UNE USINE PAS COMME LES AUTRES

Groupe TAQ / Em­ploie 200 per­sonnes han­di­ca­pées

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« Les em­ployés sont ma prio­ri­té. » Cette phrase sonne creux dans la bouche de bien des pa­trons, mais pas dans celle de Ga­briel Trem­blay.

L’or­ga­nisme sans but lu­cra­tif qu’il di­rige, le Groupe TAQ, a été créé ex­pres­sé­ment en 1979 pour don­ner du tra­vail à un groupe pré­cis : les per­sonnes ayant des li­mi­ta­tions phy­siques ou in­tel­lec­tuelles. Elles sont près de 200 à se pré­sen­ter ain­si chaque se­maine à l’usine du Groupe, à Qué­bec, pour ef­fec­tuer di­verses tâches en sous-trai­tance pour des en­tre­prises, dont des en­vois pos­taux. Mais en 2013, le gagne-pain de ces tra­vailleurs était sé­rieu­se­ment me­na­cé.

L’or­ga­nisme ac­cu­mu­lait les dé­fi­cits au point que, pour res­ter ou­vert, il a dû ré­duire le sa­laire de la plu­part des em­ployés au mi­ni­mum. « La de­mande pour le trai­te­ment de cour­rier di­mi­nuait, et on voyait que ça n’al­lait pas re­ve­nir », ex­plique Ga­briel Trem­blay. Sa so­lu­tion : di­ver­si­fier les ser­vices du Groupe TAQ en construi­sant une « usine dans l’usine ».

Il s’agit d’une pièce her­mé­tique qui ré­pond aux stan­dards de sa­lu­bri­té pour faire du condi­tion­ne­ment ali­men­taire, un sec­teur en crois­sance. L’en­tre­prise Cho­co­lats Fa­vo­ris, qui cher­chait un en­droit où mettre en conserve ses fa­meuses fon­dues au cho­co­lat ven­dues en épi­ce­rie, est de­ve­nue la pre­mière cliente. Au­jourd’hui, l’usine compte cinq pièces her­mé­tiques où, en plus de la nour­ri­ture, sont éga­le­ment em­pa­que­tés des pro­duits phar­ma­ceu­tiques et na­tu­rels. La crois­sance est telle que Ga­briel Trem­blay compte em­bau­cher 150 per­sonnes han­di­ca­pées de plus d’ici 2023.

Pour elles, dé­cro­cher un em­ploi au Groupe TAQ peut chan­ger leur vie. « Les gens ar­rivent chez nous les épaules basses, note Ga­briel Trem­blay. Ils ont sou­vent connu deux, trois, voire quatre échecs sur le mar­ché du tra­vail avant de nous être pro­po­sés par des or­ga­nismes com­mu­nau­taires. Mais après quelques se­maines, ils re­trouvent le sou­rire. »

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