L’homme qui plan­tait… les mi­nis­tères

Journal Le Lac St-Jean - - COMMENTAIRE -

DÉ­NON­CIA­TION. On peut fa­ci­le­ment at­ti­trer l’ex­pres­sion « L’homme qui plan­tait des arbres » à Brian Scul­lion, le fon­da­teur du Jar­din Scul­lion de l’As­cen­sion qui cé­lèbre ses 30 ans d’exis­tence en lan­çant des nou­veaux at­traits tou­ris­tiques de ni­veau in­ter­na­tio­nal. Mais Brian Scul­lion est de­ve­nu, l’es­pace de deux mi­nutes, « L’homme qui plan­tait les mi­nis­tères de l’En­vi­ron­ne­ment et de la Faune », pour dé­non­cer tous les mor­ceaux de bois que ces mi­nis­tères ont lan­cé dans ses roues pen­dant qu’il ten­tait de réa­li­ser son pro­jet.

Tout le gra­tin po­li­tique et tou­ris­tique était réuni mer­cre­di der­nier pour as­sis­ter en avant­pre­mière à la pré­sen­ta­tion de ces nou­veaux at­traits, soit le nou­veau jar­din de co­ni­fères qui compte plus de 275 va­rié­tés en pro­ve­nance des quatre coins du monde; un nou­veau sen­tier de 4,2 ki­lo­mètres que l’on peut par­cou­rir à bord de pe­tites voi­tures élec­triques et le clou du spec­tacle, un ma­gni­fique pont à arches de 131 pieds de long, imi­tant ce que l’on re­trouve no­tam­ment en Eu­rope.

CRI­TIQUE

Après la cé­ré­mo­nie pro­to­co­laire, Brian Scul­lion a pris quelques mi­nutes de plus.

« J’ai une pe­tite crotte sur le coeur et je dois de vous le dire!

Le mi­nis­tère de l’En­vi­ron­ne­ment, du Dé­ve­lop­pe­ment du­rable et de la Lutte aux chan­ge­ments cli­ma­tiques et le mi­nis­tère de la Faune: ce n’est pas nor­mal qu’une en­tre­prise sans but lu­cra­tif avec une fon­da­tion qui crée un jar­din passe dans le moule comme si c’était une cen­trale nu­cléaire, ce n’est pas nor­mal. […] C’est une honte pour le gou­ver­ne­ment du Qué­bec, c’est un frein au dé­ve­lop­pe­ment éco­no­mique », a lan­cé d’un trait Brian Scul­lion. Ce der­nier com­prend très bien qu’il y a des règles ad­mi­nis­tra­tives qui doivent être res­pec­tées par rap­port à l’en­vi­ron­ne­ment.

« Pour moi, c’est le dos­sier le plus triste de ma vie de voir com­ment c’est com­pli­qué de mon­ter des pro­jets », de pour­suivre le pro­mo­teur qui dit tout haut ce que bien des in­ves­tis­seurs pensent tout bas.

« J’ai même re­çu une lettre du mi­nis­tère de la Faune me de­man­dant de vé­ri­fier s’il y avait des es­pèces vul­né­rables et me­na­cées sur mon ter­rain. Sur la liste, croyez-le ou non, c’était mar­qué le bé­lu­ga du St-Laurent. Je me suis fait un ca­fé, je suis al­lé m’as­seoir une heure près du ruis­seau qui coule sous le nou­veau pont et je suis re­ve­nu à mon bu­reau pour écrire au mi­nis­tère que je n’avais pas vu de bé­lu­ga. Soyons rai­son­nables s’il vous plaît ! », ajoute sar­cas­tique Brian Scul­lion.

En 30 ans, Brian Scul­lion a fait sur­gir d’une terre à l’aban­don un jar­din ma­gni­fique dont la ré­pu­ta­tion dé­passe lar­ge­ment les fron­tières du Qué­bec.

Brian Scul­lion en connaît sans doute au­tant, si­non plus en pro­tec­tion de l’en­vi­ron­ne­ment et des es­pèces que la grande ma­jo­ri­té des fonc­tion­naires qui lui de­mandent de rendre des comptes.

France Pa­ra­dis

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.