COU­LEURS D’AU­TOMNE

Fugues - - Culturel_ Télé Et Websérie - LUC-ALEXANDRE PER­RON

Bon­jour chers lec­teurs. De­puis le mois d’août, je vous parle de nou­velles émis­sions à la té­lé­vi­sion. Eh bien, ce n’est pas ter­mi­né! En ef­fet, la sai­son d’au­tomne 2018 est par­ti­cu­liè­re­ment riche en nou­veau­tés! Au­tant au Qué­bec que chez nos voi­sins du Sud, le pe­tit écran semble se re­nou­ve­ler cette an­née. Plu­sieurs sé­ries ont pris fin l’an der­nier ou ne re­viennent tout sim­ple­ment pas, faute de cotes d’écoute sa­tis­fai­santes. Voi­ci donc, mes sug­ges­tions pour ce mois-ci. Cer­taines sé­riées sont dé­jà dif­fu­sées mais sont peu connues au Qué­bec.

Carl(a). Un té­lé­film sur le web. Et quelle pré­sen­ta­tion! Vrai­ment, quand on vi­sionne ça, l’im­pres­sion de «pe­tit bud­get» souvent as­so­ciée au web s’ef­face com­plè­te­ment. Carl, en tran­si­tion pour de­ve­nir Car­la, doit faire face au quo­ti­dien d’ une­per sonne trans. La­ver neCox(l’ ac­trice ou ver te ment­trans­qu’ o na pu dé­cou­vrir dans la sé­rie Oran­geis­the­new black ), camp ele­rô le-titre avec un doig­té de fée. D’abord mal com­pris par son en­tou­rage, Carl dé­cide d’af­fron­ter au­tant ses dé­mons in­té­rieurs que son environnement et af­firme sa trans­sexua­li­té. Confron­tée et re­je­tée par sa fa­mille, Car­la doit même com­po­ser avec un conjoint qui vit beau­coup de ques­tion­ne­ment par rap­port à l’iden­ti­té de genre de sa co­pine. Pour­tant, afin de sur­vivre et d’être fi­na­le­ment bien dans sa peau, Car­la n’a qu’un seul choix: res­ter elle-même en dé­pit de tous et cha­cun. De toute ma­nière, la seule chose qui lui im­porte pour le mo­ment est d’amas­ser suf­fi­sam­ment d’ar­gent pour payer ses chi­rur­gies de ré­as­si­gna­tion sexuelle. La pré­sence des trans­genres à la té­lé­vi­sion et sur le web se veut de plus en plus di­ver­si­fiée et nous avons donc droit à des per­son­nages mul­ti di­men­sion­nels dont la force et la puis­sance dé­passent leur be­soin de chan­ger de sexe. In­fo­man. Un must du jeu­di soir. Jean-Re­né, Chan­tal et MC Gilles se com­plètent par­fai­te­ment afin de rendre notre soi­rée agréable. Tou­jours per­ti­nent dans ses in­ter­ven­tions im­per­ti­nentes, Jean-Re­né Du­fort est de­ve­nu un in­con­tour­nable dans le pay­sage po­li­ti­co-cultu­rel qué­bé­cois et même ca­na­dien. L’ho­mo­sexua­li­té n’est plus un su­jet fré­quem­ment abor­dé mais il n’est pas évi­té non plus. Par exemple, la fois où Chan­tal La­marre se base sur la sé­rie QueerEye et qu’elle in­vite trois in­ter­ve­nants à re­faire le look des quatre chefs de par­ti juste avant les élec­tions pro­vin­ciales. Show à la fois d’hu­mour et d’en­quête, In­fo­man peut ser­vir d’émis­sions d’in­for­ma­tion pour celles et ceux qui n’écoutent pas les bul­le­tins de nou­velles car ils trouvent ça trop dé­pri­mant. Une 19e sai­son pour l’équipe dé­montre tou­jours sa rai­son d’être sur les ondes qué­bé­coises. Grown-Ish. Sé­rie dé­ri­vée de la sé­rie Black-ish, l’émis­sion suit Zoey, la fille aî­née de la fa­mille qui ar­rive au col­lège. Im­mé­dia­te­ment, sa co­pine de classe lui an­nonce qu’elle est bi­sexuelle. Dès le dé­part, Grown-ish se dé­marque de sa sé­rie d’ori­gine et offre un ka­léi­do­scope de per­son­nages. On a souvent ten­dance à ou­blier le «B» des LGBT. Ici, pas d’hé­si­ta­tion, on adresse di­rec­te­ment la ques­tion de la bi­sexua­li­té. Une sé­rie, somme toute as­sez mi­gnonne et pleine de bonnes in­ten­tions. New Am­ster­dam. Une autre sé­rie amé­ri­caine qui se passe dans un hô­pi­tal! Après TheGoodDoc­tor et TheRe­sident, voi­ci une autre sé­rie mé­di­co-dra­ma­tique. Cette fois-ci, la pré­misse de base est l’ar­ri­vée du Doc­teur Max Good­win (cam­pé par Ryan Eg­gold) dans l’un des plus an­ciens hô­pi­taux pu­blics de la ville de New York (connue autre fois sous le nom de New Am­ster­dam), qui dé­cide, lors de sa no­mi­na­tion de di­rec­teur de ré­for­mer l’ap­proche mé­di­cale de son centre hos­pi­ta­lier. Exit donc, le contrôle ab­so­lu des com­pa­gnies d’as­su­rances pri­vées qui em­pêchent les plus pauvres d’avoir ac­cès à des ser­vices de san­té. Il veut que ses pa­tients soient trai­tés avec le plus grand soin. Il tente alors de mo­di­fier en pro­fon­deur l’ap­proche de son équipe mé­di­cale com­po­sée d’une grande di­ver­si­té de mé­de­cins et d’in­fir­mières. Com­pa­rée à TheGoodDoc­tor, c’est beau­coup plus sé­rieux et face à TheRe­sident, c’est plus hu­main. Les en­ga­gés. Hi­cham et Thi­baut sont les hé­ros de cette sé­rie-web to­ta­le­ment po­li­tique. Je sais que je suis un peu en re­tard puisque la sai­son 2 est dé­jà dis­po­nible. d Mais les pro­duits mé­dias is­sus de la France nous par­viennent dif­fi­ci­le­ment. c Heu­reu­se­ment, le web ar­rive à nous faire dé­cou­vrir de vé­ri­tables tré­sors. s La com­mu­nau­té LGBT de Lyon en France est vic­time d’agres­sion, de dis­cri­mi­na­tion, d de vio­lence. La ré­sis­tance s’or­ga­nise et les membres de la com­mu­nau­té ri­postent. Les gais et les­biennes se ren­contrent au Point G, le centre com­mu­nau­taire pour la lutte des droits des LGBT. Plu­sieurs scènes s’y dé­roulent et le centre de­vient le lieu de ren­contre des nom­breux per­son­nages. Si vous avez la nos­tal­gie de l’époque d’ACT UP, de Queer Na­tion et de tous les mou­ve­ments de lutte LGBT, vous al­lez ado­rer cette sé­rie. Et bo­nus: c’est en fran­çais, une ra­re­té sur le web. Une sé­rie de fic­tion, certes, mais très proche de la réa­li­té des gais et les­biennes dans le monde oc­ci­den­tal. Des gens en­ga­gés, il y en a tou­jours eu et il y en au­ra tou­jours. Et c’est ré­con­for­tant de sa­voir que des hé­ros vivent par­mi nous.

