UNE FRIPERIE DESTINÉE AUX PER­SONNES TRANS­GENRES OU NON CONFORMES DE GENRE

Fugues - - Infos - ÉRIC WHITTOM

«Di­ver­genres a mis sur pied un ser­vice pour fa­ci­li­ter la tran­si­tion ves­ti­men­taire chez les per­sonnes trans», ex­plique en en­tre­vue à Fugues Alexys Guay, co­fon­da­trice et ad­mi­nis­tra­trice de cet or­ga­nisme com­mu­nau­taire de Québec. Ap­pe­lé Le Garde-Robe, ce nou­veau ser­vice s’adresse à toutes les per­sonnes trans­genres ou celles non conformes aux sté­réo­types de genres de la grande ré­gion de Québec. «Ça coûte vrai­ment cher de se re­faire une nou­velle garde-robe quand, par exemple, une per­sonne as­si­gnée femme à la nais­sance dé­sire éga­le­ment por­ter des vê­te­ments plus mas­cu­lins. Étant moi-même non bi­naire (ne s’iden­ti­fie ni uni­que­ment femme ni uni­que­ment homme), j’ai le goût de m’ha­biller des fois plus ty­pi­que­ment femme et des fois plus ty­pi­que­ment homme. Ça me prend donc deux garde-robes», illustre-t-elle. Les gens peuvent don­ner le mon­tant qu’ils dé­si­rent ou ap­por­ter des vê­te­ments en échange. «Nous vou­lons que notre ser­vice soit ac­ces­sible. À titre d’exemple, des ado­les­cents nous ont dé­jà re­mis deux dol­lars et ils sont re­par­tis avec de gros sacs de vê­te­ments», ra­conte-t-elle. Elle sou­ligne que les per­sonnes trans vivent sou­vent dans la pré­ca­ri­té, par exemple avec en moyenne 15.000$ par an­née. «Elles su­bissent plus de dis­cri­mi­na­tions. Cer­taines sont ren­voyées ou ne sont pas dans em­bau­chées.» les lo­caux de l’Al­liance Le Garde-Robe Arc-en-Ciel est ou­vert de Québec une fois (435, par rue mois, du Roi). L’ho­raire est pu­blié sur sa page Fa­ce­book. «Les vê­te­ments sont dis­po­sés sur les tables par gran­deur et nous sé­pa­rons les hauts et les bas. Dans une même pile, il peut y avoir des vê­te­ments d’ex­pres­sion de genres très dif­fé­rente.»

Les vê­te­ments pro­viennent de dons per­son­nels, en par­ti­cu­lier des vê­te­ments fé­mi­nins pour les adultes. Les vê­te­ments pour les ado­les­cents com­mencent à être plus nom­breux. Par contre, peu de vê­te­ments pour les en­fants sont dis­po­nibles pour le mo­ment. Les per­sonnes ou les ma­ga­sins qui sou­haitent don­ner des vê­te­ments peuvent com­mu­ni­quer avec Di­ver­genres, à par­tir de sa page Fa­ce­book. «Nous al­lons cher­cher les dons de vê­te­ments dans un rayon de 30km du centre-ville de Québec. Nous re­cher­chons par­ti­cu­liè­re­ment des vê­te­ments d’ex­pres­sion de genres plus mas­cu­line, des grandes tailles et des vê­te­ments pour les en­fants.»

Fon­dé en juin 2017, Di­ver­genres s’est don­né comme mis­sion «de faire de l’édu­ca­tion po­pu­laire et de la dé­mys­ti­fi­ca­tion au su­jet de la plu­ra­li­té des genres: trans­genre, fluide du genre, agenre, de­mi­homme et de­mi-femme, etc.», pré­cise Alexys Guay. Cet or­ga­nisme tient des ate­liers dans les lo­caux de l’Al­liance arc-en-ciel de Québec, toutes les deux se­maines, pour les per­sonnes in­té­res­sées par ce su­jet. En­vi­ron chaque mois, des ate­liers s’adressent spé­ci­fi­que­ment aux membres de la fa­mille et à l’en­tou­rage des per­sonnes de la plu­ra­li­té des genres. L’ho­raire est pu­blié sur sa page Fa­ce­book. À la de­mande des or­ga­nismes com­mu­nau­taires, des ins­ti­tu­tions gou­ver­ne­men­tales et des en­tre­prises, des membres de Di­ver­genres peuvent al­ler pro­non­cer une con­fé­rence ou te­nir une for­ma­tion.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.