L’ex­trême gauche four­bit ses armes

FOUR­BIT SES ARMES

L’actualité - - SOMMAIRE - PAR YVES SCHAËFF­NER

Il n’y a pas que l’ex­trême droite qui se ra­di­ca­lise aux États-Unis de­puis l’élec­tion de Do­nald Trump. Des groupes ar­més de gauche sortent aus­si de l’ombre.

IL N’Y A PAS QUE L’EX­TRÊME DROITE QUI SE RA­DI­CA­LISE AUX ÉTATS-UNIS DE­PUIS L’ÉLEC­TION DE DO­NALD TRUMP. DES GROUPES AP­PRENNENT LES RU­DI­MENTS DE LA BOXE, D’AUTRES TENDENT LES B­TONS. UN GROUPE ARME EST MEME SOR­TI DEL ’OMBRE. NOTRE JOUR­NA­LISTE LES A REN­CON­TRÉS.

ILS sont une ving­taine à s’être don­né ren­dez-vous dans un lo­cal où se réunit d’or­di­naire un pe­tit groupe d’anar­chistes de l’ouest de Chi­ca­go. En ce sa­me­di après-mi­di, il y a des syn­di­ca­listes en sur­vê­te­ment, des fé­mi­nistes en leg­gings, des an­ti­ra­cistes en short. Ils ne sont pas ve­nus pour dis­cu­ter in­éga­li­tés so­ciales ou désobéissa­nce ci­vile, mais pour ap­prendre les ru­di­ments de la ba­garre. Les tables ont été pous­sées le long des murs et d’épais ta­pis de mousse oc­cupent l’es­sen­tiel de l’es­pace. « On va com­men­cer par ce que l’on ap­pelle le “di­rect” en boxe. C’est par­fait pour frap­per le nez, les dents, la bouche, le men­ton, la gorge, le plexus. N’im­porte où au mi­lieu du corps », pré­cise Grey, un mi­li­tant anar­chiste spé­cia­liste du taek­won­do.

La plu­part des par­ti­ci­pants sont des no­vices. Quelques-uns, comme Ade­line, savent dé­jà se ser­vir de leurs poings. « J’ai as­su­ré la sé­cu­ri­té pour un syn­di­cat et pour des ras­sem­ble­ments de Black Lives Mat­ter », pré­cise-t-elle au groupe.

L’ins­ti­ga­teur du cours, le col­lec­tif Hay­ma­ker Gym, fon­dé en jan­vier 2017 à Chi­ca­go, se dé­crit comme « fiè­re­ment an­ti­sexiste, an­ti­ra­ciste et an­ti­fas­ciste ». Et il pro­met de « com­battre la droite avec un bon cro­chet de la gauche ». Tous les par­ti­ci­pants disent être là en rai­son du cli­mat po­li­tique trouble aux États-Unis de­puis l’élec­tion de Do­nald Trump. Les or­ga­ni­sa­teurs tout comme les élèves ont d’ailleurs de­man­dé à ce qu’on taise leur nom. Leur crainte ? Faire l’ob­jet de re­pré­sailles de la part de l’ex­trême droite.

Hay­ma­ker Gym n’est pas le seul groupe an­ti­fas­ciste et pro-coups de poing à avoir vu le jour aux États-Unis ces deux der­nières an­nées. Du Min­ne­so­ta à la Ca­li­for­nie, de plus en plus de mi­li­tants de gauche or­ga­nisent des séances d’en­traî­ne­ment aux arts mar­tiaux. À New York, par exemple, la Base or­ga­nise chaque se­maine des cours d’au­to­dé­fense pour les com­mu­nau­tés LGBTQ, les mi­no­ri­tés et les mi­li­tants an­ti­fas­cistes. Sou­vent liés aux mou­ve­ments anar­chiste et an­ti­fas­ciste, ces cours sont gé­né­ra­le­ment peu pu­bli­ci­sés, de peur que leurs adeptes soient ci­blés par l’ex­trême droite.

