Le bec su­cré du chef

Guide Pratique - - Entrevue -

Nous sommes à une époque où l’on parle beau­coup de cui­sine vé­gé­ta­lienne et sans sucre. Que pen­sez-vous de ces mou­ve­ments, vous qui of­frez de purs dé­lices à l’op­po­sé de ces ten­dances? C’est très bien, même ins­pi­rant. Je pense of­frir bien­tôt un beigne vé­gane, mais pas san­té pour au­tant. Les pâ­tis­se­ries res­tent, mal­gré tout, un vice. C’est bon pour le mo­ral. Tout le monde aime man­ger du sucre, à moins que l’on ait si­gné un pacte avec le diable. Les gens re­cherchent la dé­ca­dence, ils aiment se payer une gâ­te­rie. Or, comme me le disent plu­sieurs clients aus­si nu­tri­tion­nistes, il faut sa­voir se mo­dé­rer, sans pour au­tant ou­blier de se faire plai­sir une fois de temps en temps. Il faut que la case bon­heur soit bien rem­plie…

Et vous, qu’est- ce qui rem­plit votre case bon­heur? Oh ( rires). Il y a beau­coup de choses. Mais sur­tout, un bon re­pas au res­tau­rant sans en­fants.

Quel âge ont vos en­fants? J’ai deux filles de un et trois ans.

Ont- elles un pen­chant pour le sucre? La plus jeune mange très peu de sucre, mais la plus grande, quand elle y a goû­té, ça a été le dé­but de quelque chose…

La­quelle de vos créa­tions est sa pré­fé­rée? La roue de truck au ci­tron.

«La cui­sine, c’est une his­toire de pas­sion. Ja­mais je n’ai re­gret­té mon choix!» – Ré­my Cou­ture

De vos dé­buts à aujourd’hui, qu’est-ce qui a chan­gé au­tour de vous quand vous re­gar­dez le monde de la cui­sine ou de la res­tau­ra­tion? Oh, mon Dieu! Beau­coup de choses. Ce que je re­marque sur­tout, c’est l’in­té­rêt des clients pour la proxi­mi­té des ali­ments. On re­cherche des pe­tits agri­cul­teurs, des pro­duits de grande fraî­cheur, tant du cô­té fro­ma­ger, que de ce­lui des fruits ou des lé­gumes… Les gens s’in­té­ressent beau­coup à ce qu’ils mangent.

Quel se­rait le pire plat que l’on pour­rait vous ser­vir? L’huile de truffe. Elle ne goûte pas la truffe, je suis in­ca­pable d’en man­ger. C’est un sno­bisme qui s’est dé­ve­lop­pé pro­fes­sion­nel­le­ment avec le temps dans les cui­sines. L’odeur me ré­pugne. C’est un peu la même chose avec la va­nille ar­ti­fi­cielle. Elle ne de­vrait pas exis­ter!

On vous re­con­naît à vos pâ­tis­se­ries, mais on ignore plus votre cô­té sa­lé. Quel est-il? Je cui­sine beau­coup à la mai­son, en fait, c’est moi qui cui­sine le plus. J’aime tra­vailler à la fois des re­pas très vé­gé­ta­riens ou très car­ni­vores. Genre pas­ser d’une sa­lade de nouilles so­ba, pleine de lé­gumes avec un oeuf mol­let et une vi­nai­grette au gin­gembre à une côte de boeuf avec pa­tates ris­so­lées.

Que met­tez-vous dans votre boîte à lunch? Je mange sou­vent sur la route. J’ai long­temps tra­vaillé dans les res­tau­rants, j’ai donc le dé­faut pro­fes­sion­nel de n’avoir ja­mais pré­pa­ré une boîte à lunch. J’es­saie par contre de faire des choix san­té. De quel ali­ment vous ne pour­riez pas vous pas­ser? Le foie gras. Je pour­rais en man­ger sur mes toasts le ma­tin, tel­le­ment j’aime ça. Juste avec un pain grillé, une fleur de sel et un chut­ney aux ce­rises ou aux can­ne­berges. Je ne le fais pas poê­ler, je le mange seule­ment en ter­rine.

Par­lez-nous de vos pe­tits bon­heurs d’au­tomne. Avec les en­fants, j’aime bien per­pé­tuer les tra­di­tions de mon en­fance. Par exemple, re­tour­ner au ver­ger pour cueillir des pommes, voir les ani­maux de la ferme, cé­lé­brer l’hal­lo­ween, etc. Je ché­ris ces ac­ti­vi­tés. Je me consacre à l’es­sen­tiel de­puis l’ar­ri­vée de mes filles, et ce­la fait du bien. Le tra­vail a long­temps été la prio­ri­té et aujourd’hui, c’est la fa­mille qui ar­rive en pre­mier.

Pour fi­nir, par­lez-nous de la conci­lia­tion tra­vail-fa­mille. À l’ar­ri­vée de mon aî­née, la si­tua­tion a été plus dif­fi­cile. Évi­dem­ment, la pre­mière an­née dé­pen­dait plus de ma­man. Mais en­suite, les choses se sont mises peu à peu en place. Je suis bien en­tou­ré au tra­vail, je peux com­men­cer à dé­lé­guer da­van­tage, ce qui me fa­ci­lite gran­de­ment la vie. La plu­part du temps, je réus­sis à al­ler cher­cher les en­fants le ma­tin et le soir à la gar­de­rie. Ma conjointe est cui­si­nière et a un ho­raire moins flexible que le mien, donc on s’adapte.

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