lyse des ha­bi­tudes d’uti­li­sa­tion pour jus­ti­fier les coûts d’une po­lice, tech­nique qui fait par­tie du pay­sage de­puis plu­sieurs an­nées, le re­cours à de la bio­mé­trie en as­su­rance vie sou­lève cer­taines ques­tions éthiques au­près des clients.

« Nous sommes pru­dents, mais nous pen­sons que ce­la pour­rait créer de la va­leur ajou­tée, no­tam­ment pour l’uti­li­sa­tion de la tech­no­lo­gie pour nos groupes », dit-il.

RÉ­VI­SION RÉ­GLE­MEN­TAIRE AP­PRO­PRIÉE

L’an­née 2017 a été char­gée sur le plan de l’in­no­va­tion pour Des­jar­dins, mais éga­le­ment sur ce­lui de la ré­gle­men­ta­tion. L’ins­ti­tu­tion fi­nan­cière a d’ailleurs été mise sur la sel­lette de­puis le dé­pôt du pro­jet de loi 141 sur la ré­forme de l’en­ca­dre­ment du sec­teur fi­nan­cier au Qué­bec.

Guy Cor­mier ré­pond à ses dé­trac­teurs qui croient que ce pro­jet de loi 141 est le pro­jet de loi « Des­jar­dins ».

« Le pro­jet de loi, ce ne sont pas des de­mandes de Des­jar­dins, sou­ligne-t-il. Nous ne nous le­vons pas le ma­tin en di­sant : "C’est comme ça que va mar­cher, le monde fi­nan­cier au Qué­bec". Nous écou­tons nos membres, nous les écou­tons de­puis les der­nières an­nées, et nos membres qui consomment des ser­vices fi­nan­ciers, ce sont les mêmes membres qui veulent Uber, ce sont les mêmes qui consomment du ci­né­ma dif­fé­rem­ment, ce sont les mêmes qui consomment les tech­no­lo­gies. Nous, ce qu’on dit au gou­ver­ne­ment, c’est qu’il faut adap­ter nos ré­gle­men­ta­tions, il faut adap­ter notre sys­tème fi­nan­cier en con­sé­quence. »

Par rap­port au fait que le pro­jet de loi 141 pré­voit l’in­té­gra­tion de la Chambre de la sé­cu­ri­té fi­nan­cière ( CSF) au sein de l’Au­to­ri­té des mar­chés fi­nan­ciers ( AMF), Guy Cor­mier croit que le sys­tème pro­po­sé se­ra plus simple pour le ci­toyen.

« Nous avons réus­si à in­té­grer des choses à l’AMF dans les 10 der­nières an­nées et ça a bien fonc­tion­né. Il reste les deux chambres à in­té­grer. L’AMF va mettre en place les mêmes me­sures que les chambres avaient, mais on va al­ler cher­cher des sy­ner­gies », sou­tient-il.

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