Plus sur­pre­nant en­core : un groupe d’ex­trême gauche ar­mé, les Red­neck Re­volt, s’ac­tive sur le ter­rain de­puis la cam­pagne pré­si­den­tielle amé­ri­caine. En 2017, il était pré­sent lors de ma­ni­fes­ta­tions op­po­sant ex­trême droite et ex­trême gauche à Phoe­nix, en Arizona, à Pi­ke­ville, au Ken­tu­cky, et à Char­lot­tes­ville, en Ca­ro­line du Nord, pour as­su­rer la sé­cu­ri­té des mi­li­tants de gauche.

« On a vu une aug­men­ta­tion des crimes hai­neux, et que l’ex­trême droite s’or­ga­ni­sait de plus en plus », ra­conte Pa­trick, 35 ans, un des co­fon­da­teurs du Hay­ma­ker Gym. Comme un nombre gran­dis­sant de mi­li­tants d’ex­trême gauche, il consi­dère que le temps des pa­roles est ré­vo­lu. « L’ex­trême droite a dé­cla­ré la guerre. Ce se­rait stu­pide d’igno­rer ses me­naces d’at­ta­quer et de tuer des gens, clame-t-il. La droite compte beau­coup d’an­ciens mi­li­taires dans ses rangs, des gens qui s’en­traînent dans leurs temps libres. Ils ont dé­jà le sen­ti­ment d’être en guerre. » À gauche, beau­coup ne se rendent pas compte de la si­tua­tion, se­lon Pa­trick. «Ils pensent que l’on peut avoir un dé­bat ra­tion­nel avec l’ex­trême droite, mais on voit que cette fa­çon de pen­ser est en train de s’ef­fri­ter. »

Short en jean cou­pé, lu­nettes d’in­tel­lo et sil­houette de poids plume, Pa­trick a plus l’air d’un prof de phi­lo­so­phie que d’un boxeur. Au­jourd’hui, il est res­pon­sable de la sé­cu­ri­té. Au lieu de co­gner sur les sacs de boxe avec ses ca­ma­rades, il se tient près de la porte et sort ré­gu­liè­re­ment sur le trot­toir pour sur­veiller les alen­tours. « Les fas­cistes savent qu’on existe et ils ont dé­cla­ré leur in­ten­tion de ve­nir pour nous at­ta­quer ou van­da­li­ser notre lo­cal, sou­tient-il. On prend cette me­nace très au sé­rieux. »

Si Pa­trick et ses ca­ma­rades as­surent ne ver­ser que dans l’au­to­dé­fense, d’autres mi­li­tants an­ti­fas­cistes consi­dèrent que le dis­cours « hai­neux » de

l’ex­trême droite de­puis l’élec­tion de Trump jus­ti­fie une sorte de « vio­lence pré­ven­tive ». Ri­chard Spen­cer, lea­der au­to­pro­cla­mé de l’alt-right, la nou­velle ex­trême droite en ves­ton-cra­vate, l’a ap­pris à ses dé­pens en jan­vier 2016. Il a été frap­pé en plein vi­sage par un mi­li­tant an­ti­fas­ciste alors qu’il ac­cor­dait une en­tre­vue à une chaîne de té­lé­vi­sion à Wa­shing­ton. La vi­déo a été vue des mil­lions de fois sur In­ter­net, ce qui a ré­vé­lé au grand pu­blic l’exis­tence d’une nou­velle gauche prête à en dé­coudre. Sou­dai­ne­ment, dans les pages du New York Times comme à l’an­tenne de Fox News, l’Amé­rique s’est de­man­dé s’il était ac­cep­table de « co­gner un na­zi ». Quelques mois plus tard, le ras­sem­ble­ment « Unite the Right » (unir la droite) à Char­lot­tes­ville, en Vir­gi­nie, vien­dra re­lan­cer le dé­bat.

En­vi­ron un mil­lier de su­pré­ma­cistes blancs s’y sont don­né ren­dez-vous la fin de se­maine du 11 août 2017 pour pro­tes­ter contre le dé­bou­lon­nage d’une sta­tue du lea­der confé­dé­ré Ro­bert Lee. Ri­chard Spen­cer y est avec plu­sieurs gardes du corps. Il y a aus­si des membres du Ku Klux Klan, d’Iden­ti­ty Evro­pa, de la Ligue du Sud, du Mou­ve­ment na­tio­nal- so­cia­liste (néo­na­zi), tous des groupes d’ex­trême droite. Après avoir dé­fi­lé en scan­dant des slo­gans fas­cistes (« Sang et terre », « Les Juifs ne nous rem­pla­ce­ront pas ») à la lueur des flam­beaux le ven­dre­di soir, ils se réunissent le len­de­main au pied de la sta­tue du gé­né­ral Lee dans un pe­tit square du centre-ville.

