Les risques iront en aug­men­tant dans la ré­gion

Journal Le Lac St-Jean - - AC­TUA­LI­TÉS - SERGE TREM­BLAY re­dac­tion_­ro­ber­val@tc.tc

IN­CEN­DIE. Un an après l’in­cen­die qui a ra­va­gé Fort McMur­ray, en Al­ber­ta, les scien­ti­fiques ont mis au point une carte qui dé­taille les risques de feux de fo­rêt sur l’en­semble du ter­ri­toire ca­na­dien. Le Sa­gue­nayLac-Saint-Jean consti­tue l’une des zones à risque et ce risque n’ira qu’en aug­men­tant avec le temps.

La carte a été mise au point en su­per­po­sant le risque de feu connu dans les dif­fé­rentes ré­gions du pays au com­bus­tible dis­po­nible, soit le type de peu­ple­ment que l’on re­trouve dans un sec­teur don­né. Un peu­ple­ment de vieux co­ni­fères, par exemple, consti­tue un com­bus­tible beau­coup plus à risque qu’un peu­ple­ment de trembles.

LA RÉ­GION À RISQUE

Un ra­pide coup d’oeil à cette nou­velle carte met en lu­mière le fait que le Sa­gue­nay-LacSaint-Jean est dans une zone qui pa­raît être l’une des plus à risque sur le ter­ri­toire qué­bé­cois. La si­tua­tion géo­gra­phique en plein ter­ri­toire fo­res­tier y est évi­dem­ment pour quelque chose, mais les mo­dèles uti­li­sés par les scien­ti­fiques font état d’une hausse im­por­tante des risques d’in­cen­die dans le fu­tur.

« Pour nous, le Lac-Saint-Jean fait par­tie d’une plus grande zone où le risque de feu est de 0,5 à 1% par an­née. La pro­ba­bi­li­té de brû­ler va tou­te­fois for­te­ment aug­men­ter dans le fu­tur pour at­teindre les 3 à 4 % par an­née », pré­cise Yan Bou­lan­ger, cher­cheur en éco­lo­gie fo­res­tière chez Res­sources na­tu­relles Ca­na­da.

Con­crè­te­ment, une pro­ba­bi­li­té de 1% si­gni­fie qu’il y au­ra un cycle de feu sur un ho­ri­zon de 100 ans. À 4%, le cycle de feu de fo­rêt passe à un ho­ri­zon de 25 ans, une dif­fé­rence ma­jeure.

« Cette aug­men­ta­tion des pro­ba­bi­li­tés s’ex­plique entre autres par les chan­ge­ments cli­ma­tiques. Le Lac-Saint-Jean est si­tué dans une zone où la tem­pé­ra­ture va aug­men­ter et donc les risques d’in­cen­die vont aus­si aug­men­ter », sou­ligne Yan Bou­lan­ger.

QUE FAIRE?

La pré­ven­tion conti­nue d’être un élé­ment clé pour évi­ter les feux de fo­rêt. Les bonnes ha­bi­tudes de la part des usa­gers de la fo­rêt peuvent faire la dif­fé­rence et évi­ter plu­sieurs bra­siers, mais il n’est pas pos­sible d’éli­mi­ner toutes les sources d’in­cen­die.

« Il y a des mé­thodes que l’on peut uti­li­ser pour ré­duire le com­bus­tible dis­po­nible au­tour d’un bâ­ti­ment. Les ma­té­riaux uti­li­sés dans la construc­tion d’un bâ­ti­ment peuvent aus­si faire une dif­fé­rence. Il y a un pro­gramme ap­pe­lé In­tel­li-feu qui per­met de cer­ti­fié des com­mu­nau­tés pour ré­duire les risques. Tou­te­fois, au­cune com­mu­nau­té au Qué­bec n’est en­core cer­ti­fiée. Li­mi­ter les risques au­tour des com­mu­nau­tés est une conscience qu’il faut dé­ve­lop­per », de conclure le cher­cheur.

Il faut s’at­tendre à ce que les feux de fo­rêt soient de plus en plus pré­sents au Sa­gue­nay-Lac-Saint-Jean.

(Pho­to gra­cieu­se­té – Res­sources na­tu­relles Ca­na­da) Une carte qui montre l’éva­lua­tion des risques au Sa­gue­nay-Lac-Saint-Jean.

(Pho­to gra­cieu­se­té – Res­sources na­tu­relles Ca­na­da)

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