Té­moi­gnages d’hommes vic­times re­cher­chés

Étude sur la vio­lence conju­gale

L'Écho de Maskinongé - - COMMUNAUTÉ - MA­RIE-EVE ALA­RIE ma­rie-eve.bour­goin-ala­rie@tc.tc

Une étude est ac­tuel­le­ment me­née à l’Université du Qué­bec à TroisRi­vières (UQTR) sur le vé­cu des hommes vic­times de vio­lence conju­gale.

Bin­tou-Mi­ran­da Sa­no­kho, can­di­date au doc­to­rat psy­cho­lo­gie et re­cherche cli­nique à l'UQTR, s'in­té­resse de­puis plu­sieurs an­nées au vé­cu des vic­times de vio­lence conju­gale. Elle a dé­jà fait des re­cherches sur les femmes vic­times de vio­lence conju­gale et sur la cri­mi­na­li­té des femmes. Elle a éga­le­ment ef­fec­tué un stage dans des centres ac­cueillant des femmes vic­times.

«C'est ar­ri­vé quelques fois qu'elles nous ra­con­taient des épi­sodes où elles avaient été vio­lentes avec leur conjoint. Il faut sa­voir qu'il y a dif­fé­rents types de vio­lence conju­gale : si­tua­tion­nelle, soit de faible de­gré comme des in­sultes entre conjoints ou une gifle, le ter­ro­risme conju­gal qui consiste en une ten­ta­tive de contrôle du conjoint et la ré­sis­tance vio­lente quand la per­sonne contrô­lée ré­agit à la vio­lence re­çue. C'est un peu tout ça qui m'a pous­sée à vou­loir tra­vailler sur la vio­lence conju­gale vé­cue par les hommes », ex­plique Mme Sa­no­kho.

Peu de re­cherches ont été pro­duites sur le su­jet. Les hommes sont vic­times de vio­lence conju­gale dans 21 % des cas, d'après les sta­tis­tiques sur le su­jet. Mme Sa­no­kho veut voir le fonc­tion­ne­ment de la vio­lence, ses consé­quences et ob­te­nir le point de vue des hommes sur ce su­jet et com­prendre comment ils vivent la vio­lence conju­gale.

«Je veux qu'on en ar­rive à une meilleure com­pré­hen­sion de la vio­lence dans le couple pour dé­ve­lop­per une meilleure prise en charge des hommes vic­times et des femmes vio­lentes et vio­len­tées », pré­cise-t-elle.

« Je pense qu'on a une image un peu uni­la­té­rale de la vio­lence. Elle a pour­tant beau­coup de di­men­sions. Je veux com­prendre ce qui se passe pour ces hommes. On sait qu'ils ont de la dif­fi­cul­té à en par­ler lors­qu'ils sont vic­times de vio­lence conju­gale. Si la re­cherche per­met de mon­trer qu'ils n'ont pas à être hon­teux, que ça ne veut pas dire qu'ils sont faibles. Ils sont des êtres hu­mains comme tout le monde. Et sou­vent, des hommes ne savent pas qu'ils sont vic­times de vio­lence conju­gale », pour­suit Mme Sa­no­kho.

La vio­lence conju­gale peut être phy­sique, sexuelle (har­cè­le­ment, ex­ploi­ta­tion, agres­sion), psy­cho­lo­gique (do­mi­na­tion, in­ti­mi­da­tion, iso­ler le par­te­naire de son en­tou­rage), fi­nan­cière (vo­ler, frau­der, re­fu­ser l'ac­cès aux res­sources fi­nan­cières) et spi­ri­tuelle (uti­li­ser la re­li­gion pour ri­di­cu­li­ser).

RE­CHERCHE. D’autres hommes re­cher­chés

(©De­po­sit­pho­tos.com)

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