Ar­més de bâ­tons, de bou­cliers, de bombes la­cry­mo­gènes, de ré­vol­vers, ces mi­li­tants d’ex­trême droite sont ma­ni­fes­te­ment prêts à se battre. « C’est juste pour nous pro­té­ger des gau­chistes et des com­mu­nistes. Quand les choses de­viennent plus vio­lentes, on doit uti­li­ser tous les moyens pour se pro­té­ger. On n’est pas là pour se faire je­ter des trucs et être bles­sés », dit l’un de ces mi­li­tants, mu­ni d’un bou­clier af­fi­chant le sym­bole (une sorte de « V » in­ver­sé) de Ge­ne­ra­tion Iden­ti­ty, un grou­pus­cule iden­ti­taire dont l’idéo­lo­gie re­joint celle des su­pré­ma­cistes blancs. À l’en­trée du parc, une mi­lice pa­ra­mi­li­taire com­po­sée d’une quin­zaine de per­sonnes, ar­mées de fu­sils se­mi-au­to­ma­tiques AR-15 et vê­tues de gi­lets pare-balles, pro­tège éga­le­ment les fas­cistes.

En face, la foule est dis­pa­rate : des membres du cler­gé, des pa­ci­fistes, des membres du groupe de dé­fense des droits des Afro-Amé­ri­cains Black Lives Mat­ter, mais aus­si des mi­li­tants an­ti­fas­cistes. Cer­tains ont des bâ­tons, des bombes la­cry­mo­gènes, des bou­cliers, des condoms rem­plis d’urine. «Ces sa­lauds uti­lisent du poivre de Cayenne. Je me suis pré­pa­ré », ex­plique un de ces mi­li­tants en bran­dis­sant un bâ­ton de ba­se­ball et un masque à gaz.

Tout comme les mi­li­tants d’ex­trême droite, ces an­ti­fas­cistes ne sont pas ve­nus seuls. Une dou­zaine de membres de Red­neck Re­volt, ban­da­na rouge au­tour du cou, ar­més d’AR-15, de fu­sils à pompe ou de ré­vol­vers, as­surent la sé­cu­ri­té du parc, qui leur sert de base ar­rière. À deux coins de rue des su­pré­ma­cistes blancs.

Dif­fi­cile de dire com­bien sont membres de Red­neck Re­volt, un groupe fon­dé en 2009 au Kan­sas et in­con­nu il

y a en­core quelques mois. Il comp­te­rait une qua­ran­taine de branches dans plus de la moi­tié des États amé­ri­cains. La plu­part des Red­neck sont très jeunes. Cer­tains ont à peine 18 ans. Dans plu­sieurs États, ils n’ont pas l’âge pour com­man­der une bière dans un bar, mais ils peuvent quand même se pré­sen­ter à une ma­ni­fes­ta­tion avec un fu­sil à pompe…

