Des cli­niques dé­noncent le manque de mé­de­cins

Guide de Montréal-Nord - - ACTUALITÉS DES NOUVEAUX ÉQUIPEMENTS POUR LA MAISON - LES­LIE MEURAILLON les­lie.meuraillon@tc.tc

Entre la dif­fi­cul­té d’at­ti­rer des mé­de­cins et les obs­tacles que ren­contrent les nou­velles ini­tia­tives en san­té, des ges­tion­naires de cli­niques de Mon­tréal-Nord craignent que l’ar­ron­dis­se­ment de­vienne un vé­ri­table « dé­sert mé­di­cal ».

Avec seule­ment quatre mé­de­cins, qui ne sont pas à temps plein, la Cli­nique Rayons de so­leil n’est pas en me­sure de re­ce­voir au­tant de pa­tients qu’elle le vou­drait. Pour­tant, ses lo­caux de la rue d’Amiens peuvent en­core ac­cueillir au moins trois autres pro­fes­sion­nels de la san­té.

« Nous nous po­sons vrai­ment la ques­tion de sa­voir pour­quoi les mé­de­cins n’y viennent pas », confie Wil­ner Mo­ris­seau, ad­mi­nis­tra­teur de la cli­nique. Il n’est pas le seul à se po­ser la ques­tion.

Trois ki­lo­mètres à l’est, Lyette Thé­roux se creuse la tête pour ten­ter d’at­ti­rer cinq mé­de­cins qui per­met­traient à la cli­nique Dé­sy d’étendre ses heures d’ou­ver­ture.

« Ce­la fait long­temps que ça dure, mais les 5 der­nières an­nées ont été dif­fi­ciles. Nous nous ar­ra­chons les can­di­da­tures des nou­veaux mé­de­cins », dé­nonce la ges­tion­naire ad­mi­nis­tra­tive.

Pour­quoi les mé­de­cins se font si rares Mon­tréal-Nord ? Cha­cun y va de son hy­po­thèse.

Cer­tains pensent que le fait d’être loin du centre-ville est un frein. Pour d’autres, Mon­tréal-Nord, un sec­teur qui « fait par­fois les man­chettes » pour les mau­vaises rai­sons, se­rait vic­time d’une mau­vaise ré­pu­ta­tion.

« C’est ca­tas­tro­phique, sur­tout dans un ar­ron­dis­se­ment où la po­pu­la­tion est vieillis­sante » Wil­ner Mo­ris­seau, ad­mi­nis­tra­teur de la Cli­nique Rayons de so­leil

« Il y a aus­si une ques­tion de per­cep­tion de la clien­tèle », avance Ré­gine Laurent, pré­si­dente de la Fé­dé­ra­tion in­ter­pro­fes­sion­nelle de la san­té du Qué­bec (FIQ). Des mé­de­cins pré­fè­re­raient évi­ter les sec­teurs à forte ten­dance mul­ti­cul­tu­relle, où la com­mu­ni­ca­tion avec les pa­tients peut être dif­fi­cile.

SI­TUA­TION PRÉ­OC­CU­PANTE

Peu im­porte les causes, les consé­quences de ce manque de mé­de­cins peuvent être graves pour les Nord-mont­réa­lais.

« Les ci­toyens se ra­massent dans les hô­pi­taux, les gens ma­lades ne vont plus consul­ter. C’est ca­tas­tro­phique, sur­tout dans un ar­ron­dis­se­ment où la po­pu­la­tion est vieillis­sante », s’in­quiète Wil­ner Mo­ris­seau, ad­mi­nis­tra­teur de la Cli­nique Rayons de so­leil.

Se­lon lui, Il fau­drait aug­men­ter le nombre d’in­fir­mières pra­ti­ciennes pour pal­lier le manque de doc­teurs ou en­core re­voir l’or­ga­ni­sa­tion géo­gra­phique des af­fec­ta­tions des nou­veaux mé­de­cins pour pré­voir un quo­ta à Mon­tréal-Nord.

Le gou­ver­ne­ment du Qué­bec ne semble tou­te­fois pas fa­vo­rable à cette idée.

« Nous ne sommes pas dans un état où nous pou­vons dire à un mé­de­cin, « toi, tu vas tra­vailler là ! » », ex­plique Ri­ta de San­tis, dé­pu­tée pro­vin­ciale de Bou­ras­sa-Sau­vé, qui as­sure que le gou­ver­ne­ment du Qué­bec, et le mi­nistre de la San­té, M. Gaé­tan Ba­rette, sont conscients du pro­blème.

« Je ne sais pas ce que nous pou­vons faire. Si je pou­vais faire des mi­racles, je le fe­rais. Nous cher­chons des so­lu­tions, mais elles prennent du temps à être trou­vées », pour­suit-elle.

PRÉ­VE­NIR PLU­TÔT QUE GUÉ­RIR

De son cô­té, l’ar­ron­dis­se­ment avoue n’avoir que peu de marge de ma­noeuvre pour agir dans ce dos­sier qui n’est pas de ses com­pé­tences. Mais les élus mu­ni­ci­paux re­con­naissent qu’ils peuvent agir in­di­rec­te­ment, en amont.

« Ce que nous pou­vons faire, c’est créer des condi­tions pro­pices pour at­ti­rer des mé­de­cins. Amé­lio­rer l’image de Mon­tréal-Nord, en ré­no­vant des parcs, en ins­tal­lant des mar­chés pu­blics,

etc », ob­serve Ch­ris­tine Black, la mai­resse. L’ar­ron­dis­se­ment sou­ligne éga­le­ment ses ef­forts en ma­tière de saines ha­bi­tudes de vie. L’es­poir, c’est qu’une po­pu­la­tion en meilleure san­té, qui mange mieux et bouge plus, n’au­ra pas be­soin de se rendre à la cli­nique aus­si sou­vent.

(Ma­rio Beau­re­gard-TC Me­dia)

L’ad­mi­nis­tra­teur de la cli­nique Rayons de so­leil, Wil­ner Mo­ris­seau, ne com­prend pas pour­quoi les mé­de­cins dé­sertent l’ar­ron­dis­se­ment.

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