10 ha­bi­tudes à prendre pour réus­sir son po­ta­ger

Je Jardine - - SOMMAIRE - RE­CHERCHE ET TEXTE MILÉNA BA­BIN EX­PERT-CONSEIL LES UR­BAIN­CUL­TEURS, UR­BAIN­CUL­TEURS.ORG

Pro­fi­ter d'un po­ta­ger ver­doyant et pro­duc­tif n'a rien de sor­cier lorsque l'on est at­ten­tif aux be­soins de base de nos plantes po­ta­gères et que l'on prend la peine d'ins­tau­rer une rou­tine d'en­tre­tien dans notre quo­ti­dien. Voi­ci des ha­bi­tudes payantes pour les jar­di­niers !

Te­nir compte de l'en­so­leille­ment

Les lé­gumes sont plus exi­geants en en­so­leille­ment que la plu­part des autres plantes vi­vaces et an­nuelles. Avant de dé­ter­mi­ner quels lé­gumes vous sou­hai­tez culti­ver dans votre po­ta­ger en terre ou en pots, vé­ri­fiez de com­bien d'heures d'en­so­leille­ment par jour bé­né­fi­cie l'em­pla­ce­ment où il se­ra amé­na­gé. La vaste ma­jo­ri­té des plantes po­ta­gères pré­fèrent le plein so­leil, bien que plu­sieurs d'entre elles se contentent de la miombre. Par plein so­leil, on en­tend de 6 à 8 heures d'en­so­leille­ment par jour. C'est le cas, par exemple, des lé­gumes-fruits (to­mates, poi­vrons, au­ber­gines, etc.). Si vous pro­fi­tez plu­tôt de

4 à 5 heures d'en­so­leille­ment par jour, misez sur des va­rié­tés qui to­lèrent bien la mi-ombre, comme les lé­gumes-feuilles (lai­tues, épi­nards, etc.) et les lé­gumes-ra­cines (ra­dis, ca­rottes, pommes de terre, etc.).

Choi­sir des pots adé­quats

Une er­reur fré­quente liée à la culture en pots consiste à choi­sir des pots de trop pe­tite di­men­sion. Sa­chez d'abord que toutes les plantes po­ta­gères n'ont pas les mêmes be­soins en termes d'es­pace et de pro­fon­deur. Par exemple, les lé­gumes-feuilles n'ont be­soin que de très peu de pro­fon­deur, tan­dis que les lé­gumes qui poussent en hau­teur (to­mates, poi­vrons, etc.) ont be­soin de plus d'es­pace et de pro­fon­deur en rai­son de leur sys­tème ra­ci­naire plus vaste. En­fin, un bon conte­nant pour le po­ta­ger doit res­pi­rer afin de per­mettre à la terre de sé­cher entre les ar­ro­sages. Qu'il soit fait de plas­tique, de grès ou de bois, il doit obli­ga­toi­re­ment conte­nir des trous de drai­nage. On trouve main­te­nant sur le mar­ché des pots en géo­tex­tile : ces der­niers n'ont pas be­soin de trous, puisque le géo­tex­tile res­pire.

Cer­taines va­rié­tés de lé­gumes-ra­cines sont mieux adap­tées à la culture en pots. Par exemple, c'est le cas des ca­rottes naines et des ra­dis ronds, qui né­ces­sitent moins de pro­fon­deur que les ca­rottes longues et les ra­dis longs.

3 Amen­der le sol

Peu im­porte le type de po­ta­ger (en ran­gées, en car­ré, en bacs sur­éle­vés, en conte­nants, etc.), il est es­sen­tiel d'amen­der le sol à l'aide d'amen­de­ments or­ga­niques (com­post, ver­mi­com­post, fu­mier vieilli, etc.). En ef­fet, vous ne pou­vez pas es­pé­rer un bon ren­de­ment de la part de votre po­ta­ger si vous le cul­ti­vez uni­que­ment dans la terre de votre cour ou dans de la terre à jar­din du com­merce. Vos plants man­que­ront ra­pi­de­ment de nu­tri­ments, se trou­ve­ront en ca­rence et se­ront sen­sibles aux ma­la­dies et aux ra­va­geurs. Les amen­de­ments per­mettent de di­ver­si­fier la vie du sol, et donc de ren­for­cir les plants. Ren­dez-vous à la page 21 pour en con­naître da­van­tage sur les dif­fé­rents types d'amen­de­ments.