« C’est pour nous dé­fendre. Pour nous as­su­rer que l’ex­trême droite et les groupes fas­cistes ne pensent pas qu’ils peuvent nous in­ti­mi­der ou uti­li­ser leurs armes pour op­pres­ser nos gens », sou­tient Dean, membre des Red­neck Re­volt. Avec son fu­sil se­mi-au­to­ma­tique, ses gants de com­bat avec coques en car­bone, sa veste tac­tique aux poches pleines de mu­ni­tions et sa trousse de pre­miers soins à la cein­ture, ce bar­bu de 32 ans s’est pré­pa­ré au pire. Comme tous les membres de son groupe, il n’a au­cune confiance dans les forces po­li­cières et croit que la gauche doit as­su­rer el­le­même sa pro­tec­tion. Un peu plus d’un mois après les évé­ne­ments de Char­lot­tes­ville, Dean et quatre de ses ca­ma­rades me re­çoivent dans leur fief, à Ashe­ville, une ville uni­ver­si­taire et plu­tôt li­bé­rale de 85 000 ha­bi­tants si­tuée à l’ouest de Ra­leigh, en Ca­ro­line du Nord. Le ren­dez-vous a été fixé à l’ar­rière de la mai­son d’une des Red­neck, dans un quar­tier ouvrier com­po­sé de mai­sons in­di­vi­duelles. Dean me pré­sente ses co­équi­piers : Von, Jen, Jay et Jack. Tous ces noms sont des pseu­do­nymes. « On a tous fait l’ob­jet d’at­taques de la part de l’ex­trême droite. Mon nom et mon adresse ont été pu­bliés sur In­ter­net avec des me­naces », ex­plique Von, une grande rousse aux che­veux ra­sés sur les cô­tés. Sur un meuble dé­cré­pit qui sert de table de for­tune, il y a un AR-15 et un fu­sil à pompe. Dean et ses com­pa­gnons re­viennent tout juste de leur séance de tir heb­do­ma­daire.

An­ti­ca­pi­ta­listes, an­ti­fas­cistes, an­ti­flics, mais aus­si pro­syn­di­cats et proarmes à feu : les Red­neck Re­volt sont une es­pèce à part au sein de la gauche. S’ils sont à l’ex­trême gauche de l’échi­quier po­li­tique, ils sont d’ar­dents dé­fen­seurs du droit de por­ter des armes, au même titre que les Amé­ri­cains les plus conser­va­teurs.

Pour ex­pli­quer cette contra­dic­tion ap­pa­rente, Jay, sa cas­quette au mo­tif ca­mou­flage en­fon­cée jus­qu’aux yeux, sou­tient que les ex­trêmes se re­joignent sur la ques­tion des armes. « À un cer­tain point, plus vous al­lez à gauche,

Ç Dean, des Red­neck Re­volt du d’Ashe­ville, en Ca­ro­line Nord, dé­monte son fu­sil se­mi-au­to­ma­tique AR-15 après une longue jour­née d’en­traî­ne­ment au tir. plus vous al­lez trou­ver des gens qui veulent ré­cu­pé­rer leurs armes », as­su­ret-il. À ses yeux, lui et ses ca­ma­rades ne font que ra­vi­ver une vieille tra­di­tion. « Les armes étaient uti­li­sées par les mi­li­tants des droits ci­viques dans les an­nées 1960. On re­prend le com­bat de la gauche ar­mée et on l’amène dans le nou­veau siècle », dit-il, un fu­sil à pompe 12 coups entre les mains.

Pour l’ins­tant, les Red­neck Re­volt n’ont ja­mais eu à se ser­vir de leurs armes. Mais les cinq com­plices sont conscients que ce jour pour­rait sur­ve­nir. « J’es­père n’avoir ja­mais à le faire et je prie pour que ce­la n’ar­rive pas. On n’est pas là pour ti­rer la pre­mière balle, on est là pour se dé­fendre. Mais on se rap­proche de plus en plus de ce point. Et ce jour peut ar­ri­ver n’im­porte quand », ad­met Dean. Ses ca­ma­rades opinent.

Au cours des deux der­nières an­nées, il est ar­ri­vé à plu­sieurs re­prises que des armes soient uti­li­sées lors de ma­ni­fes­ta­tions, en ma­jo­ri­té par des mi­li­tants de l’ex­trême droite. En juin 2016, 10 ma­ni­fes­tants (neuf de gauche et un de droite) ont été hos­pi­ta­li­sés après avoir re­çu des coups de cou­teau à Sa­cra­men­to, en Ca­li­for­nie. Le 20 jan­vier 2017, une par­ti­sane de Do­nald Trump a ti­ré une balle dans l’ab­do­men d’un mi­li­tant de gauche à Seat­tle, lors d’une ma­ni­fes­ta­tion contre la ve­nue de Mi­lo Yian­no­pou­los, une per­son­na­li­té de droite contro­ver­sée, à l’Uni­ver­si­té de Wa­shing­ton. En août 2017, un membre du KKK a ti­ré dans la foule à Char­lot­tes­ville. Le même jour, un mi­li­tant d’ex­trême droite a com­mis une at­taque à la voi­ture-bé­lier, qui a fait un mort et 19 bles­sés.

