L’AMOUR AU TEMPS DE LA COUPE STAN­LEY 50 nuances de Ca­li­gu­la

L’actualité - - CULTURE -

Dif­fi­cile d’ima­gi­ner meilleure fe­nêtre de sor­tie pour un film ti­tré Ça sent la coupe. Alors que le Ca­na­dien ca­ra­cole au som­met du clas­se­ment de la LNH, le Qué­bec tout en­tier se prend en ef­fet à rê­ver d’un prin­temps glo­rieux… Une pré­ci­sion s’im­pose, tou­te­fois : si le nou­veau film de Pa­trice Sau­vé ( La vie, la vie, Grande Ourse) a pour toile de fond une sai­son de la Sainte-Fla­nelle et que le ho­ckey y est om­ni­pré­sent, il s’agit d’abord d’une his­toire d’amour et d’ami­tié. Ti­ré du ro­man épo­nyme de Mat­thieu Simard, pa­ru en 2004, Ça sent la coupe met en ve­dette Louis-Jo­sé Houde in­car­nant un fa­na­tique dont la pas­sion pour le CH met en pé­ril sa re­la­tion amou­reuse. (En salle le 24 fé­vrier) Ca­li­gu­la est la pièce la plus jouée d’Albert Ca­mus. Son pro­ta­go­niste, em­pe­reur ro­main épris d’ab­so­lu, dé­çu du monde au point de re­non­cer à la réa­li­té, a été pour l’écri­vain fran­çais (1913-1960) l’oc­ca­sion d’ex­plo­rer la no­tion d’ab­surde. L’oeuvre se­ra à l’af­fiche du TNM du 14 mars au 8 avril, dans une mise en scène de Re­né Richard Cyr, qui a choi­si de si­tuer son Ca­li­gu­la (dont le per­son­nage-titre est in­ter­pré­té par Be­noît McGin­nis) dans le Pa­ris exis­ten­tia­liste des an­nées 1940. Pour la pe­tite his­toire, il existe deux ver­sions de la pièce, sub­stan­tiel­le­ment dif­fé­rentes, l’une de 1941 et l’autre de 1944. Entre les deux, le jeune Ca­mus me­sure les ef­fets de la guerre sur l’Eu­rope, ce qui le convainc que le ni­hi­lisme au­quel abou­tit sa pre­mière ver­sion est in­dé­fen­dable. Dans la se­conde, qui est jouée de­puis, le per­son­nage de Che­rea re­fuse de cé­der à la lo­gique de Ca­li­gu­la, fai­sant le pa­ri de croire en la vie.

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