Mé­lis­sa Rat­té ac­cueille une mauvaise amie

Journal Le Lac St-Jean - - ACTUALITÉS - FRANCE PA­RA­DIS france.pa­ra­dis@tc.tc

Mé­lis­sa Rat­té, jour­na­liste/ani­ma­trice à la té­lé­vi­sion de CO­GE­CO TV Al­ma, se re­trouve in­vo­lon­tai­re­ment à chan­ger sa vie. Le 18 avril der­nier, elle a ap­pris une nou­velle bou­le­ver­sante: une amie non in­vi­tée fait main­te­nant par­tie de son corps, la sclé­rose en plaques.

Le diag­nos­tic est tom­bé et elle doit main­te­nant ap­prendre à vivre avec la ma­la­die en sou­hai­tant que les ré­per­cus­sions né­ga­tives se fassent sen­tir le plus tard pos­sible dans sa vie.

« Un coup de pelle ronde en plein dans la face. Bang!!! Je ne l’avais ja­mais vue ve­nir cel­le­là et au­jourd’hui, je dois vivre avec », sou­ligne Mé­lis­sa Rat­té lors d’un en­tre­tien avec TC ME­DIA.

Elle res­sen­tait le be­soin de par­ler de son cas, de dire que la ma­la­die frappe à tout mo­ment et un peu comme pour se li­bé­rer de ce se­cret et amor­cer une forme de gué­ri­son par la pa­role en ra­con­tant son his­toire, une his­toire que bien d’autres per­sonnes vivent elles aus­si.

Et cu­rieu­se­ment, cette his­toire in­ter­vient juste en ce dé­but du mois de mai qui est consa­cré à la sclé­rose en plaques.

Le Ca­na­da af­fiche le plus haut taux de sclé­rose en plaques du monde, comp­tant plus de 100 000 per­sonnes at­teintes.

En quelque 10 ans, à la Cli­nique de la sclé­rose en plaques de l’Hô­pi­tal de Chi­cou­ti­mi, on est pas­sé de 35 à plus de 700 pa­tients qui sont sui­vis.

DES ENGOURDISSEMENTS

Les pre­miers signes que quelque chose n’al­lait pas, Mé­lis­sa a re­mar­qué vers la fin mars un en­gour­dis­se­ment du pied gauche, puis du pied droit puis des deux jambes en mon­tant.

Elle a alors con­sul­té son mé­de­cin de fa­mille qui l’a en­voyée pas­ser des exa­mens IRM dor­sal, lom­baire et cer­vi­cal et le mar­di 18 avril, bang, le diag­nos­tic est tom­bé.

Sa ma­la­die est un syndrome cli­nique iso­lé. C’est une pous­sée de sclé­rose en plaques avec tous les symp­tômes. Ils ne peuvent dire de quel type de sclé­rose il s’agit, mais elle a 80 % de chances de re­faire une deuxième pous­sée dans les dix ans. Il faut donc qu’elle re­passe dans les pro­chains jours un autre test (IRM) pour confir­mer le diag­nos­tic de même qu’une ponc­tion lom­baire.

« J’ai fouillé sur In­ter­net et je re­gar­dais les symp­tômes de la ma­la­die. Je sa­vais que c’était ça, mais c’est comme un pe­tit ti­roir dans ma tête que je re­fer­mais pour ne pas voir. Ça ne se peut pas, j’ai 37 ans, ma vie va su­per bien, ça n’a pas de bon sens. En plus, la se­maine où j’ai re­çu le diag­nos­tic, je me suis sé­pa­ré. La vie m’en veut donc bien… Après ça, il n’y a plus rien de né­ga­tif qui peut m’ar­ri­ver, c’est im­pos­sible », ra­conte Mé­lis­sa. En ap­pre­nant le diag­nos­tic, elle a na­tu­rel­le­ment pleuré toutes les larmes de son corps.

« J’ai pleuré, puis j’ai ar­rê­té et je me suis mis en mode ac­cep­ta­tion. Je n’ai pas le choix, je suis mo­no­pa­ren­tale avec une fille de cinq ans à éle­ver. Ça me don­ne­rait quoi de me mettre en pe­tite boule et de pleu­rer ma vie et de lui en vou­loir, est-ce que ça va m’avan­cer? Du tout », ajoute Mé­lis­sa.

Ses pa­rents sont ve­nus lui prê­ter main-forte, car elle avait les jambes to­ta­le­ment en­gour­dies et lourdes et Mé­lis­sa avait de la dif­fi­cul­té à se dé­pla­cer.

Le fait qu’elle soit diag­nos­ti­quée à 37 ans, donc sur le tard, don­ne­ra une chance à Mé­lis­sa. Sa neurologue a dé­ci­dé de ne pas at­tendre une deuxième pous­sée de la ma­la­die et amorce im­mé­dia­te­ment la mé­di­ca­tion afin de pro­té­ger no­tam­ment le cer­veau qui est le pre­mier or­gane af­fec­té par la ma­la­die.

Tous les jours, pour les an­nées à ve­nir, elle de­vra se don­ner une in­jec­tion de son mé­di­ca­ment qui re­tar­de­ra la ve­nue de la deuxième crise et en di­mi­nue­ra l’in­ten­si­té.

« Je me suis mis en mode sclé­rose en plaques. J’ai mo­di­fié mon ali­men­ta­tion et je prends de la vi­ta­mine D, des Omé­ga 3, je vais conti­nuer à m’en­traî­ner pour gar­der ma masse mus­cu­laire. Je vais de­voir en­le­ver le stress de ma vie, faire du yo­ga et de la mé­di­ta­tion et sur­tout, me re­po­ser, car la ma­la­die ap­porte de la fa­tigue. Je suis ex­trê­me­ment po­si­tive. Quand tu sais contre quoi tu te bats, c’est plus fa­cile. Au­jourd’hui, c’est au­jourd’hui. De­main, c’est de­main et le fu­tur, on ne le connaît pas. Au­jourd’hui, ça va bien, de­main, on ver­ra. La sclé­rose en plaques ne de­vien­dra ja­mais ma meilleure amie, sauf que je ne peux pas l’igno­rer », lance avec phi­lo­so­phie Mé­lis­sa Rat­té.

(Pho­to TC Me­dia – France Pa­ra­dis)

Mé­lis­sa Rat­té doit ap­prendre à vivre avec la sclé­rose en plaques dans son corps.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.