FAIT-ON FAUSSE ROUTE ? LES RÉ­PONSES DU PROF FOR­TIN

LES RÉ­PONSES DU PROF FOR­TIN

L’actualité - - L’ACTUALITÉ - par Pierre For­tin, École des sciences de la ges­tion de l’UQAM

Le gou­ver­ne­ment Couillard a-t-il rai­son de vi­ser le retour à l’équi­libre bud­gé­taire ? Va-t-il trop vite ? Met-il en danger la crois­sance, l’em­ploi et la bonne ges­tion des ser­vices pu­blics ?

Le gou­ver­ne­ment Couillard a-t-il rai­son de vi­ser le retour à l’équi­libre bud­gé­taire ? Va-t-il trop vite en af­faires ? Met-il en danger la crois­sance, l’em­ploi et la bonne ges­tion des ser­vices pu­blics ?

Non. Il y a crise fi­nan­cière quand un gou­ver­ne­ment éprouve de plus en plus de dif­fi­cul­té à payer les in­té­rêts sur sa dette ac­cu­mu­lée. Or, le Qué­bec ne se trouve pas du tout dans une telle si­tua­tion.

L’État a frô­lé la crise fi­nan­cière à deux re­prises de­puis 45 ans, en 1983 et en 1996. Chaque fois, le pour­cen­tage du re­ve­nu in­té­rieur (PIB) qu’il a dû pré­le­ver — en im­pôts et taxes au­près des par­ti­cu­liers et des en­tre­prises — pour ho­no­rer ses charges d’in­té­rêts a at­teint un som­met. En 1983, le gou­ver­ne­ment Lé­vesque a ré­so­lu le pro­blème en im­po­sant de dures com­pres­sions sa­la­riales à ses em­ployés. En 1996, le gou­ver­ne­ment Bou­chard s’en est sor­ti en sou­met­tant le bud­get du Qué­bec à sa Loi sur l’éli­mi­na­tion du dé­fi­cit et l’équi­libre bud­gé­taire, sou­vent ap­pe­lée la « loi du dé­fi­cit zé­ro » (voir le gra­phique 1).

De­puis 1996, l’État n’a ja­mais éprou­vé de dif­fi­cul­té à ho­no­rer ses obli­ga­tions. Le poids des in­té­rêts a conti­nuel­le­ment di­mi­nué de­puis 20 ans. Il est pas­sé de 4,8 % du PIB en 1995 à 2,7 % en 2015. Sans cet al­lé­ge­ment de 40 %, le ser­vice de la dette du Qué­bec (la somme à dé­bour­ser pour payer les in­té­rêts sur la dette) au­rait coû­té 18,5 mil­liards de dol­lars cette an­née, au lieu des 10,5 mil­liards pré­vus au bud­get 2015-2016.

Ce n’est rien de com­pa­rable à la Grèce, à Por­to Ri­co ou à la ville de Dé­troit. Loin de ma­ni­fes­ter de l’in­quié­tude au su­jet de la ca­pa­ci­té fi­nan­cière du Qué­bec, les agences de no­ta­tion ont haus­sé ou main­te­nu sa cote de cré­dit de­puis 15 ans, y com­pris après la ré­ces­sion mon­diale de 2008-2009.

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