SOU­TE­NIR CEUX QUI DÉ­SI­RENT AR­RÊ­TER LEUR CONSOM­MA­TION DE DROGUE !

Fugues - - Dossier_ Beau Et En Santé - AN­DRÉ C. PASSIOUR IN­FOS: Kon­tak@acc­mon­treal.org ou 514 941-SEXE (7393).

Peut-être avez vous vu la pub dans le der­nier Fugues, elle est faite sous forme de car­toon/BD, avec trois gars co­ol avec cas­quettes, ca­mi­soles ou ta­touages, etc.? Il y a le titre «Par­lons Meth & Sexe». Oui, on parle bel et bien ici du «Chem­sex» (comme on dit dans le jar­gon), soit d’avoir des re­la­tions sexuelles tout en consom­mant des drogues comme le crys­tal meth.

Ce phé­no­mène, loin de ra­len­tir, tend à prendre de l’am­pleur dans cer­taines po­pu­la­tions d’hommes gais, bis ou queers. Cer­tains en souffrent et veulent y mettre fin. Mais com­ment faire? Le pro­gramme KON­TAK de SI­DA Bé­né­voles Mon­tréal – mieux connu sous l’acro­nyme ACCM (AIDS Com­mu­ni­ty Care Mon­treal) – a créé un pro­jet spé­cial pour ai­der ces hommes-là, des ate­liers de dis­cus­sions pour qu’ils puissent en par­ler entre pairs, sans ju­ge­ment au­cun… Ces ate­liers de dis­cus­sions s’éta­le­ront de no­vembre à fé­vrier, soit quatre se­maines avant les Fêtes et quatre se­maines après le Jour de l’An. «À ACCM nous croyons que les hommes ayant des re­la­tions avec d’autres hommes (HARSAH) qui consomment des drogues dans un cadre sexuel, Chem­sex, puissent avoir ac­cès à des ser­vices adap­tés à leurs be­soins. L’ap­proche d’in­ter­ve­nants pairs dans ce contexte est une for­mule qui est très ap­pré­ciée de la com­mu­nau­té», dit Da­niel Jo­na­than La­roche, co­or­don­na­teur du pro­jet KON­TAK. Évi­dem­ment, on cherche ici à tra­vailler à la ré­duc­tion des mé­faits, à faire en sorte à ce que ces hommes se sentent plus à l’aise de par­ler ou­ver­te­ment de leurs pra­tiques sexuelles en lien avec le crys­tal meth, les autres fo­rums spé­cia­li­sés sur la toxi­co­ma­nie n’étant peut-être pas as­sez com­pré­hen­sifs en­vers ces hommes. «Avec le pro­gramme KON­TAK, on ré­pond à plu­sieurs be­soins des per­sonnes qui pra­tiquent le Chem­sex à Mon­tréal, sans ju­ger ni stig­ma­ti­ser les gens qui choi­sissent de consom­mer des drogues dans un cadre sexuel, pour­suit Da­niel Jo­na­than La­roche. Au fil des ans, nous avons de plus en plus de de­mandes de gens qui veulent du sou­tien sur leur consom­ma­tion de crys­tal meth. Nous nous aper­ce­vons qu’il y a un gros manque de res­sources adap­tées en toxi­co­ma­nie pour par­ler de sexua­li­té et crys­tal meth; et c’est pire en­core lors­qu’il s’agit d’hommes gais ou bi­sexuels. Nos in­ter­ve­nants, eux-mêmes is­sus de nos com­mu­nau­tés, ont dé­ci­dé d’unir leurs forces pour dé­ve­lop­per des ser­vices adap­tés en sou­tien in­di­vi­duel au­près de ces hommes-là qui ont be­soin d’ac­com­pa­gne­ment.» De Londres à New York en pas­sant par Mon­tréal, on constate les ra­vages du Chem­sex qui est de­ve­nu le su­jet de plu­sieurs études sur la sexua­li­té des hommes gais, bis et queers. Mais la prio­ri­té ici est donc de com­prendre ce que vivent ces hommes. «Dans cet ate­lier, on voit plu­sieurs points avec les par­ti­ci­pants comme les élé­ments dé­clen­cheurs, la ré­duc­tion des mé­faits, com­ment se ré­ap­pro­prier une sexua­li­té sans crys­tal, l’im­por­tance d’un cercle so­cial et bien plus... Nous sa­vons qu’il y a beau­coup plus à faire et c’est pour­quoi à ACCM nous voyons à l’élar­gis­se­ment des ser­vices of­ferts pour la com­mu­nau­té qui de­mande des ser­vices adap­tés pour tout ce qui touche le Chem­sex», sou­ligne le co­or­don­na­teur du pro­jet KON­TAK, Da­niel Jo­na­than La­roche. «Ce ser­vice est of­fert to­ta­le­ment gra­tui­te­ment, il est fon­dé sur les va­leurs de ré­duc­tion des mé­faits de notre com­mu­nau­té et est en­tiè­re­ment ba­sé sur l’ex­pé­rience des pairs. ACCM est très fier d’être à l’avant-garde de pro­blé­ma­tiques in­ter­sec­tion­nelles comme la sexua­li­té et l’usage de drogues», ajoute Jean­sil Bruyère, le di­rec­teur gé­né­ral d’ACCM. «Avec la col­la­bo­ra­tion du Aids Com­mit­tee of To­ron­to (ACT), nous avons adap­té un ate­lier to­ron­tois pour pou­voir l’of­frir à Mon­tréal. Après le suc­cès que nous avons eu avec nos ate­liers (en anglais) de l’au­tomne-hi­ver 2017-2018, nous avons dé­ci­dé de tra­duire l’ate­lier afin de pou­voir l’of­frir en fran­çais à par­tir de no­vembre 2018», com­mente M. La­roche. 6

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