ADRÉ­NA­LINE ET HÉ­MO­GLO­BINE

C’est l’une des for­ma­tions les plus po­pu­laires au Qué­bec. Voi­ci pour­quoi on se bous­cule en soins pré­hos­pi­ta­liers d’ur­gence.

L’actualité - - GRAND DOSSIER - Par Isa­belle Gré­goire

Sang sur les mains, oe­dème aux lèvres, dou­leur au dos. Vic­time d’un ac­ci­dent de voi­ture, Do­ra-El­sy Blan­chette a réus­si à sor­tir de sa voi­ture quand deux tech­ni­ciens am­bu­lan­ciers pa­ra­mé­di­caux ar­rivent. Ras­su­rants, ap­pli­qués, ils éva­luent l’état de la jeune femme, lui mettent un col­let cer­vi­cal, l’al­longent sur une planche dor­sale, prennent ses signes vi­taux, puis la glissent sur un ma­te­las im­mo­bi­li­sa­teur avant de la trans­por­ter en ci­vière jus­qu’à l’am­bu­lance.

Cette scène, fic­tive, se dé­roule au la­bo­ra­toire de si­mu­la­tion d’in­ter­ven­tions en trau­ma­to­lo­gie du cé­gep de Saint-Hya­cinthe. Do­ra-El­sy et une di­zaine de ses condis­ciples de troi­sième an­née en soins pré­hos­pi­ta­liers d’ur­gence jouent le rôle que l’en­sei­gnant leur a as­si­gné : ac­ci­den­té ou pa­ra­mé­di­cal. Chaque fois dif­fé­rents, ces « ac­ci­dents » fe­ront bien­tôt par­tie de leur quo­ti­dien : chute d’un bal­con, bles­sure cau­sée par une scie à chaîne... Leurs moindres gestes sont scru­tés par l’en­sei­gnant, qui donne ses com­men­taires à la fin de l’exer­cice. « C’est la meilleure fa­çon de consta­ter nos er­reurs et de ne pas les ré­pé­ter, dit Vincent Mo­rand, 18 ans, ca­det de la co­horte. Ça m’est ar­ri­vé de “tuer” mon pa­tient : c’est sûr que je vais m’en sou­ve­nir ! »

Les cours pra­tiques se dé­roulent dans des salles com­pre­nant la par­tie ar­rière d’une vé­ri­table am­bu­lance, une voi­ture dans la­quelle s’en­tassent des man­ne­quins bles­sés, ain­si que des dé­cors va­riés (chambre d’un centre pour per­sonnes âgées, sa­lon d’un bun­ga­low, es­ca­lier en co­li­ma­çon...). Les étu­diants font éga­le­ment des si­mu­la­tions à l’ex­té­rieur du cé­gep (ferme, fo­rêt...). En­fin, ils s’ini­tient à la conduite d’ur­gence sur la piste de course au­to­mo­bile de Saint-Hya­cinthe.

Le pro­gramme de soins pré­hos­pi­ta­liers d’ur­gence est l’un des plus po­pu­laires au Qué­bec, sur­tout chez les gar­çons. Il jouit d’un ex­cellent taux de pla­ce­ment, mais c’est aus­si l’un des plus contin­gen­tés. Créé en 2006 et of­fert dans neuf cé­geps et deux col­lèges pri­vés, il re­flète l’évo­lu­tion du mé­tier : les bran­car­diers d’au­tre­fois sont de­ve­nus des tech­ni­ciens pra­ti­quant cer­tains actes mé­di­caux et ad­mi­nis­trant des mé­di­ca­ments.

Le DEC ne suf­fit tou­te­fois plus pour exer­cer ce mé­tier. De­puis 2011, les di­plô­més doivent pas­ser l’éva­lua­tion du Pro­gramme na­tio­nal d’in­té­gra­tion cli­nique du mi­nis­tère de la San­té. Cet exa­men, dont le taux de réus­site avoi­sine les 70 %, per­met à ceux qui le réus­sissent de s’ins­crire au Re­gistre na­tio­nal de la main-d’oeuvre des tech­ni­ciens am­bu­lan­ciers.

Exer­cice au la­bo­ra­toire de si­mu­la­tion d’in­ter­ven­tion en trau­ma­to­lo­gie du cé­gep de SaintHya­cinthe.

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