4 Pré­voir un plan de fertilisat­ion

En plus des amen­de­ments, vous de­vez pré­voir un plan de fertilisat­ion com­plet s'éten­dant de la plan­ta­tion jus­qu'à la fin août, pé­riode après la­quelle il est vain d'of­frir de l'en­grais aux lé­gumes. Ce­la est d'au­tant plus im­por­tant dans le cas d'une culture en pots, car une bonne par­tie des élé­ments nu­tri­tifs s'échappe par les trous de drai­nage des pots lors des ar­ro­sages. Un plan de fertilisat­ion équi­li­bré pour­rait com­prendre, par exemple, une ap­pli­ca­tion d'en­grais à base de fu­mier de poule à la plan­ta­tion, puis aux six se­maines par la suite, en plus d'un en­grais gra­nu­laire et d'un en­grais fo­liaire ap­pli­qués une fois par mois cha­cun et en al­ter­nance aux deux se­maines jus­qu'à la fin de la sai­son. Consul­tez la page 22 pour en con­naître da­van­tage sur les dif­fé­rents types de fer­ti­li­sants.

5 Pailler le sol

Pailler le sol avec une ma­tière or­ga­nique (paille, fibre de co­co, écales de ca­cao, etc.) offre plu­sieurs avan­tages. D'abord, le paillis nour­ri­ra le sol en se dé­com­po­sant. En­suite, il li­mi­te­ra la pro­li­fé­ra­tion des mau­vaises herbes, et en­fin, il contri­bue­ra à main­te­nir un ni­veau d'hu­mi­di­té adé­quat dans votre po­ta­ger. Main­te­nir une cer­taine hu­mi­di­té est pri­mor­dial pour plu­sieurs plantes po­ta­gères qui ré­sistent mal aux grands écarts entre les ar­ro­sages. Les to­mates, par exemple, y sont très sen­sibles. Ce­la évi­te­ra donc bien du stress à vos plants, sur­tout que l'on sait que les plants stres­sés sont plus vul­né­rables aux ma­la­dies et aux ra­va­geurs. Toutes les rai­sons sont bonnes pour pailler le sol !

6 Tu­teu­rer les plants qui en ont be­soin

Cer­tains lé­gumes ont be­soin d'un sup­port par­ti­cu­lier pen­dant la crois­sance. Il im­porte de leur of­frir ce sou­tien pour ob­te­nir une ré­colte sa­tis­fai­sante. Puisque les to­mates à crois­sance dé­ter­mi­née peuvent at­teindre 1 m de hau­teur, il convient de les culti­ver dans des cages à to­mates, une sorte de grillage per­met­tant de sup­por­ter les branches du plant. Les to­mates in­dé­ter­mi­nées, qui peuvent at­teindre jus­qu'à 2 m de hau­teur, ont plu­tôt be­soin d'un tu­teur droit (ex. : bam­bou) ou d'une corde. Dans ce cas, on en­toure la corde tout au­tour de la tige, puis on la rat­tache au toit avec un cro­chet afin de sou­te­nir le plant. Les ha­ri­cots et les pois se contentent quant à eux d'un treillis ou d'un fi­let au­quel ils pour­ront agrip­per leurs vrilles. Les con­combres, de leur cô­té, ont be­soin d'un treillis à gros trous, car leurs fruits peuvent se for­mer à tra­vers le treillis.

