Des jeunes qui re­nouent avec un vieux mé­tier

Maya tan­ne­rie et vê­te­ments

L'Écho de La Tuque - - ACTUALITÉS - MI­CHEL SCARPINO mi­chel.scarpino@tc.tc

TAN­NE­RIE. On parle sou­vent du re­tour à la terre chez la nou­velle gé­né­ra­tion et d’un re­gain de po­pu­la­ri­té pour les vieux mé­tiers. L’art de tan­ner les peaux d’ani­maux pas­sionne un jeune couple de La Tuque, Alexis Har­vey et Mé­lis­sa Lau­zon, au point où ils joignent ce ser­vice à leur en­tre­prise dé­jà exis­tante, Maya vê­te­ments.

De­puis quelques se­maines, leur nou­velle tan­ne­rie a ou­vert ses portes à La Tuque. Ils es­timent qu’il s’agi­rait de la seule en­tre­prise de ce do­maine oeu­vrant en Mau­ri­cie.

En af­faires de­puis un peu plus d’un an, avec une en­tre­prise qui pro­duit des vê­te­ments faits avec de la fourrure, on peut af­fir­mer que l’en­tre­prise de Mme Lau­zon et M. Har­vey a le vent… dans les poils.

Le couple se lance dans un do­maine tra­di­tion­nel, lais­sé de cô­té au cours des der­nières dé­cen­nies. Leur en­tre­prise porte main­te­nant le nom de Maya tan­ne­rie et vê­te­ments.

«C’était dans notre plan d’af­faires ini­tial même si on n’en avait pas par­lé pu­bli­que­ment», pré­cise Mé­lis­sa Lau­zon. Le couple vou­lait prendre le temps d’ache­ter tous les équi­pe­ments né­ces­saires pour l’étape deux de son plan d’af­faires.

Ain­si, sans en­trer dans les as­pects tech­niques, on sait qu’une ba­ratte, un bain de trem­page et dif­fé­rents pro­duits chi­miques entrent dans la com­po­si­tion de ce qui est né­ces­saire pour opé­rer une tan­ne­rie.

UN VIEUX MÉ­TIER

Alexis Har­vey était bien conscient, au mo­ment de l’éla­bo­ra­tion de son plan d’af­faires, qu’il s’agis­sait d’un mé­tier tra­di­tion­nel qu’il al­lait ra­me­ner à La Tuque. Comme il n’y avait pas vrai­ment de for­ma­tion sur me­sure pour opé­rer une tan­ne­rie, il lui a fal­lu ap­prendre sur le tas, par lui-même. Il faut dire que le jeune homme est un pas­sion­né de la chasse, du trap­page et de tout ce qui en­toure la fo­rêt. «C’est nou­veau pour moi, mais je me suis tou­jours in­té­res­sé à ce­la. J’avais quand même une bonne idée de la fa­çon de faire.» Il a re­ti­ré énor­mé­ment de conseils de la part de trap­peurs.

«Il fal­lait trou­ver les bons pro­cé­dés puisque nous n’uti­li­sons pas vrai­ment les mé­thodes an­ces­trales. Les nou­velles mé­thodes sont plus per­for­mantes», confie Alexis Har­vey.

RÉ­CU­PÉ­RA­TION ANI­MALE

Ain­si, l’en­tre­prise pré­co­nise la ré­cu­pé­ra­tion ani­male. Par exemple, lors­qu’on doit oc­cire un ori­gnal pour sa viande, pour­quoi ne pas aus­si ré­cu­pé­rer la fourrure pour en faire quelque chose d’utile? «On ne veut sur­tout pas abattre des ani­maux pour rien», ré­pètent les deux jeunes gens d’af­faires.

Les chas­seurs pour­ront donc ame­ner les peaux des ani­maux abat­tus et qui sait, elles pour­ront de­ve­nir des man­teaux, des gants. «Dé­jà, bon nombre de per­sonnes nous ont ap­pro­chés pour tan­ner de la fourrure», pour­suit Mé­lis­sa Lau­zon.

Si des tan­ne­ries plus ar­ti­sa­nales peuvent exis­ter près d’ici, l’en­tre­prise oeu­vrant dans ce do­maine si­tuée la plus près de La Tuque se trouve à Drum­mond­ville, se­lon Mme Lau­zon et M. Har­vey.

TAN­NER? AVAN­TA­GEUX?

Une peau qui n’est pas trans­for­mée voit sa du­rée de vie al­ler jus­qu’à deux ans en­vi­ron. «Quand c’est tan­né, c’est bon pour toute la vie», croient-ils.

De plus, la va­leur d’une fourrure qui est tan­née aug­men­te­ra de fa­çon consi­dé­rable. «Éven­tuel­le­ment, on va en ve­nir à of­frir la taxi­der­mie», en­vi­sage éga­le­ment M. Har­vey. L’en­tre­prise sou­haite élar­gir son mar­ché à la gran­deur du Qué­bec. Avec l’équi­pe­ment de Maya vê­te­ments et tan­ne­rie, on pense être tech­ni­que­ment en me­sure de pou­voir tan­ner entre 200 et 300 mor­ceaux dans une pé­riode de deux se­maines.

«Des trap­peurs ex­pé­ri­men­tés nous disent que nous pro­dui­sons une qua­li­té égale aux tan­ne­ries plus grandes que la nôtre», conclut Mé­lis­sa Lau­zon.

On est par­ti de notre table de sa­lon à créer de pe­tites tuques, à notre ate­lier de confec­tion, plus d’une tan­ne­rie. En un an, l’avan­ce­ment de notre en­tre­prise est au-de­là de nos at­tentes»

- Mé­lis­sa Lau­zon

(Pho­to TC Me­dia - Mi­chel Scarpino)

Alexis Har­vey et Mé­lis­sa Lau­zon.

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