I vie Feel pleine Bad. de Une re­bon­dis­se­ments nou­velle co­mé­die d’Emet, sur le ré­seau une femme NBC qui quiui ra aconte tente l’his­toire par tous et les la moyens d’ob­te­nir la per­fec­tion tant dans sa vie fa­mi­liale que pro­fes­sion­nelle. Elle s’im­pose des règles et des stan­dards tel­le­ment éle­vés que per­sonne ne pour­rait les at­teindre. De plus, elle tra­vaille dans une boîte qui pro­duit des jeux vi­déo et elle est en­tou­rée d’hommes qui ont la moi­tié de son âge. Dès le dé­part, elle se re­trouve tou­jours comme l’élé­ment ex­terne du groupe. Sa­rayu Blue campe avec jus­tesse le rôle prin­ci­pal et on s’iden­ti­fie ra­pi­de­ment à quel­qu’un qui su­bit les nom­breuses pres­sions de la vie mo­derne, où on se sent tou­jours ob­ser­vé et cri­ti­qué lorsque nous ne pou­vons ren­con­trer nos ob­jec­tifs. Emet doit donc com­po­ser avec l’im­per­fec­tion, ap­prendre à lâ­cher prise et de­ve­nir une per­sonne nor­male. Pas tou­jours fa­cile quand on est ri­gide. Cette émis­sion me fait vrai­ment sou­rire. On se re­trouve et on se re­met en ques­tion de ma­nière hu­mo­ris­tique. Une belle dé­cou­verte.

Ré­vo­lu­tion.