7 Ins­pec­ter le po­ta­ger quo­ti­dien­ne­ment

Vi­si­ter votre po­ta­ger tous les jours s'avère un ex­cellent moyen d'évi­ter les en­nuis, puis­qu'il faut agir ra­pi­de­ment en cas d'in­fes­ta­tion, de ma­la­die ou de ca­rence. En pre­nant l'ha­bi­tude d'al­ler ins­pec­ter votre po­ta­ger quo­ti­dien­ne­ment, vous ver­rez dès le pre­mier coup d'oeil s'il y a ca­rence d'eau (tout le po­ta­ger sem­ble­ra alors avoir ra­mol­li) ou de nu­tri­ments (voyez la page 23 pour con­naître les symp­tômes des dif­fé­rentes ca­rences). De plus, en vous pen­chant pour ob­ser­ver votre po­ta­ger de plus près, vous pour­rez dé­tec­ter la pré­sence d'in­sectes in­dé­si­rables. Si pos­sible, re­ti­rez ma­nuel­le­ment les in­sectes que vous voyez à l'oeil nu (li­maces, pié­rides du chou, chry­so­mèles, etc.) pour li­mi­ter leurs dé­gâts. Pro­fi­tez-en aus­si pour désher­ber un peu chaque jour, car les mau­vaises herbes volent de pré­cieux nu­tri­ments à vos plants !

8 Ar­ro­ser au bon mo­ment

La fré­quence des ar­ro­sages va­rie se­lon la mé­téo (pluie, vent, so­leil, etc.). En pé­riode de ca­ni­cule, il se peut donc que l'on doive ar­ro­ser le po­ta­ger abon­dam­ment chaque jour, pour en­suite es­pa­cer nos séances d'ar­ro­sage en cas d'averses consé­cu­tives. Idéa­le­ment, il ne faut pas at­tendre que le feuillage des plants ra­mol­lisse pour ar­ro­ser. Le seul moyen de sa­voir si l'on doit ar­ro­ser est d'en­fon­cer le doigt dans la terre. Si la terre est sèche, on ar­rose. Si elle est en­core hu­mide, on n'ar­rose pas et on fait le test à nou­veau le len­de­main. Les po­ta­gers en pots et en bacs sur­éle­vés né­ces­sitent un ar­ro­sage plus fré­quent que les autres types de po­ta­gers, puisque la quan­ti­té de terre est moins grande, donc celle-ci sèche plus ra­pi­de­ment.

9 Ré­col­ter les lé­gumes dès qu'ils sont prêts

Dans plu­sieurs cas, on a avan­tage à ré­col­ter les fruits dès qu'ils sont prêts. Les cour­gettes, par exemple, doivent être ré­col­tées lors­qu'elles me­surent de 10 à 20 cm de lon­gueur, après quoi leur pe­lure de­vient co­riace et leur chair, amère. Les pois et les ha­ri­cots, eux, doivent être ré­col­tés au fur et à me­sure, sans quoi la pro­duc­tion ces­se­ra. Pen­sez aus­si aux ra­dis, qui dé­ve­loppent une tex­ture fi­breuse et un goût amer s'ils sont lais­sés en terre trop long­temps. En­fin, la lai­tue et la co­riandre ont ten­dance à mon­ter en graines et à de­ve­nir amères si elles ne sont pas ré­col­tées une fois ar­ri­vées à ma­tu­ri­té.

10 Tailler ré­gu­liè­re­ment

À l'aide de sé­ca­teurs propres, taillez les feuilles qui vous semblent ma­lades ou qui sont sé­chées sur vos plants. Ce­la leur per­met­tra de concen­trer leur éner­gie ailleurs, no­tam­ment sur la for­ma­tion des fruits. Vous avez aus­si in­té­rêt à tailler les têtes de vos plants de ba­si­lic pour sti­mu­ler la pro­duc­tion et ob­te­nir un plant dense. À la fin de l'été, si vos plants de to­mates, de concombre ou de cour­gettes pro­duisent de nou­velles fleurs, il est plus sage de les tailler afin que les plants concentren­t leur éner­gie à faire mû­rir les fruits qu'il reste plu­tôt qu'à en pro­duire de nou­veaux.

Pho­to (dans le cadre du Ren­dez-vous hor­ti­cole) : Sté­pha­nie Gué­ri­taud.

Pho­to : Sté­pha­nie Gué­ri­taud.

Amé­na­ge­ment : par la pro­prié­taire. Pho­to : Maxime Ga­gné.

Amé­na­ge­ment : par la pro­prié­taire. Pho­to : Maxime Ga­gné.

Pho­to : Maxime Ga­gné.

Dé­sin­fec­tez tou­jours vos sé­ca­teurs lorsque vous pas­sez d'un plant à un autre afin de ne pas les conta­mi­ner en cas de ma­la­die que vous n'au­riez pas en­core dé­ce­lée !

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