Pour Von la rousse et ses ca­ma­rades de Red­neck Re­volt, ces dé­ra­pages sont la preuve que la gauche doit prendre les armes. « On ne compte plus le nombre de per­sonnes qui ont été tuées au cours des der­niers mois, juste parce qu’ils étaient mu­sul­mans, noirs ou trans­sexuels. On a at­teint un point où on a at­ten­du trop long­temps pour nous battre. Les gens com­prennent en­fin ça et se mo­bi­lisent », sou­tient-elle. Cette course à l’ar­me­ment ne fait pas l’una­ni­mi­té, même à gauche. Beau­coup s’in­quiètent des dé­rives pos­sibles. Mi­chael Ka­zin, ré­dac­teur en chef de la re­vue ra­di­cale Dissent et pro­fes­seur d’his­toire à l’Uni­ver­si­té de Geor­ge­town, à Wa­shing­ton, consi­dère que les an­ti­fas­cistes qui prônent des mé­thodes mus­clées nuisent à leur propre cause. «Le mou­ve­ment an­ti­fas­ciste donne une mau­vaise image de la gauche. Il fait le jeu de Do­nald Trump. Cette idée qu’il y a une droite vio­lente dan­ge­reuse et une gauche vio­lente tout aus­si dan­ge­reuse rend l’ex­trême droite vio­lente plus ac­cep­table », sou­tient-il.

Le pro­fes­seur parle d’ex­pé­rience. À la fin des an­nées 1960, il a fait par­tie d’un groupe ra­di­cal ap­pe­lé The Wea­ther­man, qui a no­tam­ment fait ex­plo­ser des bombes à Wa­shing­ton pour pro­tes­ter contre la guerre au Viêt Nam. Après quelques mois, Mi­chael Ka­zin s’est ren­du compte que ces mé­thodes n’ai­daient pas sa cause, au contraire. « Dans l’his­toire amé­ri­caine, ce­la a tou­jours été une er­reur pour la gauche que d’op­ter pour des mé­thodes vio­lentes. Ce n’est pas une ques­tion mo­rale, mais une ques­tion d’ef­fi­ca­ci­té. »

Sur le ter­rain, de plus en plus de mi­li­tants de gauche sentent dé­sor­mais le be­soin de s’ar­mer, par­ti­cu­liè­re­ment au sein des mi­no­ri­tés. Le groupe LGBTQ Pink Pis­tols (les pis­to­lets roses) a créé plu­sieurs nou­velles branches dans le pays de­puis l’élec­tion de Do­nald Trump. L’As­so­cia­tion na­tio­nale des Afro-Amé­ri­cains pour les armes (NAAGA) a éga­le­ment vu ses rangs ex­plo­ser au cours de la der­nière an­née. « De­puis l’élec­tion de Trump, le nombre de mes clients a qua­dru­plé, sou­tient Oli­ver Price, ins­truc­teur à la NAAGA. Tout le monde est sur les dents. Tout le monde a peur d’être at­ta­qué à cause des sous-en­ten­dus ra­cistes de sa cam­pagne. »

Plus d’armes, plus d’af­fron­te­ments : le cli­mat est assurément ten­du aux États-Unis. Dif­fi­cile de dire si la si­tua­tion va dé­gé­né­rer, même pour un spé­cia­liste comme Mi­chael Ka­zin. « Ce n’est pas im­pos­sible. Le pays est aus­si di­vi­sé que dans les an­nées 1960. Et puis, on est en ter­ri­toire in­con­nu. On n’a ja­mais eu un pré­sident qui sème la dis­corde comme Do­nald Trump. Mal­heu­reu­se­ment, tout est pos­sible. »

Å Un ate­lier du col­lec­tif Hay­ma­ker Gym, à Chi­ca­go. août ç À Char­lot­tes­ville, en Black der­nier, un mi­li­tant de le Lives Mat­ter sur­veille dé­part des su­pré­ma­cistes blancs, bâ­ton à la main, de tan­dis que des membres Red­neck Re­volt sur­veillent les ar­rières des mi­li­tants an­ti­fas­cistes.

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