Je ne m’at­ten­dais pas à ai­mer ça, mais cette com­pé­ti­tion de danse est vrai­ment fan­tas­tique! Les dan­seuses et les dan­seurs nous éblouissent avec leur ta­lent et leur sou­plesse. Le ju­ry ne passe pas de com­men­taires in­utiles et vains comme on en en­tend souvent dans ce genre de com­pé­ti­tions. Un beau pro­gramme pour re­laxer en soi­rée.

Sha­dow Hun­ter.

Un genre de TrueB­lood qui mé­lange vam­pires, sor­ciers et autres êtres sur­na­tu­rels. Dès la pre­mière sai­son, on nous pré­sente un couple gai par­ti­cu­liè­re­ment sexy. D’ailleurs, ce couple a at­ti­ré l’at­ten­tion de nom­breux té­lé­spec­ta­teurs LGBT. L’his­toire en elle-même se veut un tan­ti­net trop com­plexe in­uti­le­ment, mais vous se­rez char­més par la beau­té des co­mé­diens. Sui­vez les aven­tures de Cla­ry, mi-ange mi-hu­maine dans sa chasse aux dé­mons, qui lors­qu’elle dé­couvre ses ori­gines se voit confron­tée à son hé­ri­tage et doit prendre les armes contre les forces du mal. Il faut suivre avec at­ten­tion cette sé­rie car il y a de nom­breux per­son­nages et plu­sieurs in­trigues en même temps. De très belles images com­plé­mentent à la per­fec­tion cette émis­sion de science-fic­tion.

FBI.

Du même groupe qui nous offre Law&Or­der et toutes ses sé­ries dé­ri­vées de­puis plus de 20 ans, voi­ci une nou­velle émis­sion po­li­cière mais qui com­porte un vo­let «In­tel». Les ef­fets spé­ciaux se veulent plus pré­sents (pour­suites au­to­mo­biles, ex­plo­sions, etc.) que dans les autres sé­ries. Vrai­ment une sé­rie à dé­cou­vrir. À voir bien­tôt: House of Cards. Des hommes ayant ac­cu­sé Ke­vi n Spa­cey d’inconduite se­sexuelle, le tour­nage de la sé­rie avait été frei­né. Mai­sais vous sa­vez com­bien Hol­ly­wood n’ar­rête de­vant rien. Alors, c’est la veuve du pré­sident qui as­su­me­ra la haute fonc­tion à sa place.

Pe­tite note pu­bli­ci­taire

: lorsque vous re­gar­dez la té­lé­vi­sion tra­di­tion­nelle, re­gar­dez-vous les pu­bli­ci­tés? La com­pa­gnie de jeans Le­vi’s a dé­ci­dé d’in­clure les LGBT dans sa plus ré­cente pub. On y voit des gens hé­té­ros, gais, blancs, noirs, jeunes et moins jeunes dan­ser. Une ex­cel­lente idée et pré­sen­ta­tion. Ces com­pa­gnies tentent de nous char­mer car ils re­con­naissent la va­leur du mar­ché LGBT. En­fin! Une autre pu­bli­ci­té que j’aime bien à la té­lé et qui n’a rien de par­ti­cu­liè­re­ment gai, la pub de Dor­mez-vous! Ça me fait sou­rire à chaque fois (Au Qué­bec, une per­sonne sur trois dort mal). Main­te­nant, dans la ca­té­go­rie à évi­ter: XOXO. Je n’ai ja­mais vu une af­faire comme ça­ça. D’abord, on an­non­çait quelque chose qui irait plus loin, un genre de té­lé­réaa­li­té 2.0. En fait, c’est très ba­nal. Un groupe de pi­tounes et de gars mus­clés qqui s’af­frontent pour le pre­mier prix. Et le genre de monde qu’on y re­trouve mme fait sur­tout pen­ser aux hé­té­ros qui viennent dans le Vil­lage l’été pour cé­léb­cé­lé­brer leur en­ter­re­ment de vie de gar­çon (ou de fille) et qui se pensent drôles et originaux, comme s’ils étaient les pre­miers à y avoir pen­sé. On a vrai­ment vu mieux à la té­lé! D’ailleurs, les cotes d’écoute ne sont pas au ren­dez-vous et TVA doit s’en mordre les doigts. Voi­là ce qui com­plète ma chro­nique pour ce mois-ci. N’hé­si­tez pas à zap­per de­vant votre té­lé­vi­seur, vous ris­quez de dé­cou­vrir des pe­tits bi­joux de pro­duc­tion! La di­ver­si­té à la té­lé­vi­sion se veut de plus en plus in­évi­table.

NEW AM­STER­DAM

LES EN­GA­GÉS

HOUSE OF CARDS SHA­DOW HUN­TER

LE­VIS

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