Se re­le­ver après un in­cen­die dé­vas­ta­teur

L'Écho de Maskinongé - - ACTUALITÉS - PIER-OLI­VIER GAGNON po­ga­gnon@le­cho­de­mas­ki­nonge.com

SAINT-PAU­LIN.

Le 22 mai 2016, c’est une dure épreuve qui est ve­nue se col­ler à un pro­jet dé­jà ar­du d’éta­blir sa propre en­tre­prise agri­cole à Saint-Pau­lin.

Pro­prié­taire de sa ferme lai­tière de­puis un peu plus de quatre ans sur le rang Beau­val­lon, Steve Croi­se­tière a de­man­dé l'in­ter­ven­tion des pom­piers d'ur­gence pour un feu qui ve­nait d'écla­ter dans son gagne-pain si­tué aux li­mites de Saint-Pau­lin et Saint-Alexis-des-Monts.

Puis­sant, l'in­cen­die a tou­ché trois bâ­ti­ments, dont la ferme qui a aus­si­tôt été ré­duite en cendres. « C'était une jour­née chaude, ven­teuse et c'était très sec au sol. Toutes les condi­tions étaient réunies pour com­pli­quer le tra­vail des pom­piers et ré­duire les chances de sau­ver quelque chose. J'étais en train de dé­man­te­ler un si­lo quand une étin­celle a tou­ché le sol et a dé­ci­dé de faire son che­min jus­qu'à la ferme à proxi­mi­té », se sou­vient Steve Croi­se­tière, pro­prié­taire.

Lors de cet in­cen­die, le pro­prié­taire a pu sau­ver une di­zaine de bêtes, sur près de 70 têtes, dont 31 en lac­ta­tion. Heu­reu­se­ment, la ré­si­dence du couple Clau­del La­my et Steve Croi­se­tière a été épar­gnée des flammes.

Plus d'un an après cet évè­ne­ment, ce sou­ve­nir reste bien gra­vé dans la mé­moire du jeune en­tre­pre­neur. Il est pro­ba­ble­ment l'un des plus dif­fi­ciles à se rap­pe­ler. « Mon en­tre­prise était très jeune. Je ve­nais de dé­bu­ter et en agri­cul­ture, on dit sou­vent que ça va mieux après cinq ans. C'est en­core plus dif­fi­cile parce que je n'avais pas les reins so­lides », par­tage M. Croi­se­tière.

Dès le len­de­main, l'agri­cul­teur était à la table à des­sin dans l'es­poir de pou­voir re­bâ­tir avec les moyens dont il dis­po­sait.

« C'était clair que je vou­lais re­bâ­tir. Il fal­lait que je me mette quelque chose de po­si­tif dans la tête. C'était mon nou­veau pro­jet que je vou­lais ima­gi­ner. J'ai ras­sem­blé des pa­piers et j'ima­gi­nais ma nou­velle ferme ».

RECONSTRUCTION

À peine deux se­maines après l'in­cen­die, les ruines avaient été ré­cu­pé­rées. La fa­mille, des amis et des voi­sins ont mis l'épaule à la roue. Même la Re­lève agri­cole de la Mau­ri­cie avait or­ga­ni­sé une cor­vée pour faire le mé­nage avec une ving­taine de per­sonnes ve­nant de par­tout à tra­vers la ré­gion. À la fin oc­tobre, Steve Croi­se­tière met­tait de l'avant son nou­veau pro­jet. « Ç'a n'a pas été fa­cile ! Tu as beau vou­loir, mais il y a tou­jours des gens qui te rendent ça dif­fi­cile. En plus, il y a tou­jours des com­pro­mis à faire en bâ­tis­sant. Heu­reu­se­ment, la fa­mille et des amis m'ont of­fert beau­coup de sou­tien», avoue-t-il.

La construc­tion du nou­veau bâ­ti­ment s'est éche­lon­née sur plu­sieurs mois. Les pre­mières vaches ont fi­na­le­ment pu en­trer dans le nou­veau bâ­ti­ment à par­tir du mois d'avril 2017 alors que la pre­mière li­vrai­son de lait a été réa­li­sée le 1er mai sui­vant.

Au­jourd'hui, Steve Croi­se­tière pos­sède près de 50 vaches en lac­ta­tion et près de 70 têtes au to­tal. Bien­tôt, son pro­jet est d'aug­men­ter son trou­peau et de faire l'ac­qui­si­tion de nou­velles terres pour ali­men­ter en nour­ri­ture ses pen­sion­naires.

Sa dé­ter­mi­na­tion, sa per­sé­vé­rance, son au­dace et son cou­rage lui ont per­mis de se re­le­ver de cette triste aven­ture. Quelques mois après avoir dé­bu­té les opé­ra­tions dans son nou­veau bâ­ti­ment de ferme, il se dit fier de ses ac­com­plis­se­ments, d'être un men­tor et un mo­dèle pour la re­lève agri­cole.

(Pho­to Pier-Oli­vier Gagnon)

Steve Croi­se­tière, pro­prié­taire de la Ferme Steve Croi­se­tière de Saint-Pau­lin.

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