Fugues

SCÈNE : DANSE (FARRUQUITO)

-

Bien sûr, les passionné.es de cet art particulie­r n’ont plus besoin d’être convaincu.es. Pour les autres qui voudraient découvrir le flamenco pur, la venue de Farruquito à Montréal, pour une soirée seulement, est une chance inespérée. Farruquito, de son vrai nom Juan Manuel Rodriguez Montoya, a baigné dès son plus jeune âge dans l’univers du flamenco. Dès l’âge de 2 ans, il fait ses premiers pas de danseur sur scène. Pas étonnant quand on est issu d’une grande famille qui perpétue la tradition du flamenco. Farruquito est aujourd’hui l’un des plus grands représenta­nts, sinon le plus grand de sa génération, à être capable de nous faire ressentir l’essence même de cette danse.

Disons-le tout de suite, le flamenco, c’est une relation étroite entre la musique, le chant et la danse, comme tient à le rappeler Farruquito au début de notre entretien téléphoniq­ue alors qu’il termine une tournée aux États-Unis. Impossible pour lui d’imaginer qu’il aurait pu faire autre chose dans la vie. «Le flamenco, c’est une vocation, c’est ma vie, j’ai cela dans le sang, ma famille avait ça dans le sang, jamais je n’ai pensé que je pourrais faire autre chose», nous confie-t-il. D’autant que Farruquito est le petit fils de Farruco, le plus grand danseur gitan de flamenco du XXe siècle, et fondateur d’une école à Séville. D’autant que toute sa famille vit par et pour le flamenco encore aujourd’hui. «Le flamenco, c’est l’expression de la vie dans toute sa complexité, dans ses forces et ses faiblesses, avance le danseur, l’expression de la vie dans la relation avec les autres, car c’est toujours une rencontre et de cette rencontre naît le flamenco. Il y a toujours une part de surprise». Rencontre avec les musiciens, les chanteurs, les danseurs, mais aussi avec le public, en fait, une forme de communicat­ion qui est, selon Farruquito, un véritable partage. «Bien sûr, nous savons à peu près ce que nous allons faire chaque soir sur scène, mais c’est toujours une nouvelle création. Nous devons, aussi bien les chanteurs et les musiciens que les danseurs, nous laisser inspirer parce qui se passe à l’instant même, sans chercher à refaire ce que nous avons déjà fait la veille, et ce n’est pas de l’improvisat­ion, mais une création dans l’instant. Et si le public réagit par des "Olé ", c’est encore mieux», continue Farruquito. Bien sûr, cette capacité à se laisser aller à ces interactio­ns constantes entre les musiciens, les chanteurs et les danseurs ne s’acquière qu’après de nombreuses années de pratique. «C’est une grande discipline, mais tout jeune, je ne pensais qu’à cela, et je recommença­is tout le temps jusqu'à ce que mon grand-père soit satisfait», explique-t-il. Pour Farruquito, le flamenco, dans son exécution la plus orthodoxe, est renouvelé par ce qu’apportent ceux qui aujourd’hui font le choix du flamenco. «La base, les règles ne changent pas, mais ceux qui choisissen­t de le faire sont de leur temps, et la modernité est là», pense le danseur. Quand on lui pose la question, comment convaincre celles et ceux qui seraient réticents à assister à un spectacle de flamenco, la réponse de Farruquito est simple. «Il n’y a rien à expliquer, il faut simplement les amener à voir un spectacle de flamenco. Je ne compte plus le nombre de personnes qui m’ont dit être tombé en amour avec le flamenco après en avoir vu une fois. Le flamenco se vit avant tout, ce sont les émotions, toutes les émotions, qui sont sollicitée­s», conclut le jeune homme de 36 ans. Et si vous voulez vous familiaris­ez avec cet art, il y a, disponible sur YouTube, le documentai­re réalisé en 1995 par Carlos Saura et intitulé simplement Flamenco. On y retrouve d’ailleurs Farruquito, âgé de 13 ans qui danse en compagnie de son grand-père Farruco.

Les spectacles Place des Arts présentent FARRUQUITO, le 9 mars 2019, à la Salle Wilfrid-Pelletier de la Place des arts.Placedesar­ts.com/fr

 ?? DENIS-DANIEL BOULLÉ ??
DENIS-DANIEL BOULLÉ
 ??  ??

Newspapers in French

Newspapers from Canada