« N’at­ten­dez pas de tom­ber »

Proches ai­dants

Hebdo Rive Nord - - VIE COMMUNAUTAIRE - NA­THA­LIE VI­GNEAULT

SAN­TÉ. Mar­gue­rite Blais, mar­raine du Re­grou­pe­ment des ai­dants na­tu­rels du Com­té de l’as­somp­tion (RANCA), est ve­nue té­moi­gner de l’im­por­tance des res­sources dé­diées aux proches ai­dants, dont les nou­veaux ate­liers pré­sen­tés par l’or­ga­nisme.

L’an­cienne po­li­ti­cienne a vé­cu un épui­se­ment après avoir me­né de front ses fonc­tions de mi­nistre et s’être oc­cu­pé de son ma­ri Jean-guy Fau­cher, dé­cé­dé des suites d’un can­cer en mars 2015.

« J’ai quit­té l’as­sem­blée na­tio­nale, je ne sa­vais pas pour­quoi. Je l’ai réa­li­sé en­suite : parce que j’étais une « su­per­wo­man », parce que je ne vou­lais pas de­man­der de l’aide, parce que j’étais ca­pable de tout faire toute seule. C’est faux pour­tant ; on a be­soin d’être ai­dée, sou­te­nue et re­con­nue », a ex­pri­mé Mme Blais qui fait va­loir du même coup que le Qué­bec a be­soin d’une vé­ri­table po­li­tique dé­diée aux proches ai­dants.

En ef­fet, dans notre po­pu­la­tion par­mi les plus vieillis­santes, un son­dage de L’AP­PUI es­time à deux mil­lions le nombre de proches ai­dants en 2016 au Qué­bec. Ceux-ci sont ma­jo­ri­tai­re­ment des conjointes, mais aus­si des filles et fils, qui cu­mulent un em­ploi en plus de leur rôle de pa­rent.

« Dans La­nau­dière, 83 % des proches ai­dants de la ré­gion offre une aide quo­ti­dienne équi­va­lente à presque 10 heures par jour. C’est beau­coup, sur­tout lorsque l’on n’a pas d’aide », sou­ligne Mi­chelle Dunn, char­gée de pro­jet des ate­liers INPAC pour le RANCA.

LES AI­DANTS NE SE RE­CON­NAISSENT PAS

Le RANCA a la dif­fi­cile mis­sion d’al­ler re­joindre les proches ai­dants, dans un contexte où ils ne se re­con­naissent pas eux-mêmes, puis­qu’ils se disent « de la fa­mille », donc c’est un geste na­tu­rel qui va de soi.

Ca­ro­line Va­de­bon­coeur, co­or­don­na­trice du RANCA, sou­ligne que l’or­ga­nisme offre des ser­vices à tout type d’ai­dant qui ac­com­pagne tout type d’ai­dé, que ce soit un en­fant qui vit avec un han­di­cap par exemple, ou en­core un jeune ai­dant qui sou­tient un pa­rent vieillis­sant ou ma­lade.

« Ce­la peut nous sur­prendre, mais la ma­jo­ri­té des ai­dants ont entre 45 et 64 ans. L’ap­pau­vris­se­ment et l’épui­se­ment guettent souvent ces jeunes ai­dants qui fi­nissent par tra­vailler à temps par­tiel et même ces­ser leur tra­vail pour ai­der leur pa­rent ou leur proche, sou­ligne Mme Va­de­bon­coeur. Sans ou­blier l’iso­le­ment, car ce n’est pas très « gla­mour » d’être un proche ai­dant ».

L’or­ga­nisme RANCA cu­mule quinze ans d’ex­per­tise en ma­tière de sou­tien aux proches ai­dants et c’est pour­quoi L’AP­PUI La­nau­dière lui a oc­troyé une aide fi­nan­cière jus­qu’en 2020 pour te­nir des ate­liers d’in­for­ma­tion INPAC sur des su­jets aus­si pra­tiques que « Qui fait quoi dans le sys­tème de san­té ? », « Les as­pects lé­gaux dans la perte d’autonomie », « Les ser­vices exis­tants pour ai­dants et ai­dés », « Les as­pects fis­caux et les fi­nances », « Le choix d’un mi­lieu de vie et d’hé­ber­ge­ment ».

(Pho­to Heb­do Rive Nord – Na­tha­lie Vi­gneault)

Ca­ro­line Va­de­bon­coeur, co­or­don­na­trice du RANCA, Chan­tal Des­champs, mai­resse de Re­pen­ti­gny et pré­fète de la MRC L’as­somp­tion, Da­nielle Per­reault, pré­si­dente de L'AP­PUI, Mi­chelle Dunn, char­gée du pro­jet INPAC, Mar­gue­rite Blais, Lise La­val­lée dé­pu­tée de...

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